Mémoire

Enclos paroissiaux

CANDIDATS à L'Unesco !

Le Département a lancé la candidature des enclos paroissiaux du Finistère à l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. Une candidature annoncée le 18 février dernier à Saint-Thégonnec par le président du Conseil départemental Maêl de Calan et des maires des communes concernées.

Une mobilisation collective

Pour mener à bien ce projet d’envergure, le président du Département a annoncé la mise en place d’une mission spécifique, qui sera pilotée par Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture de Jacques Chirac : « Je suis très heureux d'avoir été associé à cette très belle aventure de la candidature des enclos paroissiaux au patrimoine mondial. Je suis moi-même finistérien. Ce département je l’aime et j’en connais bien le patrimoine. » Jean-Jacques Aillagon a déjà conduit avec succès une mission similaire pour la ville de Nice dont la Riviera a fait son entrée dans la liste des sites inscrits au patrimoine mondial en juillet 2021.

De plus, les maires des communes concernées seront étroitement associés par le Conseil départemental au processus de candidature au sein d’un comité de pilotage, de même que les services de l’État, des historiens et les prêtres des paroisses concernées.

« Mais le succès du processus de candidature reposera en grande partie sur notre capacité à mobiliser plus largement. Au-delà du Conseil départemental, des élus et des historiens, il s’agit de créer une véritable dynamique de territoire rassemblant associations locales engagées dans la connaissance et la valorisation des enclos, artistes et artisans engagés dans la rénovation de ce patrimoine, entreprises locales, etc. Chacun aura un rôle à jouer  !  », insiste Maël de Calan.

Le processus de candidature est long et complexe : la durée moyenne d’une candidature à l'Unesco est d’environ huit ans, chaque dossier devant franchir plusieurs échelons, notamment la présentation du dossier de candidature par la France à l'Unesco, puis l’évaluation du dossier de candidature par l'organisation.

© Finistère 360° - Les Enclos Paroissiaux - Création Cibles & Stratégies - 2016

Les enclos paroissiaux : un héritage historique et culturel majeur

L'enclos paroissial constitue un ensemble architectural unique au monde, composé d’une église, d’un mur d’enceinte, d’une porte triomphale, d’un échalier, d’un calvaire, d’un placître et d’un ossuaire. Le mur, limite physique et symbolique, crée une séparation entre l’espace profane et l’espace sacré de l’enclos.

Ces chefs-d’œuvre artistiques sont construits durant l’âge d’or de la Bretagne qui, placée au carrefour des routes commerciales maritimes, connaît une phase de grande prospérité au cours des XVIe et XVIIe siècles. L’activité des paysans-marchands de toile, dénommés juloded en breton, est à son apogée à cette époque. L’activité lucrative du commerce de la toile vers les pays du nord de l’Europe bénéficie directement au Léon, alors considéré comme l’une des régions textiles les plus importantes du royaume. L’argent retiré de ces exportations depuis les ports de Morlaix et de Landerneau finance la construction des enclos qui mobilise le talent de nombreux architectes, artistes et artisans.

Tout en restant conformes au modèle de l’église bretonne (plan, utilisation de la voûte en bois), les églises des enclos sont l’occasion de quelques innovations architecturales. Alors que les paroisses entrent en concurrence pour bâtir la plus belle église, la « course aux clochers » qui débute dans les années 1570 fait naître des formes architecturales très diverses. On navigue alors entre les formes héritées du passé, comme la flèche gothique, et d’autres formes plus innovantes, comme des coupoles. Mais l’art des enclos reste un art de décorateur et chaque enclos raconte une histoire différente de celle du voisin. Chaque site exprime une singularité si bien résumée dans l’expression bretonne Kant bro, kant giz, kant parrez, kant iliz qui signifie « cent pays, cent manières, cent paroisses, cent églises  ».

Mots clés

Parole d'élu

Maël de Calan

Président du Conseil départemental du Finistère

« Cette candidature poursuit trois objectifs. D’abord, mieux connaître, valoriser et transmettre ce patrimoine architectural majeur. Construits au cours des XVIe et XVIIe siècles, les enclos sont un témoignage fort de l’histoire de la Bretagne. Leur distinction par l'Unesco leur donnerait une visibilité supplémentaire, de portée internationale. Ensuite, créer une opportunité de développement économique pour les communes concernées : un développement fondé sur un tourisme culturel, des quatre saisons, respectueux des biens et de l’environnement. Enfin, consacrer la valeur unique du patrimoine historique et culturel breton. À l’exception de la baie du Mont St-Michel et des fortifications Vauban, la Bretagne n’a pas de site inscrit au patrimoine mondial. Il s’agit de réparer cette anomalie. »