Archives

Un nouveau portail numérique aux Archives départementales du Finistère

Un vaste bâtiment dans lequel sont entreposés trente kilomètres linéaires d'archives, des millions de documents aussi variés que des affiches, des photos, des documents de cadastre, des actes d'état civil, des documents administratifs, des partitions, des archives familiales... dont certains ont traversé les siècles, une trentaine d'agents pour gérer ces trésors… bienvenue dans l'univers des Archives départementales du Finistère dont le site principal est situé à Quimper avec une annexe à Brest.

Collecter, conserver, classer, communiquer, valoriser

« Notre rôle est de collecter le patrimoine historique, de le conserver, de le classer, de le communiquer et de le valoriser pour en permettre l'accès au plus grand nombre. Nous recevons des documents de trois à quatre mille producteurs qu'il faut trier pour choisir ce qui sera gardé, sachant que nous n'en conservons en général que 5 % » explique Bruno Corre le directeur des Archives.

Le Finistère se caractérise par un patrimoine riche mais discret « un peu à l'image de la profusion de manoirs et de châteaux que compte le territoire » compare le conservateur. Ici pas d'archives prestigieuses comme à Rennes par exemple, avec celles du Parlement de Bretagne. En revanche le service départemental possède quelques pépites, notamment le fonds d’archives de Théodore Hersart de la Villemarqué, auteur du fameux Barzaz Breiz, recueil des chants populaires dans la Bretagne du XIXe siècle, mais également le missel de Saint-Vougay, livre de prière en latin datant du 11ème siècle ou un document de 1172 signé du Roi d'Angleterre évoquant le Prieuré de Locmaria à Quimper.

Certes, les documents évoquent l'histoire, mais un certain nombre d'entre eux peuvent être utile aujourd'hui et maintenant, dans le cadre de recherches généalogiques par exemple ou pour connaître des limites de parcelles cadastrales...

Un portail numérique nouvelle génération

Pour permettre d'accéder aux informations, les généalogistes, les étudiants chercheurs, les érudits ou toutes personnes qui en font la demande peuvent accéder aux salles de lecture. Compliqué en période de confinement. Depuis 2012, le service possède aussi un portail Internet permettant à chacun de faire des recherches.

« Aujourd'hui, sans portail Internet, la recherche serait incomplète. Chaque jour, ce sont près de 1600 personnes qui fréquentent le site . L'année 2020 était une année importante pour nous car elle marquait son renouvellement, l'objectif étant d'élargir le public et de laisser sa place au citoyen pour trouver l'info par lui-même. Finalement le confinement nous a laissé du temps pour avancer sur ce dossier », précise le conservateur.

« Depuis le 27 novembre, le nouveau site est en ligne. Il s'adresse à une multiplicité d’usagers, aux attentes très diverses. Il a donc été conçu de sa partie éditoriale à sa partie recherche avec un système d’entonnoir pour éviter de se trouver en échec sur une interrogation précise mais aussi permettre une navigation souple à la découverte des fonds d’archives les plus inattendus », complète Maël Cariou, responsable de l’action culturelle et éducative au sein du service.

En cette période d'avant Noël, l’équipe a d'ailleurs imaginé un calendrier de l'Avent permettant de découvrir chaque jour jusqu'au 24 décembre quelques pépites pour un formidable voyage dans le passé. Et ce n'est là qu'une toute petite illustration de ce que regorge le portail.

Linda Petton, assistante de conservation du patrimoine et des bibliothèques

Le téléphone sonne. Linda Petton décroche : « Archives départementales du Finistère, bonjour. Que puis-je pour vous ? » « Bonjour, je suis généalogiste et je fais des recherches pour retrouver d'éventuels héritiers dans le cadre d'une déclaration de succession. Pouvez-vous m'aider ? » « Bien sûr, donnez-moi le nom de la personne, sa date approximative de naissance, je fais la recherche dans notre base de données et si je trouve j'irai chercher les documents, je les ferai scanner et vous les enverrai ». Chaque jour, Linda Petton répond à de nombreux appels de ce genre. Ses interlocuteurs, des généalogistes, des notaires, des érudits, des citoyens en recherche de renseignements pour faire valoir des droits... « Ces appels ont augmenté avec le confinement car les salles de lecture sont fermées au public ou difficile d'accès compte tenu des règles sanitaires », précise-t-elle.

La jeune femme, depuis dix ans aux Archives départementales du Finistère, travaille au sein de la mission numérique axée sur la recherche. « Avant le premier confinement, j'étais responsable du pôle accueil, communication, recherche. Depuis mars, mon poste a évolué vers le numérique. Mon rôle est d'accompagner les demandeurs dans leur recherche et notamment sur Internet, de rendre accessible ce qui est complexe », souligne-t-elle.

Ce monde des archives, elle l'a découvert au moment de ses études d'histoire : « Cela m'a immédiatement passionné. J'ai donc passé un Master professionnel archives à l'Université de Lille 3 » s'enthousiasme-t-elle.

Son Master en poche, elle a ensuite passé son concours d'Assistant de conservation du patrimoine et des bibliothèques option archives pour pouvoir entrer dans la Fonction publique territoriale. Elle a d'abord travaillé à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer avant de rejoindre les Archives départementales en 2010.