À l'affiche

chemins du patrimoine en Finistère

Un printemps culturel

Passeur d'héritages comme de regards sur le monde d'aujourd'hui, l'EPCC Chemins du patrimoine en Finistère invite les visiteurs qui franchissent les portes du château de Kerjean, de l'abbaye de Daoulas, de l'abbaye du Relec et du domaine de Trévarez à vivre un temps riche de sens. Pendant ce temps, le manoir de Kernault se refait une beauté.

En terre inconnue ? Le monde au XVe siècle au Château de Kerjean Termine dans 1 mois, 1 semaine !

Au moment de la Renaissance, le monde s'est élargi. C'est l'époque où les Européens entreprennent de grands voyages vers un « nouveau » monde. Au-delà des frontières de l'Europe, d'autres peuples vivent et prospèrent, les Ming de l'empire chinois, les Incas des Andes, les royaumes d'Afrique, le monde ottoman. Constitués de continents apparemment isolés les uns des autres, ce monde est pourtant déjà fait de nombreuses relations interconnectées.

Le château de Kerjean nous invite à un formidable voyage aux quatre coins de la Terre dans cette période d'avant les « grandes découvertes » au travers de représentations cartographiques, d'objets et livres anciens, de films d'animation et d'œuvres contemporaines...

Du 27 mars au 31 octobre 2021

La fuite de Shirin et Farhad de Babak Kazemi à l'Abbaye de Daoulas Termine dans 2 mois, 1 semaine !

Un triangle amoureux, Farhad le tailleur de pierre, le roi Khosrow et la belle Shirin dont ils sont tous les deux amoureux. Le photographe Babak Kazemi revisite la légende tragique et romantique de l'un des plus grands textes classiques de la culture persane du poète Nezami Ganjavi (1175). Au travers de cette histoire d'amour, il évoque les luttes actuelles de ceux qui doivent s'exiler pour retrouver l'amour et la liberté.

Cette exposition est à retrouver dans le cadre des Balades photographiques de Daoulas dans les jardins de l'abbaye, et est complétée par quatre autres séries du photographe dans les rues de la commune.

Du 1er avril au 05 décembre 2021

Entre Camélias et Rhododendrons au Domaine de Trévarez

Le parc de Trévarez est riche de près de 750 variétés de camélias et 600 de rhododendrons. Chacun à leur tour est à l'honneur. Visites, ateliers et animations pour les familles sont au programme de ces rendez-vous dominicaux.

Les dimanches jusqu'au 21 mars pour les Camélias

Les dimanches du 18 avril au 16 mai pour les Rhododendrons

Regard d'artiste – Lumière des origines. François Royer et Charles Belle au Domaine de Trévarez Termine dans 1 semaine, 3 jours !

Charles Belle et François Royet sont deux artistes et deux complices de longue date. Le premier est un peintre reconnu pour ses œuvres souvent monumentales de la nature, le second est cinéaste et réalisateur ayant notamment travaillé sur le documentaire La Marche de l'Empereur. Déjà présents lors de la première édition de Regard d'artiste, ils reviennent à Trévarez pour tenter de percer le mystère de la création artistique dans un parcours à la fois sensible, intime et immersif déployé aux écuries et au château. L'exposition fera la part belle aux peintures, photographies et films des deux artistes.

Du 3 avril au 3 octobre 2021

La fabrique du potager à l'Abbaye du Relec Termine dans 1 mois, 1 semaine !

Apprentis jardiniers ou amoureux des plantations, l'exposition « La fabrique du potager » à l'abbaye du Relec est faite pour vous. Elle nous raconte tous les possibles du jardin potager, des aménagements aux techniques en passant par les écueils à éviter ou les éléments indispensables à mettre en place. Vous découvrirez le potager vertical, sur butte ou surélevé, comment produire ses graines ou ses engrais, l'importance des animaux, les interactions entre les végétaux et comment éviter les maladies.

Indispensable pour faire sortir de terre son rêve de potager, naturel bien sûr  !

Du 5 juin au 31 octobre 2021

La photo à l'honneur dans le parc de Trévarez Termine dans 3 mois, 2 semaines !

Roue Libre

À l'initiative de la comédienne Séverine Valomet et du photographe Éric Legret, une vingtaine de photographies, enrichies de poèmes, mettent en scène les résidents présentant un traumatisme crânien ou une infirmité moteur cérébrale du centre Ker Arthur de Châteauneuf-du-Faou. 

