Mémoire

FOCUS

BRÈVE HISTOIRE DE LA PÊCHE EN FINISTÈRE

L’histoire du Finistère est intimement liée à l'histoire de la pêche. Aujourd’hui encore, les huit criées finistériennes totalisent près de 43 000 tonnes de poisson débarqué (chiffres 2019). Bref retour sur cette activité qui marque profondément le territoire, tant au plan social qu'au plan économique, depuis des siècles.

De la mer à l'assiette, conserves et poissons

Dès les débuts de la pêche, les marins ont utilisé la technique du salage en mer pour la morue ou le hareng, à bord des bateaux partis loin des côtes. La salaison est souvent suivie d’un autre traitement, comme le fumage ou le séchage.

Au début du XIXe siècle la découverte d'un nouveau procédé — l'appertisation — donne naissance à une nouvelle industrie : celle de la conserve. Concarneau devient l'un des principaux lieux de mise en boîte de la sardine. La mécanisation modifie les techniques mais aussi le travail dans les conserveries.

Pêcher en Bretagne

Que ce soit la petite pêche, la pêche côtière, la pêche au large ou hauturière, ou encore la grande pêche, les marins bretons pratiquent tous les modes de pêche. La pêche professionnelle varie ainsi en fonction de la durée des sorties en mer, de l'éloignement du lieu de pêche, du type de poisson débarqué ou de la taille du bateau.

S’affranchir du vent

Cohabitant dans un premier temps avec la voile, le moteur, apparu en 1783, s’impose peu à peu sur les bateaux de pêche. Dès 1866, la Société des pêcheries de l’océan équipe ses premiers chalutiers en fer de moteurs à vapeur et d'hélices. Désormais, plusieurs sortes de motorisation (diesel ou essence) sont déclinées sur les bateaux de pêche.

Aujourd’hui, le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) aide les pêcheurs à s’équiper de nouveaux moteurs, moins polluants et plus économes en énergie.

Pêcher au chalut

Le chalutage est une des pêches les plus multiformes et les plus pratiquées dans le monde. Le chalut est un filet en forme de poche maintenue ouverte, tracté par un ou deux bateaux. Dans les années 1960, le filet ne se remonte plus par le côté, mais à la poupe du navire. Cette « pêche arrière » apporte confort et sécurité aux marins.

Le Finistère dispose toujours aujourd'hui d'une importante flottille de chalutiers langoustiniers, des chalutiers hauturiers, et des dragueurs pêchant notamment la coquille Saint-Jacques aux Glénan.

Pêcher au thon

Connue en Méditerranée depuis des siècles, cette pêche s'est développée sur la côte atlantique à partir du XIXe siècle. Au large de la Bretagne sud, on traque le thon blanc ou germon à bord de chaloupes pontées puis de thoniers dundees, de chalutiers thoniers ou germoniers. Les pêcheurs se servent soit de la ligne traînante, soit de la senne.

Aujourd'hui, les thoniers-senneurs-congélateurs naviguent au large de l'Afrique de l'Ouest et dans l'océan Indien. Le port de Concarneau est le seul du Finistère à accueillir cette flottille constituée de navires mesurant de 60 à 85 mètres.

Les enjeux de la pêche aujourd’hui

Depuis plusieurs années, le monde de la pêche prend progressivement en compte la gestion de la ressource. Aujourd’hui, près de 50 % des captures en mer sont faites dans l'optique d'une pêche « durable ».

Depuis 2019, les pêcheurs doivent rapporter au port toutes leurs captures et cherchent à améliorer la sélectivité de leurs engins de pêche en s'associant à des organismes de recherche tels que l'Ifremer.

Dans le port de Concarneau, les côtiers sont nombreux, pêchant des espèces locales comme la sardine, la langoustine et le bar.

Article réalisé en partenariat avec le Musée de la pêche de Concarneau.

Mots clés

Le Musée de la pêche fête ses 60 ans

Pour en savoir plus sur la pêche en Finistère et en particulier à Concarneau, rendez-vous au Musée de la pêche, situé en ville close. La visite d’un chalutier à flot, l’Hémérica, et l’espace « Le carré des mousses », dédié aux plus jeunes en font un lieu vivant de transmission.