Actrices & acteurs

Le grand portrait Armel Le Cléac'h, Maël de Calan et Jean Le Cam

« Les valeurs des skippers peuvent tous nous inspirer »

Interview croisée entre deux géants finistériens de la course au large, Armel Le Cléac'h, et Jean Le Cam, et Maël de Calan, président du Conseil départemental.

Pourquoi la course au large est-elle importante pour le département du Finistère  ?

Maël de Calan : Elle est très importante pour le département à deux titres. Économiquement, c’est une filière majeure pour le Finistère, qui génère de nombreux emplois directs et indirects. Et en termes d’image, les skippers finistériens sont des ambassadeurs de notoriété internationale. Mais la course au large est aussi importante pour les Finistériens eux-mêmes. Les coureurs renvoient des valeurs positives. Si tout le monde ne peut pas faire un tour du monde en Imoca ou en Ultim, l’engagement, le travail et la notion d’effort sont de très belles valeurs, qui peuvent tous nous inspirer.

Le Finistère compte de nombreux grands marins et coureurs au large, dont vous faites partie, Armel Le Cléac'h. Comment expliquez-vous ce phénomène  ?

Armel Le Cléac'h : Nous avons un département avec une côte magnifique, des ports de plaisance, de pêche, des centres nautiques. L’accès à la mer est possible en Finistère, même pour les débutants.

Quand je me suis lancé dans la course au large, nous avons eu la chance d’avoir un pôle d’excellence pour se préparer. Soutenu par le Conseil départemental, le Pôle Finistère course au large nous a permis de nous concentrer, de nous entraîner. Et les résultats ont suivi. Cet outil est top et il fonctionne depuis plus de trente ans  ! Une vraie belle histoire.

Le monde de la voile est un générateur d’activité économique. Jean Le Cam, vous avez inauguré l'incubateur "Finistère Mer Vent" le 29 avril 2022 à Port-La-Forêt. Pouvez-vous présenter cette structure ?

Jean Le Cam : Finistère Mer Vent est un incubateur et un accélérateur qui accompagne le développement des entreprises des filières nautiques et de la course au large. Né en 2017, sous l’impulsion de Nicolas Venard, (ancien directeur général du Crédit Agricole du Finistère), son objectif est de dynamiser l’économie locale, autour de la mer. C’est pour cela qu’on l’a créé sous forme de SCIC, une société coopérative d’intérêt collectif.

Ici concrètement, il y a une dizaine de bureaux loués par des entreprises, avec des services communs. L’objectif de Finistère Mer Vent est de créer un réseau favorisant l’accès à des clients potentiels, de créer une dynamique économique.

Chacun de vous travaille en équipe sur son projet. Comment vous inscrivez-vous dans cette dynamique économique  ?

Jean Le Cam : Avec mon entité Yes We Cam et le projet « Comme un seul homme » d’Eric Bellion, nous avons imaginé la mise en commun d’un bateau et d’un modèle économique. Nous partageons l’ensemble du projet technique : le bateau est en construction actuellement en Italie et sera fini à Port-la-Forêt. On emploie sept à huit personnes.

Armel Le Cléac'h : Depuis maintenant quasiment un an, je navigue sur le maxi trimaran Banque Populaire XI. On attaque la deuxième saison avec comme objectif en 2022 de gagner la Route du rhum à Saint-Malo. À l’année, nous sommes quasiment vingt personnes à travailler sur ce projet.

Jean Le Cam : Ces projets-là participent à la dynamique économique d’un territoire. Et forcément, comme on est dans la compétition et dans l’innovation, cela permet de développer d’autres métiers en parallèle de nos projets, en travaillant avec des sous-traitants. Cet ensemble fait intervenir énormément de gens sur un territoire. On n’a pas que des articles dans les journaux et de belles images. Il y a aussi le quotidien qui crée des emplois, de l'activité et de la valeur ajoutée.