Pour cette exposition, le domaine de Trévarez et son parc ont servi de décor de jeu foisonnant pour les résidents.

Une exposition réalisée en partenariat avec le centre Ker Arthur, la commune de Châteauneuf-du-Faou et l'antenne de la bibliothèque départementale de Plonevez-du-Faou. 

Sur les bords de l'Aulne à la belle époque, la suite

Marie Dubuisson est une photographe amateure née en 1879 dans une famille bourgeoise de Châteauneuf-du-Faou. Elle a immortalisé son quotidien sur les bords de l'Aulne : une promenade en barque sur le canal, des demoiselles en habit du pays Dardoup, une présentation du bébé dans le jardin familial…

L'exposition qui a débuté au printemps 2020, s'enrichit d'une dizaine de photographies, dévoilant un peu plus la collection de près de deux-cents plaques photographiques retrouvées dans sa maison familiale.

Jusqu'au 9 janvier 2022

Musée départemental breton

MUCHA en terre bretonne

Reportée de l’été 2020 à l’été 2021, l’exposition consacrée à Alphonse Mucha (1860-1939), l’un des plus illustres créateurs européens de l’Art nouveau est programmée du 18 juin au 19 septembre, au Musée départemental breton.

On connaît de Mucha ses célèbres affiches Art nouveau, et notamment celles commandées pour illustrer les pièces de Sarah Bernhardt. Mais ce que l’on sait peut-être moins c’est que le grand artiste tchèque s’est lié d’amitié avec Paul Gauguin et a même fait un séjour en Bretagne.

Le Musée départemental breton rendra hommage à Alphonse Mucha à travers l’exposition « La beauté Art nouveau ». Cette rétrospective d’une centaine d’œuvres met en lumière, pour la première fois en Bretagne, l’un des plus importants artistes de ce courant artistique.

Peintures, dessins, affiches, photographies, sculptures et objets d'arts décoratifs de l’artiste, prêtés par la fondation Alphonse Mucha de Prague, seront ainsi exposés au Musée départemental. Certaines des œuvres présentes figurent parmi les plus renommées de l’artiste, célébrant la figure féminine dans un style parfaitement reconnaissable. D’autres, telles que ces dessins inspirés de sa découverte de la Bretagne, sont des inédits. L’exposition permettra également de percevoir, à travers ses œuvres, le dévouement de Mucha à la cause de l’indépendance des peuples et à leur réconciliation. 

L’exposition sur les crêpes prolongée 

« Et vous  ? Êtes-vous plutôt crêpe ou galette  ? » L’exposition sur cette spécialité régionale proposée par le Musée départemental breton est prolongée jusqu’au 18 avril 2021.

La crêpe, plat emblématique de la Bretagne  ? La question est posée dans l’exposition du Musée départemental breton, prolongée jusqu’au printemps. Elle présente recettes, rituels, mises en scène, traditions, consécration, industrialisation… De la maison à la boutique, en passant par les marchés, et bien sûr les crêperies, la crêpe (ou galette  ?) n’aura plus de secret pour vous  !

Installé au cœur de Quimper, ville aux quarante crêperies, le musée s’interroge sur l’histoire de cette spécialité. Dans un parcours ludique adapté aux familles, l’exposition explore l’histoire des représentations de crêpes et de crêperies et l’évolution de la perception du plat. Passé d’un certain mépris à une forme de consécration, il demeure toujours associé à une singularité bretonne. À la rencontre des professionnels quimpérois de la crêpe aujourd’hui, l’exposition permet de découvrir leurs métiers et les enjeux contemporains liés à ce patrimoine vivant.

Mots clés

+ D’INFOS

Centre national des phares

Phare du Créac'h, une rénovation attendue

Dès ce printemps, le phare du Créac'h va faire l'objet de travaux qui permettront en 2022 au public d'y accéder.

« Quand j'étais enfant, dans les années 50, j'allais jouer à l'intérieur du Créac'h avec mon copain François, dont le père était gardien de phare. On y rentrait toujours avec déférence. Il avait quelque chose d'une cathédrale qui m'impressionnait », raconte l'ancien gardien de phare de Keréon qui avait fait des remplacements au Créac'h dans les années 70.

