Action

stratégie numérique

Favoriser le numérique pour tous

À une époque où le numérique est devenu un enjeu de société majeur, le Département a élaboré une stratégie départementale des services et usages du numérique qui présente ses orientations autour de quatre axes et dix objectifs de travail pour un numérique plus inclusif, solidaire, citoyen et responsable.

Deux questions à Kévin FaureConseiller départemental délégué au numérique

Le Département vient de mettre en place une stratégie départementale des services et usages du numérique. Comment l'avez vous construite et quel est son objectif  ?

Le numérique se développe de plus en plus. L'année 2020 a été révélatrice en ce sens. Outil positif pour garantir l'activité économique, permettre le télétravail, accéder autrement aux services publics, garder le contact avec les proches… il a aussi renforcé les inégalités qui existaient. Pour le Conseil départemental, l'enjeu est d'importance pour réduire ces inégalités que ce soit en termes d'infrastructures, d'équipements, d'abonnements ou d'autonomie dans les usages. Nous avons donc élaboré une stratégie départementale des services et usages du numérique en y associant des agent.e.s du Département, mais aussi des acteurs institutionnels, associatifs, entrepreneurs et chercheurs. Au total, 152 acteurs y ont contribué et je les en remercie.

Quels sont les grands engagements du Département dans ce domaine  ?

Pour permettre à tous les Finistérien.ne.s et aux professionnel.le.s d'accéder au haut et au très haut débit, l'engagement du Département, en lien avec les collectivités bretonnes autour de Mégalis, est de déployer la fibre optique sur l'ensemble du territoire à l'horizon 2026. Notre priorité est aussi de permettre à tous les collégien.ne.s de travailler dans de bonnes conditions et donc d'avoir du matériel disponible. Pour cela nous favorisons le réemploi. Mais le cœur de notre action, ce sont les usages et l'accompagnement de ceux qui en ont le plus besoin vers l'autonomie.

Maintenir le lien avec les usagers

De plus en plus, les démarches administratives sont dématérialisées. Si cette dématérialisation vise à faciliter et simplifier la relation avec les usager·ère·s, il ne faudrait pas cependant qu'elle entraîne l'exclusion d'une partie de ces usager·ère·s. C'est pourquoi le Département veut maintenir des accueils physiques pour continuer de renseigner le public. Il est aussi conscient de la nécessité d’accompagner les Finistérien·ne·s dans l’accès et l’usage des services numériques. 

Cet accompagnement est possible au sein des CDAS où des lieux de médiation numérique ont été créés. Des équipements sont disponibles pour les démarches des usagers. Des conseillers numériques seront également recrutés dans l'année. 

Le Département expérimente aussi les Pass numériques, un dispositif sous forme de chèques formation destinés aux primo-accédants touchant le RSA et aux parents de collégiens pour les aider à se  former aux nouvelles technologies. Par ailleurs, afin de mieux conseiller et orienter les usagers, un plan de formation à la culture numérique et à la médiation destiné aux agent.e.s en contact avec le public sera mis en œuvre dès cette année, en partenariat avec la Ville de Brest.

« Bien vieillir en Finistère » Évaluation du 4e schéma

Bien vieillir : un enjeu de société

D’octobre 2020 à juin 2021, le Conseil départemental évalue les actions de son 4e schéma « Bien Vieillir ». Le comité d’évaluation composé d’une trentaine de personnes (élus, services du Département, État, associations, partenaires, représentants de retraités, de personnes âgées, d’établissements), est présidé par Jean-François Serres. Acteur engagé dans le secteur associatif et l’action sociale, il est à l’origine de la « mobilisation nationale contre l’isolement social des personnes âgées » (Monalisa). Interview.

Trois questions à Jean-François Serres

Quel sera votre rôle dans l’évaluation du 4e schéma  ?

Un de mes premiers rôles est de garantir la neutralité des travaux qui vont être conduits et d’apporter un regard extérieur à la politique évaluée.

Je suis également là pour animer ce comité d’évaluation, apporter des conseils en termes de méthode d’évaluation et dans le cadre du travail qu’on va mener, puis aboutir à des conclusions qui puissent éclairer les élus.

Je suis aussi très attentif à ce que le comité travaille dans un esprit d’ouverture, avec la plus grande attention à la prise en compte de la parole des personnes concernées (personnes âgées, entourage, proches, aidants, professionnels, partenaires…). Voilà à la fois mon rôle et l’esprit dans lequel je voudrais mener cette évaluation.

Quelle sera la méthode de cette évaluation  ?

Nous allons d’abord bénéficier d’un comité d’évaluation, qui permet de rassembler des acteurs les plus représentatifs possible : professionnels du secteur, partenaires, acteurs des coordinations gérontologiques, des CLIC (centre locaux d’information et de coordination), des Maia, des représentants de l’ARS Bretagne (Agence régionale de santé), du soin, des proches/aidants, associations de solidarité…

Il y aura également une consultation ouverte à tous sur le site internet du Département, des auditions et des entretiens pour nourrir notre réflexion et nos recommandations.

Pourquoi est-il important d’évaluer ces politiques  ?

La politique du bien vieillir concerne toute la société. Elle doit être soumise au débat public pour en percevoir l’impact dans la vie des personnes et de leurs entourages et pour tracer des orientations qui correspondent aux évolutions en cours.

