Actus

Education au développement durable

Douze partenaires signent une charte

Dix institutions publiques, dont le Conseil départemental du Finistère, un réseau régional représentant des acteurs de l’éducation populaire et un réseau régional d’acteurs de l’économie sociale et solidaire ont signé une charte pour renforcer l’éducation à l’environnement et au développement durant, fixant ainsi les grandes orientations en Bretagne pour les cinq prochaines années.

Renforcer le lien entre l’Homme et la nature et former des citoyens éclairés, soucieux des besoins et des droits des générations futures, tels sont les enjeux de cette éducation à l’environnement et au développement durable. Tous les âges de la vie et tous les domaines sont concernés : l’alimentation, la santé, l’eau et la biodiversité, la mobilité, l’énergie, les déchets, la solidarité…

Logement

Un dispositif d'aide au paiement des loyers

Depuis le mois de mars 2020, la crise sanitaire provoque des difficultés financières dans de nombreuses familles.Finistère Solidarité Logement, un Fonds départemental financé par une vingtaine de partenaires, dont le Conseil départemental, permet aux locataires du parc social ou du parc privé, selon certains critères, de se faire aider pour payer leur loyer en cas de difficultés dues à la crise.Pour les locataires d'un logement social, il faut contacter le bailleur qui évalue l'éligibilité aux aides.

Pour les locataires du parc privé, un numéro vert (0 805 29 04 05) est à leur disposition. C'est l'ADIL 29 qui évalue la demande. 

Lorsque l'éligibilité est confirmée, le Fond de Solidarité Logement accompagne dans la création du dossier et l'aide est activée dans les meilleurs délais.

Accompagnement des jeunes

Le réseau Écoutes Jeunes en Finistère

Pour aider les jeunes, de 15 à 25 ans, quels que soient les sujets qui les préoccupent (école, famille, problèmes relationnels, sexualité, harcèlement, la santé - physique et mentale - due au confinement …) ou les difficultés rencontrées, des professionnels proposent un accueil et une écoute adaptée. Ils aident les jeunes et leur entourage de manière confidentielle et gratuite. Ces acteurs du réseau Écoutes Jeunes en Finistère, qui travaillent en partenariat avec les acteurs locaux, sont joignables dans les quatre Points d’accueil Écoutes Jeunes (PAEJ) du département, dans les deux Maisons des adolescents (MDA) ou au Service d’écoute jeunes de l’association Parentel (PASAJ).

Égalité femmes-hommes

le Département s'engage

L'égalité entre les femmes et les hommes est un enjeu majeur de notre société et un défi pour toutes et tous. Les collectivités territoriales sont des actrices essentielles de cette égalité, à la fois en tant qu'employeuses et en tant que maîtresse d'oeuvre des politiques publiques. La loi du 4 août 2014 oblige celles de plus de 20 000 habitants à rédiger un rapport sur le sujet, préalablement aux débats budgétaires.

En 2018 et 2019, le Conseil départemental avait co-construit le rapport avec huit autres collectivités du Finistère marquant la volonté conjointe de mutualiser et d’accélérer les efforts pour réduire les inégalités liées au genre. Pour 2020, compte tenu de la situation sanitaire et du report des élections, le Conseil départemental n'a pas pu les associer.

Ce nouveau rapport est un outil de suivi de l’égalité chez les élu.e.s et les agent.e.s du Département. Il présente aussi les actions phares menées en 2020. Parmi ces dernières, le Département s'est attaché à lutter contre les violences faites aux femmes grâce à une vigilance accrue par les services départementaux pendant le confinement. Il a également mis en place un appel à projets « Sport au féminin en Finistère », accompagnant et finançant 61 d'entre eux. Cet appel à projets est reconduit en 2021.

Le rapport complet est à retrouver sur le site du Département.