Ondine Morin, jeune guide conférencière de l'île admire aussi la vénérable tour noire et blanche de 54,85 mètres « J'ai eu la chance de pouvoir y monter. De là-haut, la vue sur la pointe du Pern, la côte la plus sauvage d’Ouessant est tout simplement à couper le souffle. Ce doit être dantesque en hiver.  »

En chantier dès le printemps

Érigé en 1863 et classé aux Monuments historiques depuis 2011, le phare du Créac'h est l'un des fleurons d’Ouessant. Dans le cadre du projet de création du Centre national des phares porté par le Département, il va faire l'objet d'un chantier de rénovation en deux temps, en partenariat avec le Parc naturel régional d'Armorique qui en est gestionnaire. La première phase débute dès ce printemps sur le phare lui-même. La seconde phase concerne le musée qui va être totalement repensé. L'objectif de la première tranche de travaux est de rendre l'édifice accessible aux visiteurs en 2022. Compagnons ferronniers, maçons, charpentiers et peintres vont donc s'atteler à refaire une beauté au phare le plus puissant d'Europe. *

Un atout touristique

Fierté des Ouessantins, il est également un atout touristique indéniable. « Les touristes qui viennent à Ouessant veulent visiter les phares. L'ouverture du Créac'h sera un atout supplémentaire  », explique Pauline Bourda de l'Office de tourisme.

De son côté, Louis Cozan s'émeut à l'annonce de cette restauration : «  Ça me touche énormément de savoir que ce patrimoine exceptionnel va être restauré et que le grand public pourra y accéder. Il est le témoin d'une histoire maritime. Il y a moins de quarante ans, son signal était d'une importance capitale pour les marins. Quand on navigue, la lumière d'un phare c'est une réalité qui rassure. »

*Le Penn ar Bed n°156 de mars 2020 consacrait un premier article détaillant les travaux du phare

Mots clés

Gardiens à table  ! sur Internet

La création sonore « Gardiens à table  ! » aurait dû être visible au musée des Phares et Balises d'Ouessant jusqu'en septembre 2021.

Les lieux culturels étant fermés, il est possible de la découvrir en accès libre sur Internet via la page Facebook du Département ou sur finistere.fr

+ D’INFOS SUR

www.finistere.fr

Restauration de patrimoine

Le Manoir de Kernault prépare sa mue

Le manoir de Kernault est au cœur d'un vaste projet de restauration qui devrait durer deux ans.

Un grand parc de trente-deux hectares avec des vergers, des prairies, un manoir avec son logis seigneurial du XVe siècle, un grenier à pans de bois du XVIIe siècle… Bienvenue au manoir de Kernault, propriété du Département. Chaque année, cet équipement patrimonial et culturel majeur du territoire de Quimperlé, géré par l'EPCC Chemins du patrimoine en Finistère, voit près de 100 000 personnes se promener dans son parc et environ 19 000 visiteurs franchir le seuil du manoir. Après un diagnostic en 2015-2016 du logis seigneurial et du grenier à pans de bois, une opération de restauration du domaine a été votée par le Conseil départemental pour un montant global de3,5 millions d’euros. «  Les travaux portent d'abord sur les deux édifices majeurs que sont le grenier à pans de bois et le logis. Ils mêlent restauration du patrimoine, amélioration de l'accueil et préservation de la faune, dans le but de mieux recevoir les visiteurs et de respecter tous les habitants du site », explique Anne Badiche-Desille, cheffe de service du patrimoine architectural du Département. «  Pour les deux édifices, il s'agit surtout de résoudre des désordres structurels et sanitaires liés à la vétusté au niveau des toitures, charpentes, planchers, menuiseries », poursuit-elle.

Entre restauration et nouvel aménagement

«  Ce projet architectural d'envergure a aussi pour objectif d'offrir des espaces mieux adaptés aux besoins des visiteurs et de donner un nouvel élan au site et à notre programmation culturelle  », s'enthousiasme Danièle Brochu, directrice du site. Ainsi, le grenier à pans de bois, remarquable bâtiment de 450 m² auquel les visiteurs n'avaient pas accès, accueillera un espace d'exposition temporaire de 200 m² au premier étage, accessible à tous, un espace accueil-boutique-café ainsi que les bureaux du personnel qui étaient jusque-là installés principalement dans le logis. Par effet domino, la libération des bureaux permettra de mettre en valeur l'ensemble des pièces de ce bâtiment du XVe siècle et de les ouvrir au public. Une troisième phase concernera le parc et notamment l'aménagement paysager du clos et de ses abords. « Pour préserver l'équilibre écologique et continuer d'encourager la biodiversité très importante à Kernault, deux tours à hirondelles ont été installées dans le parc et une chiroptière a été créée pour les chauves-souris dans la toiture du grenier », précise la directrice.

