Culture

Un musée en temps de confinement

Alors que le Musée départemental breton de Quimper, comme tous les musées de France, a de nouveau fermé ses portes le vendredi 30 octobre dernier, l’équipement culturel continue une partie de son activité, sous la conduite de Margareth le Guellec, Conservatrice en chef. Plongée au cœur du musée, en temps de confinement.

«  Nous n’avons jamais suffisamment de temps pour faire l’inventaire ni de grand rangement dans la bibliothèque ! Ce nouveau confinement, c’est une bonne opportunité. Habituellement je suis seule à la gérer en plus de mon travail sur les collections du musée», explique Catherine Troprès, attachée de conservation du patrimoine au Musée.

En effet, si une partie des 20 agents du musée est actuellement en télétravail, le temps du nouveau confinement lié à la Covid-19, certains d’entre eux restent mobilisés sur place ou dans ses réserves. Agents de sécurité et d’accueil, cinq en tout, se relaient pour réaliser l’inventaire et le déménagement d’ouvrages. « Nous enlevons les périodiques qui ne sont pas consultés pour les mettre à la réserve départementale à Prat ar rouz. Nous libérons ainsi de l’espace pour des ouvrages en acquisition», précise Catherine Troprès. Ces ouvrages, liés aux thématiques des collections du musée, dépassent en effet les 10 000 pièces, dont une centaine de périodiques. Ils sont consultables sur rendez-vous. 

Un musée presque désert

Côté salles ouvertes au public, la dernière exposition « Crêpe ou galette ?» a pu ouvrir 15 jours au public, pendant les vacances de la Toussaint… avant que le musée ne ferme. Elle pourra se visiter à nouveau dès que le confinement sera levé et durera jusqu’au 18 avril 2021. En attendant, il est toujours possible de découvrir les collections virtuellement. 

« Une grande partie de nos collections sont en ligne, sur notre site internet, et nos réseaux sociaux, Facebook et Instagram. On peut les découvrir (presque) comme si on était en visite guidée», précise Myriam Lesko, médiatrice culturelle et chargée de communication. A l’aide de visites virtuelles, podcasts, jeux, animations et autres quizz, « nous essayons tous les deux jours à peu près sur nos réseaux sociaux de rendre visibles ces collections.»

Et dans le musée en lui-même ? Aucun fantôme pour venir hanter les couloirs… En effet, l’équipe des agents de sécurité, composée de 5 personnes, reste elle-aussi mobilisée, pour veiller sur les œuvres.

Quant aux agents mobilisés dans les réserves muséographiques départementales, ils continuent également à travailler à l’entretien, l’étude et la sauvegarde des collections, pendant le confinement. 

Cédric Niger, agent de sécurité

Depuis 16 ans, Cédric Niger arpente les couloirs et les salles du Musée départemental breton. Agent de sécurité au sein d’une équipe de cinq personnes, il est chargé de la surveillance des salles et des œuvres présentées au public. Si l’on pourrait penser que sa mission s’arrête quand le musée est fermé, il n’en est rien. « Pendant la fermeture, nous continuons à assurer au bon l’entretien et la sécurité du bâtiment. Notre présence est impérative au sein du musée», explique-t-il. 

Pendant ce deuxième confinement, des agents sont mobilisés pour l’inventaire et le déménagement d’une partie de la bibliothèque. D’autres, comme lui, en profitent pour faire un gros nettoyage des fenêtres, sols, parquets, salles, matériel, armoires. « Nous faisons également des tests sur le système d’alarme, les alarmes incendies. On vérifie le système intrusion, les issues de secours.» 

Si ses trente-cinq heures hebdomadaires sont bien occupées pendant le confinement, il manque quand même quelque chose à Cédric Niger. « Ce que j’aime dans ce métier, c’est le contact avec les visiteurs. M’intégrer à leur visite, les observer, écouter leurs commentaires et ce qu’ils aiment bien. Leur présence me manque, surtout avec une belle exposition comme celle sur la crêpe, en ce moment.»