Vendée Globe

Le succès des coureurs de Port laf’

Les coureurs du Pôle France Finistère course au large se sont à nouveau illustrés lors de cette édition 2020-2021. Premier skipper sur la ligne, Charlie Dalin termine 2e, du fait de la compensation octroyée à Yannick Bestaven, vainqueur de l’épreuve. Jean Le Cam s’est particulièrement distingué lors de ce Vendée Globe. Après avoir fini en 8e position, il termine en 4e position pour la compensation accordée suite au sauvetage de Kévin Escoffier, dont le bateau avait coulé dans le sud-ouest du Cap de Bonne Espérance. Boris Hermann se place en 5e position et Damien Seguin, premier skipper en situation de handicap sur l’Everest des mers, 7e. Clarisse Cremer, première femme à passer la ligne, termine en 12e position. Jérémie Beyou 13e, Romain Attanasio 14e, Samantha Davies (hors course) et Sébastien Simon (abandon)… Le Finistère salue tous ses héros du grand large !

Action

stratégie numérique

Favoriser le numérique pour tous

À une époque où le numérique est devenu un enjeu de société majeur, le Département a élaboré une stratégie départementale des services et usages du numérique qui présente ses orientations autour de quatre axes et dix objectifs de travail pour un numérique plus inclusif, solidaire, citoyen et responsable.

Deux questions à Kévin Faure, Conseiller départemental délégué au numérique

Le Département vient de mettre en place une stratégie départementale des services et usages du numérique. Comment l'avez vous construite et quel est son objectif  ?

Le numérique se développe de plus en plus. L'année 2020 a été révélatrice en ce sens. Outil positif pour garantir l'activité économique, permettre le télétravail, accéder autrement aux services publics, garder le contact avec les proches… il a aussi renforcé les inégalités qui existaient. Pour le Conseil départemental, l'enjeu est d'importance pour réduire ces inégalités que ce soit en termes d'infrastructures, d'équipements, d'abonnements ou d'autonomie dans les usages. Nous avons donc élaboré une stratégie départementale des services et usages du numérique en y associant des agent.e.s du Département, mais aussi des acteurs institutionnels, associatifs, entrepreneurs et chercheurs. Au total, 152 acteurs y ont contribué et je les en remercie.

Quels sont les grands engagements du Département dans ce domaine  ?

Pour permettre à tous les Finistérien.ne.s et aux professionnel.le.s d'accéder au haut et au très haut débit, l'engagement du Département, en lien avec les collectivités bretonnes autour de Mégalis, est de déployer la fibre optique sur l'ensemble du territoire à l'horizon 2026. Notre priorité est aussi de permettre à tous les collégien.ne.s de travailler dans de bonnes conditions et donc d'avoir du matériel disponible. Pour cela nous favorisons le réemploi. Mais le cœur de notre action, ce sont les usages et l'accompagnement de ceux qui en ont le plus besoin vers l'autonomie.

Maintenir le lien avec les usagers

De plus en plus, les démarches administratives sont dématérialisées. Si cette dématérialisation vise à faciliter et simplifier la relation avec les usager·ère·s, il ne faudrait pas cependant qu'elle entraîne l'exclusion d'une partie de ces usager·ère·s. C'est pourquoi le Département veut maintenir des accueils physiques pour continuer de renseigner le public. Il est aussi conscient de la nécessité d’accompagner les Finistérien·ne·s dans l’accès et l’usage des services numériques. 

Cet accompagnement est possible au sein des CDAS où des lieux de médiation numérique ont été créés. Des équipements sont disponibles pour les démarches des usagers. Des conseillers numériques seront également recrutés dans l'année. 

Le Département expérimente aussi les Pass numériques, un dispositif sous forme de chèques formation destinés aux primo-accédants touchant le RSA et aux parents de collégiens pour les aider à se  former aux nouvelles technologies. Par ailleurs, afin de mieux conseiller et orienter les usagers, un plan de formation à la culture numérique et à la médiation destiné aux agent.e.s en contact avec le public sera mis en œuvre dès cette année, en partenariat avec la Ville de Brest.

« Bien vieillir en Finistère » Évaluation du 4e schéma

Bien vieillir : un enjeu de société

D’octobre 2020 à juin 2021, le Conseil départemental évalue les actions de son 4e schéma « Bien Vieillir ». Le comité d’évaluation composé d’une trentaine de personnes (élus, services du Département, État, associations, partenaires, représentants de retraités, de personnes âgées, d’établissements), est présidé par Jean-François Serres. Acteur engagé dans le secteur associatif et l’action sociale, il est à l’origine de la « mobilisation nationale contre l’isolement social des personnes âgées » (Monalisa). Interview.