Prévus pour durer deux ans, ces travaux vont quelque peu bouleverser la vie du manoir. «  En 2021, il n'y aura pas de programmation culturelle, mais nous offrirons la possibilité au public de découvrir les coulisses du chantier grâce à des rendez-vous et des outils proposés in situ (panneaux d'information, dispositifs sonores et/ou multimédias). Le parc, lui reste ouvert à la balade pendant toute la durée des travaux », souligne Danièle Brochu.

Patrimoine insulaire

une renaissance à Ouessant

Depuis sa création en 1969, le PNRA, Parc naturel régional d’Armorique, assure la gestion de l’écomusée du Niou à Ouessant. Il a engagé depuis 2015 une démarche de redéfinition et de développement de l’écomusée, qui s’articule autour de la question d’insularité. Focus.

Dès son ouverture, à la fin des années 60, l’écomusée du Niou a pu compter sur les Ouessantins pour faire vivre ce projet novateur. Il est en effet le premier écomusée de France, dont le principe est de mettre en valeur le patrimoine matériel (les objets) et immatériel (les savoir-faire, les métiers) d’un territoire et d’une population.

Pour continuer à faire vivre et évoluer le musée, les habitants sont incités à participer à des démonstrations de savoir-faire traditionnels. Ils contribuent aux expositions proposées, prêtent ou donnent des objets. Ils sont prescripteurs de visites ou encore évoquent leurs souvenirs lors de collectes de témoignages.

Des opérations pour faire vivre le patrimoine ouessantin

Plusieurs opérations ont été mises en place dans ce sens ces dernières années, comme « Patrimoine à domicile », qui propose aux habitants des échanges volontaires et gratuits pour les aider à conserver leurs objets patrimoniaux ou présenter leurs usages.

Démonstration de tonte de moutons, initiation au filage à la quenouille, conférences, veillées à la bougie…, le musée privilégie des expériences « hors les murs » comme point de départ pour comprendre Ouessant.

Une création artistique a également vu le jour en 2020. En partenariat avec la compagnie brestoise Teatr Piba, le PNRA a proposé un projet artistique, poétique et participatif à partir d’objets et d’histoires glanés auprès des îliens et des amoureux d’Ouessant. Ce projet “Objets d’histoire, histoire d’objets “ a donné lieu à une représentation le 17 octobre, sous la forme de deux déambulations entre l’écomusée et le phare du Créac’h. 

Un incendie criminel en 2017

Le 12 juillet 2017, un incendie criminel a ravagé l’une des deux bâtisses composant l’écomusée d’Ouessant. L’intérieur de la maison musée et sa toiture ont été entièrement brulés par les flammes. Les objets, costumes, œuvres, reproductions qui y étaient présentés sont détruits. Heureusement, les réserves muséographiques abritant le reste des collections n’ont pas été touchées. Environ 30 % des objets des collections étaient exposés, le reste étant conservé dans les réserves.

Sports olympiques

Finistère Tokyo 2020 : soutenons nos athlètes

Les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020 ont été reportés à l’été 2021 pour cause de crise sanitaire. Le Conseil départemental du Finistère, en partenariat avec le Comité départemental olympique et sportif du Finistère (CDOS29) et Finistère 360, soutient la préparation des onze athlètes finistériens sélectionnés ou présélectionnés pour ce grand événement sportif.

Entretien avec Yvon Cléguer, Président du CDOS (Comité départemental olympique et sportif) 29

Comment soutenez-vous les athlètes finistériens qui se préparent aux  Jeux de Tokyo ? 

Grâce à la collaboration entre le Département, le Comité olympique et les services de l’État, nous aidons dans leur préparation les athlètes finistériens, licenciés dans un club finistérien. Il existe deux étapes dans le soutien aux préselectionnés et aux sélectionnés olympiques et paralympiques. Pendant l'année précédant les Jeux, le Département aide les athlètes à hauteur de 2 500 euros, puis du même montant durant l'année des Jeux s'ils sont sélectionnés.