On est dans un contexte très particulier, où les personnes âgées vulnérables ont été les premières victimes de la crise sanitaire. Il faut tous prendre acte que cette crise va initier de grands changements qu’il faut porter ensemble.

L’évaluation de ces politiques est donc un moment de démocratie très important et c’est ce qui m’a motivé à accepter cette mission.

Milieux aquatiques

Préserver la biodiversité

En Janvier 2020, la CAMA, Cellule d’animation sur les milieux aquatiques, mise en place par le Conseil départemental, est devenue la CAMAB, ajoutant un volet biodiversité à son action. Cette cellule d’assistance technique est le fruit d’un partenariat avec le Forum des Marais atlantiques, la Fédération de pêche du Finistère et l’Agence de l’eau Loire Bretagne, pour encourager et accompagner les actions de préservation des milieux aquatiques. Explications.

«  Depuis 2008, nous agissons sur les rivières et les zones humides, explique Sandrine Alary, agente départementale en charge de la CAMAB, la cellule d’animation sur les milieux aquatiques et la biodiversité. Avec l’ajout du B, on identifie mieux la biodiversité. Nous avons fait évoluer notre offre d’ingénierie, pour accompagner les collectivités qui veulent se lancer dans des projets de préservation de la biodiversité. » Si la CAMAB n’est pas connue du grand public, les sujets sur lesquels elle travaille le sont davantage. Les zones humides par exemple. Celles qu’on appelait autrefois marais ou marécages, ont été drainées, remblayées et détruites pendant des centaines d’années. Avant qu’on ne se rende compte de leur rôle essentiel. Elle représente aujourd’hui moins de 10 % de la surface du département.

Les zones humides : un régulateur de crues, garant de la qualité de l’eau

La rivière reçoit les eaux de son bassin versant, zone d’alimentation du cours d'eau. Dans ce bassin, les zones humides jouent un rôle d'espace tampon. Elles permettent notamment de réguler les crues. En hiver, elles cumulent et retiennent l’excès d’eau. En été, elles rejettent cette eau vers la rivière et maintiennent le débit dans les cours d’eau. Ces zones humides présentent aussi un intérêt pour la qualité de l’eau. L’eau y stagne et y passe du temps, les plantes et les micro-organismes absorbant les nutriments et agissant comme un filtre naturel. Cela permet notamment de réduire les pollutions.

Ces zones humides enfin sont souvent des lieux de refuge et de reproduction pour de nombreuses espèces, comme les oiseaux. «  Elles sont utiles à tout l'écosystème : elles ont une valeur qu’on ne peut pas chiffrer en termes économiques, mais elles apportent des services gratuits à la communauté humaine  », résume Sandrine Alary.

Pour mieux les préserver, le Département a identifié des zones humides de fort intérêt écologique pouvant prétendre à un label international, le label Ramsar, valorisant l’engagement collectif des acteurs pour sauvegarder cette richesse.

Handicap et activités loisirs

Le site de tous les possibles

Mis en ligne en juin 2020, le site kundy.fr recense des activités et des loisirs pour tous, que l'on soit valide ou en situation de handicap. Présentation.

Tout a débuté par une discussion entre copains, certains valides, d'autres en situation de handicap. Et le constat d’un manque : celui d’un site internet qui recense les activités de loisirs que tous pourraient pratiquer dans le Finistère. La bande d'amis de Sébastien Delacroix commence donc par créer l’association, « Il n’est pas trop tard » en juin 2019 (reconnue depuis comme étant d'intérêt général à caractère social), et Sébastien en devient le président. Un an plus tard, le site kundy.fr (pour kundivido, partager en espéranto) est mis en ligne.

Entre ces deux étapes fondatrices, tout est allé très vite. Pour mobiliser autour de leur idée, les amis répondent à des appels d’offres et contactent des associations agissant dans le domaine du handicap. Ils sont retenus dans un appel à projets de l’Unadev, l’Union nationale des déficients visuels, pour développer le site. Puis l’association Valentin Haüy (AVH) au service des aveugles et des malvoyants, à Brest, accepte de les accompagner pour tester kundy.fr. Ils sont ensuite lauréats des Trophées de la vie locale du Crédit Agricole, avant de remporter un appel à projets du Fonds handicap & société. Les appuis financiers ainsi obtenus leur permettent de concrétiser rapidement leur objectif.

Des formations pour accueillir des personnes en situation de handicap

Aujourd’hui, kundy.fr recense une vingtaine de structures associatives proposant des activités de loisirs pour valides et handicapés dans le Finistère. «  À mesure que nous avancions dans notre projet, nous nous sommes également rendu compte qu’il fallait faire évoluer la vision qu'ont les gens du handicap : on se représente généralement quelqu'un en fauteuil, or 80 % des handicaps ne se voient pas  », rappelle Sébastien Delacroix.

Ainsi, les loisirs proposés vont du cirque à l’escalade, en passant par le rugby ou l’escrime, et le site donne, pour chaque association, le contact d'un interlocuteur pouvant renseigner les personnes en fonction de leur handicap. Quant aux associations, elles cotisent à hauteur de 30 euros par an pour figurer sur le site.

La prochaine étape sera de proposer des formations aux associations de loisirs répertoriées par le site pour qu'elles puissent accueillir des personnes en situation de handicap. Un blog doit aussi être créé, un moyen pour les fondateurs de kundy.fr de partager leur expérience après avoir testé eux-mêmes les activités.