Trois questions à Jean-François Serres

Quel sera votre rôle dans l’évaluation du 4e schéma  ?

Un de mes premiers rôles est de garantir la neutralité des travaux qui vont être conduits et d’apporter un regard extérieur à la politique évaluée.

Je suis également là pour animer ce comité d’évaluation, apporter des conseils en termes de méthode d’évaluation et dans le cadre du travail qu’on va mener, puis aboutir à des conclusions qui puissent éclairer les élus.

Je suis aussi très attentif à ce que le comité travaille dans un esprit d’ouverture, avec la plus grande attention à la prise en compte de la parole des personnes concernées (personnes âgées, entourage, proches, aidants, professionnels, partenaires…). Voilà à la fois mon rôle et l’esprit dans lequel je voudrais mener cette évaluation.

Quelle sera la méthode de cette évaluation  ?

Nous allons d’abord bénéficier d’un comité d’évaluation, qui permet de rassembler des acteurs les plus représentatifs possible : professionnels du secteur, partenaires, acteurs des coordinations gérontologiques, des CLIC (centre locaux d’information et de coordination), des Maia, des représentants de l’ARS Bretagne (Agence régionale de santé), du soin, des proches/aidants, associations de solidarité…

Il y aura également une consultation ouverte à tous sur le site internet du Département, des auditions et des entretiens pour nourrir notre réflexion et nos recommandations.

Pourquoi est-il important d’évaluer ces politiques  ?

La politique du bien vieillir concerne toute la société. Elle doit être soumise au débat public pour en percevoir l’impact dans la vie des personnes et de leurs entourages et pour tracer des orientations qui correspondent aux évolutions en cours.

On est dans un contexte très particulier, où les personnes âgées vulnérables ont été les premières victimes de la crise sanitaire. Il faut tous prendre acte que cette crise va initier de grands changements qu’il faut porter ensemble.

L’évaluation de ces politiques est donc un moment de démocratie très important et c’est ce qui m’a motivé à accepter cette mission.

Milieux aquatiques

Préserver la biodiversité

En Janvier 2020, la CAMA, Cellule d’animation sur les milieux aquatiques, mise en place par le Conseil départemental, est devenue la CAMAB, ajoutant un volet biodiversité à son action. Cette cellule d’assistance technique est le fruit d’un partenariat avec le Forum des Marais atlantiques, la Fédération de pêche du Finistère et l’Agence de l’eau Loire Bretagne, pour encourager et accompagner les actions de préservation des milieux aquatiques. Explications.

«  Depuis 2008, nous agissons sur les rivières et les zones humides, explique Sandrine Alary, agente départementale en charge de la CAMAB, la cellule d’animation sur les milieux aquatiques et la biodiversité. Avec l’ajout du B, on identifie mieux la biodiversité. Nous avons fait évoluer notre offre d’ingénierie, pour accompagner les collectivités qui veulent se lancer dans des projets de préservation de la biodiversité.» Si la CAMAB n’est pas connue du grand public, les sujets sur lesquels elle travaille le sont davantage. Les zones humides par exemple. Celles qu’on appelait autrefois marais ou marécages, ont été drainées, remblayées et détruites pendant des centaines d’années. Avant qu’on ne se rende compte de leur rôle essentiel. Elle représente aujourd’hui moins de 10 % de la surface du département.

Les zones humides : un régulateur de crues, garant de la qualité de l’eau

La rivière reçoit les eaux de son bassin versant, zone d’alimentation du cours d'eau. Dans ce bassin, les zones humides jouent un rôle d'espace tampon. Elles permettent notamment de réguler les crues. En hiver, elles cumulent et retiennent l’excès d’eau. En été, elles rejettent cette eau vers la rivière et maintiennent le débit dans les cours d’eau. Ces zones humides présentent aussi un intérêt pour la qualité de l’eau. L’eau y stagne et y passe du temps, les plantes et les micro-organismes absorbant les nutriments et agissant comme un filtre naturel. Cela permet notamment de réduire les pollutions.

Ces zones humides enfin sont souvent des lieux de refuge et de reproduction pour de nombreuses espèces, comme les oiseaux. «  Elles sont utiles à tout l'écosystème : elles ont une valeur qu’on ne peut pas chiffrer en termes économiques, mais elles apportent des services gratuits à la communauté humaine », résume Sandrine Alary.

