Le Département sur le pont

Les CDAS mobilisés pendant la crise sanitaire

Le Centre départemental d'action sociale (CDAS) est la porte d’entrée de tous les Finistériens lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés, à tout moment de leur vie. 27 lieux d’accueil physique maillent le territoire et poursuivent leur mission de solidarité, malgré la crise sanitaire. Reportage dans le CDAS de Landivisiau.

Enfance, insertion, logement, handicap… Le centre départemental d'action sociale (CDAS) est un lieu d’accueil physique pour aider les Finistériens à faire face aux difficultés et leur faciliter l’accès aux droits et aux services. Dans l’équipe d’Ingrid Uhlmann, responsable d’équipe à Landivisiau, 19 professionnels se mobilisent au quotidien pour répondre aux besoins des usagers. Agents d’accueil, conseillers d’accès aux droits, assistantes sociales, infirmières, éducateurs, conseillers en économie sociale et familiale, mais aussi professionnels thématiques sur le champ de l’enfance, du logement, ou encore de l’insertion œuvrent pour accompagner les personnes en difficulté.

Une porte d’entrée pour tous

Chaque citoyen peut frapper à la porte d’un CDAS, qui a pour mission de répondre à toute demande d’une personne. « On a vocation à rendre les personnes le plus autonomes pour leurs démarches, de leur indiquer comment faire ou de les accompagner pour faire», explique Ingrid Uhlmann. Les centres d’action sociale ont cependant quelques champs d’action prioritaires. L’enfance est un champ de compétence du Conseil départemental, qui est le chef de file de la protection de l’enfance. A ce titre-là, des infirmières interviennent notamment dans le cadre des informations préoccupantes. « Toute personne se doit, si elle est inquiète pour un enfant ou une personne majeure vulnérable, de faire une information préoccupante. Celle-ci passe par le travailleur social, mais aussi par la cellule de recueil d’information préoccupante pour ce qui est des informations concernant l’enfance. Cette évaluation peut durer trois mois», explique Charline Lotrian, assistante sociale au CDAS.

De manière générale, les assistances sociales accompagnent, tous les publics qui ont des difficultés. Les suivis peuvent être très ponctuels, mais cela peut être aussi un accompagnement au long cours, pour des personnes avec des difficultés multiples. Cet accompagnement peut se matérialiser sous la forme d’un contrat, notamment pour les allocataires du RSA. 

Lorsqu’une personne se rend ou appelle le CDAS, Pascale Goarnisson et Soizic Bourhis, secrétaires de polyvalence, sont en charge du premier contact. Elles accueillent physiquement ou au standard les personnes avant de les orienter selon leurs demandes ou leurs besoins. «  Dans les demandes, on a de tout. Cela peut être une simple demande de renseignement sur un partenaire : où se trouve la CAF par exemple. Mais cela peut être aussi un besoin administratif, social ou souvent financier », précisent-elles.

Toutes les deux s’accordent, comme l’ensemble des travailleurs sociaux du CDAS, sur le fait qu’elles se sentent utiles et apprécient le contact humain. « Même à notre niveau d’agent administratif, on sent qu’on aide. C’est déjà courageux de nous solliciter ou de venir au CDAS. Donc on se sent très utile. Chaque jour, quand on nous dit merci pour vos conseils ou pour votre écoute, cela apporte beaucoup», explique Soizic. 

Un engagement important des personnels

Pendant cette crise sanitaire, l’engagement des personnels pour le service public s’est ressenti encore plus fortement, souligne Ingrid Uhlmann. « Tous les membres de l’équipe se sont mobilisés de manière exemplaire pendant cette crise sanitaire, parce qu’ils ont fait preuve de souplesse», détaille-t-elle. « On entend souvent le service public, c’est figé. Mais ce qui a caractérisé les membres de l’équipe, c’est qu’ils se sont adaptés aux contraintes. Ils ont toujours été parties prenantes pour être sur place au contact avec les usagers, même avec toutes les peurs que chacun peut avoir concernant ce corona virus.»

Même si, hors situations d’urgence, les accueils des CDAS n’étaient pas ouverts au public pendant le premier confinement, leur activité s’est néanmoins poursuivie à travers l’accueil téléphonique du public, le traitement des demandes et accompagnements à distance, grâce également à des procédures simplifiées adaptées à la situation tant économique que sanitaire.  Les CDAS ont ensuite réouvert au public très rapidement, à la différence de beaucoup d’autres institutions. L’ensemble de l’activité s’est ensuite poursuivi, en télétravail, mais aussi en présentiel. « Actuellement il n’est pas du tout question de fermer des permanences faites à l’extérieur des CDAS par exemple. Les personnes ont besoin de nous, donc il faut qu’on soit présent. » Les personnels évaluent si les entretiens peuvent se faire au téléphone ou en présentiel. « De temps en temps, l’entretien téléphonique peut être facilitateur. Ça évite les déplacements et on est quand même dans un secteur où les déplacements peuvent être problématiques : ça a un coût financier et ça prend du temps.»

Ingrid Ulhmann a noté une augmentation des nouvelles demandes depuis le début de la crise sanitaire. Elle tient à informer les Finistériens que les CDAS restent présents pour accompagner les publics en difficulté. « Il ne faut pas hésiter à appeler ou franchir la porte du CDAS parce qu’on est là pour tout le monde. La crise sanitaire a de nombreux impacts, aussi en termes financiers, et nous sommes là pour accompagner ces personnes».

Renaud Kersauson, conseiller administratif d’accès aux droits

Renaud Kersauson travaille depuis 6 mois au CDAS de Landivisiau. Sa particularité est qu’il intervient dans d’autres antennes du centre d’action sociale, à Plouescat et Saint-Pol de Léon, mais aussi dans les maisons de services de Cléder et de Landivisiau. 

Au quotidien, il accompagne les usagers dans les démarches administratives. « C’est souvent les mêmes sujets qui reviennent : des dossiers pour les caisses d’allocation familiales, pour la maison des personnes handicapées (MDPH), et des demandes pour des dossiers de retraite.» 

Renaud aide souvent des personnes qui rencontrent des difficultés d’accès au numérique. Il les accompagne pour remplir les dossiers dématérialisés. « Les démarches consistent à compléter des formulaires et constituer les dossiers d’accès aux droits des usagers. Je récolte les informations et je les transmets.» 

Il est arrivé au CDAS en juin, en pleine crise sanitaire et ses missions n’ont pas changé. Faire de l’accès aux droits par téléphone est compliqué. Il continue donc à recevoir les usagers, dans les mêmes conditions qu’avant, dans le respect du protocole sanitaire.  

Renaud apprécie le contact avec les usagers et a le sentiment de servir à quelque chose.  « Souvent les gens sont démunis face à un problème administratif et la plupart du temps, on résout la situation. Par exemple, il y a peu j’ai reçu une personne SDF qui avait abandonné toutes les démarches administratives depuis plusieurs années. On a fait une demande de logement social, on a mis à jour ses droits mutuelle... Toutes ces démarches mises bout à bout vont lui permettre de sortir la tête de l’eau.»