Pour mieux les préserver, le Département a identifié des zones humides de fort intérêt écologique pouvant prétendre à un label international, le label Ramsar, valorisant l’engagement collectif des acteurs pour sauvegarder cette richesse.

Handicap et activités loisirs

Le site de tous les possibles

Mis en ligne en juin 2020, le site kundy.fr recense des activités et des loisirs pour tous, que l'on soit valide ou en situation de handicap. Présentation.

Tout a débuté par une discussion entre copains, certains valides, d'autres en situation de handicap. Et le constat d’un manque : celui d’un site internet qui recense les activités de loisirs que tous pourraient pratiquer dans le Finistère. La bande d'amis de Sébastien Delacroix commence donc par créer l’association, « Il n’est pas trop tard » en juin 2019 (reconnue depuis comme étant d'intérêt général à caractère social), et Sébastien en devient le président. Un an plus tard, le site kundy.fr (pour kundivido, partager en espéranto) est mis en ligne.

Entre ces deux étapes fondatrices, tout est allé très vite. Pour mobiliser autour de leur idée, les amis répondent à des appels d’offres et contactent des associations agissant dans le domaine du handicap. Ils sont retenus dans un appel à projets de l’Unadev, l’Union nationale des déficients visuels, pour développer le site. Puis l’association Valentin Haüy (AVH) au service des aveugles et des malvoyants, à Brest, accepte de les accompagner pour tester kundy.fr. Ils sont ensuite lauréats des Trophées de la vie locale du Crédit Agricole, avant de remporter un appel à projets du Fonds handicap & société. Les appuis financiers ainsi obtenus leur permettent de concrétiser rapidement leur objectif.

Des formations pour accueillir des personnes en situation de handicap

Aujourd’hui, kundy.fr recense une vingtaine de structures associatives proposant des activités de loisirs pour valides et handicapés dans le Finistère. «  À mesure que nous avancions dans notre projet, nous nous sommes également rendu compte qu’il fallait faire évoluer la vision qu'ont les gens du handicap : on se représente généralement quelqu'un en fauteuil, or 80 % des handicaps ne se voient pas », rappelle Sébastien Delacroix.

Ainsi, les loisirs proposés vont du cirque à l’escalade, en passant par le rugby ou l’escrime, et le site donne, pour chaque association, le contact d'un interlocuteur pouvant renseigner les personnes en fonction de leur handicap. Quant aux associations, elles cotisent à hauteur de 30 euros par an pour figurer sur le site.

La prochaine étape sera de proposer des formations aux associations de loisirs répertoriées par le site pour qu'elles puissent accueillir des personnes en situation de handicap. Un blog doit aussi être créé, un moyen pour les fondateurs de kundy.fr de partager leur expérience après avoir testé eux-mêmes les activités.

Actrices & acteurs

Finistèrien.ne.s Aurélie Boisnoir

Scientifique de talent

Aurélie Boisnoir vient de recevoir le prix Jeunes Talents France L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science. Cette jeune scientifique de 30 ans travaille sous la direction de Nicolas Chomérat et Jean-Pierre Allenou, entre les stations Ifremer de Concarneau et de la Martinique, dont elle est originaire.

Son sujet de post-doctorat porte sur la ciguatera, une micro-algue à effets nocifs, dans la mer des Caraïbes. « Je suis tombée sur cette thématique un peu par hasard. Un maître de conférences m’a dit qu’il avait un projet dans les Antilles et qu’il aurait bien voulu le confier à une étudiante de la région. Il y avait la possibilité d’obtenir un financement. J’ai donc fait mon stage là-bas. » Ses travaux ambitionnent de faire avancer la recherche sur ces algues qui occasionnent des problèmes sanitaires et économiques. Pourtant, peu d’études récentes s’intéressent à leur identification génétique ou à la caractérisation de leurs toxines. « Les humains qui consomment du poisson contenant ces micro-algues peuvent avoir des symptômes gastriques, neurologiques, puis cardio-vasculaires », explique Aurélie Boisnoir. 

La crise sanitaire l'a empêchée de revenir en 2020 à Concarneau où elle apprécie « de travailler avec ces deux grands scientifiques que sont Nicolas Chomérat et Gwenaël Bilien ». La jeune chercheuse espère cependant pouvoir bientôt retrouver la Ville-bleue et profiter d'un séjour dans le Finistère : « J'ai toujours été accueillie ici chaleureusement. »

Aide à la personne

Le métier d’accueillante familiale

Anne Charlotte Vignon est accueillante familiale de personnes en situation de handicap, un métier qu'elle a choisi pour concilier vie professionnelle et vie de famille.

Depuis 2015, Anne Charlotte Vignon est accueillante familiale à Plougastel-Daoulas. Dans sa grande et chaleureuse maison de bois et de zinc, elle et son mari ont construit une extension d'environ 60 m² pour accueillir trois pensionnaires. Il y a Christophe, trisomique de 47 ans, arrivé le premier en 2015. Il y a aussi Martine et Nicole, la soixantaine, arrivées respectivement en 2016 et 2019. Toutes les deux sont retraitées de l'ESAT de Keribin à Ploudalmézeau. Elles ont passé toute leur vie professionnelle ensemble, ont partagé le même logement et, pour leur plus grande joie, passent leur retraite ensemble. « À 27 ans, j'ai été enceinte pour la deuxième fois, j'ai voulu être disponible pour mes enfants. Mon mari m'a suggéré de devenir accueillante familiale pour pouvoir concilier vie professionnelle et vie familiale», explique la jeune femme. Il faut dire que dans la famille Vignon, être famille d'accueil se transmet de génération en génération : «  Ma grand-mère accueillait des enfants de la DDAS, mes parents et ma sœur sont accueillants familiaux. Depuis que je suis gamin, j'ai toujours vu du monde chez moi», note Nicolas. « C'est important que le conjoint soit en plein accord avec le projet car il y a forcément un impact sur la vie de famille », renchérit Anne-Charlotte.

Organisation et patience

En Finistère, une centaine de familles accueillent des personnes âgées de plus de soixante ans ou des personnes en situation de handicap, un nombre que le Département souhaiterait voir augmenter. Le rôle de ces accueillants est de permettre à une personne ne pouvant plus, ou ne voulant, rester seule, de vivre dans un environnement familial sécurisant tout en lui permettant de rester autonome. Visiblement, la formule plaît aux pensionnaires d'Anne Charlotte. Dans un grand éclat de rire, Nicole avoue : «  Je me plais ici car il y a des enfants et puis on fait plein d'activités.» Martine glisse aussitôt : « Ici, je suis chez moi.» Anne-Charlotte ne regrette pas son choix, bien au contraire : « C'est un métier enrichissant tant pour moi que pour mes enfants qui n'ont aucune appréhension du handicap.» Les qualités pour être accueillant.e familial.e  ? «  Il faut être très organisé pour gérer de front l'emploi du temps personnel et celui des personnes accueillies. Elles ont régulièrement des rendez-vous médicaux. La patience est aussi une qualité indispensable. Et puis, il faut savoir se ménager du temps pour soi, mais ça vaut vraiment le coup car on crée des liens et on sait qu'on les aide à se sentir bien. »

C'est un métier enrichissant tant pour moi que pour mes enfants qui n'ont aucune appréhension du handicap
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Le grand portrait Hervé Hamon, l’amoureux des îles

« la mer fait la terre, pas le contraire »

Hervé Hamon, éditeur et écrivain breton est l'auteur du Dictionnaire amoureux des îles publié en novembre dernier, chez Plon. Il vit à Trebeurden (Côtes-d’Armor), quand il n’est pas à Paris ou au Chili, mais les îles du Ponant occupent dans son cœur une place à part. Rencontre avec un amoureux de la mer et des îles…

Quelle est la genèse du Dictionnaire amoureux des îles  ?

La genèse, c’était tout d’abord une évidence. J’ai eu la chance de naître dans un pays où la marée est terriblement active, ce qui du point de vue du paysage nous apprend une chose essentielle : la première, c’est que la mer fait la terre et pas le contraire. La deuxième, c’est que les îles ne sont pas un ornement ou un complément du rivage, ce ne sont pas des navires à l’ancre.

Il y a un tas d’autres choses qui m‘intéressent sur le monde des îles, mais pour commencer c’est ça sans doute qui m’a frappé le plus.

Et puis, il y a tous les imaginaires des îles. Les îles paradisiaques, mais aussi les îles bagnes, les îles de la traite, les îles de la déportation. Ce qui fait qu’à travers les îles, on visite finalement le plus de l’humanité. Du côté du rêve et aussi du côté de l’enfer. Et j’ai aimé tout ça. Dans mon dictionnaire amoureux, je prends tout : l’Éden et l’Enfer.

Quelle place ont les îles du Ponant dans votre ouvrage et dans votre vie  ?

Les îles du Ponant sont mes îles chéries. La vie sur les îles finistériennes est toujours plus dure. Je sais que les Sénans disent souvent, quand la mer est trop forte pour que le bateau qui ravitaille l’île puisse passer : « Ah, le continent est isolé.» Et c’est ce que dit profondément l’expérience îlienne : l’île, c’est à la fois quelque chose de compliqué mais aussi un refuge ; un espace qui est tout, dans le sens où on est solidaire, même si on ne s’aime pas.

Je pense que les îles du Ponant sont passionnantes car ce sont des avant-postes. Françoise Péron écrivait Ouessant, l'île sentinelle. J’ai envie de dire que toutes les îles le sont.

Que nous apprennent les îles  ?

Elles nous apprennent non seulement que la mer est en mouvement, qu’elle dessine les côtes et qu’elle les fait. Mais aussi que finalement, c’est la mer qui gagnera. Tous les îliens savent que la mer est fragile. Ils savent que cette mer qui les entoure, un jour ou l’autre, aura le dernier mot. Les îles nous disent la vérité du monde. La vérité géographique du monde.

Elles nous disent une vérité des éléments, des femmes et des hommes aussi. De leur capacité à s’adapter à des situations qui sont plus dures, plus difficiles, mais peut-être aussi plus belles qu’ailleurs.

Pour moi, les îles ne sont pas des cartes postales ou du folklore, mais c’est l’avenir. Elles ont beaucoup à nous apprendre.

Europe projets

ENVIRONNEMENT

Lutter contre la pollution par le plastique

Preventing Plastic Pollution est un projet anglo-français financé par l'Europe. Il vise à prévenir la pollution de la Manche et de ses bassins versants par les matières plastiques.

Savez-vous que plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année à travers le monde, dont plus d’un tiers sont des plastiques à usage unique  ? Savez-vous aussi que sur les 29 millions de tonnes de déchets en plastique collectés tous les ans en Europe, seulement un tiers est recyclé  ? Face à ce fléau qu'est la pollution par le plastique, le projet Preventing Plastic Pollution (PPP), piloté par la Queen Mary University of London et rassemblant dix-huit partenaires français et anglais dont neuf finistériens*, a été lancé en octobre 2019 au niveau de la Manche et de ses bassins-versants**, pour une durée de trois ans. D'un coût de 14 millions d'euros, il est financé à 69 % par l'Europe.

Comprendre et réduire la pollution plastique de la source à la mer 

« L'objectif est de comprendre la pollution plastique de la source à la mer, de la réduire et surtout de faire évoluer les mentalités de chacun », explique Gaël Durand, directrice déléguée à la recherche et au développement à LABOCEA, structure coordinatrice du projet côté français. « Chaque partenaire porte plusieurs actions. Cela va de la gestion des données à des actions opérationnelles pour dépolluer, en passant par l'éducation et la sensibilisation des publics, sans oublier la communication », précise Marie-Amélie Neollier, chargée de mission prévention et lutte contre les déchets plastique au sein du Parc naturel marin d'Iroise. «  Chaque action fait l'objet d'une évaluation approfondie. Tous les six mois nous faisons un bilan, et à l'issue du projet nous éditerons des guides pour pouvoir transmettre nos expériences », conclut Gaël Durand.

* LABOCEA, EPAB de la baie de Douarnenez, Parc naturel marin d'Iroise, Brest Métropole, CNRS, IFREMER, Syndicat de bassin de l'Elorn, ACTIMAR, Océanopolis pour le Finistère, le Conseil départemental du Finistère et le Conseil départemental de la Manche composent les partenaires français.

** Côté français, trois bassins-versants sont concernés, la baie de Douarnenez, la rade de Brest et la baie des Veys dans le Cotentin