Nous voulons ainsi montrer à nos athlètes olympiques que derrière eux, il y a tout notre territoire porté par un même élan auquel s'associent les clubs, les collèges et l’Éducation nationale, ainsi que le mouvement sportif.

Comment avez-vous adapté votre dispositif cette année  ?

La spécificité de la situation aujourd’hui, c’est que les présélectionnés l’ont été en 2019. Les Jeux de Tokyo devaient avoir lieu en 2020 et finalement, ils se tiendront en 2021. Le Département a fait le choix de continuer à les aider : les présélectionnés sont ainsi soutenus pendant deux ans au lieu d’un.

Dans cette période difficile pour les clubs amateurs, notre action en faveur des athlètes participe à la relance de la pratique sportive et met en valeur la motivation, la volonté, la performance, tout ce qui caractérise un athlète de haut niveau.

Balades

randonnée

Le circuit des moulins

Ce circuit vous emmènera dans les vallées de Pouldreuzic, à la découverte du petit patrimoine local. De la fontaine de Pistigou en passant par le four à pain de Créménec jusqu’au calvaire de Croaz Vao, puis par la Chapelle de Lababan.

  

  

Mémoire

La tempête de 1930

Fortunes de mer

Il y a 90 ans, en septembre 1930, une terrible tempête frappe les côtes sud de la Bretagne. Plusieurs dizaines de bateaux de pêches sont mis en difficulté ou sombrent, de nombreux marins sont portés disparus.

Entre le 18 et le 19 septembre 1930, une tempête d’équinoxe s’abat violemment sur le littoral breton. Des vagues gigantesques balayent les côtes, brisent les navires et jettent les hommes à la mer. C’est un désastre. Vingt-sept bateaux disparaissent, pris au piège par l’océan en furie. Les jours suivants, le président de la Société des régates de Brest, Henri Le Calloch, membre du Yacht Club de France, lance un appel vibrant dans la presse : 

« La dernière tempête a causé aux populations côtières de Basse-Bretagne, des désastres peut-être sans précédent. Le marin, vivant au large des côtes, est un grand enfant rêveur, qui vit au jour le jour, sans souci des lendemains…

Peut-être est-il des familles de « péris en mer » qui auront faim, ou ont déjà faim. Mais ces familles appartiennent à cette race fière et forte, qui ne comprend pas qu’on puisse manger le morceau de pain qu’on n’a pas « gagné ». Elles ne tendront pas la main ; pas plus que les rescapés, que des avaries ont peut-être ruinés. Aussi, en faisant appel à votre bon cœur, mes chers camarades, ce n’est pas une aumône que je sollicite ; c’est un acte de haute justice sociale, un acte de solidarité de votre part. Souvenez-vous que, nous aussi, nous sommes marins, et que nous avons, sur la côte rude d’extrême Bretagne, des frères qui souffrent. Je me tiens à votre disposition pour faire parvenir votre participation, que je vous demande d’être aussi large que possible, soit en nature, soit en espèce 1. »

La Marine fait appareiller des avisos et divers bâtiments de guerre pour sillonner les zones de pêche. On retrouve plusieurs thoniers. L’espoir renait. Le récit des rescapés est toutefois saisissant et on pressent le désastre.

Louis Rollin, ministre de la Marine marchande rend visite aux familles et les autorités nomment à titre exceptionnel Chevalier du Mérite maritime, un mousse, Marcel Rioual, inscrit provisoire à Concarneau. Il est embarqué sur un thonier au nom évocateur : le Bon retour. Le Courrier du Finistère écrit : «  Le 19 septembre 1930, au cours d’une terrible tempête, les lames ayant balayé le pont, rempli d’eau le navire, brisé les pompes, jeté à la mer deux hommes de l’équipage sur cinq, Rioual, apercevant la barre abandonnée, s’y porte aussitôt, s’y cramponne et s’y maintient pendant 24 heures consécutives contre une mer déchaînée et sauve ainsi le navire en péril 2. »

Le 25 octobre 1930, le même journal titre : «  Il n’y a plus d’espoir  ! » Le bilan est terrible. Durant les trois jours de cette monstrueuse tempête d’équinoxe, 203 pêcheurs sont pris par la mer. De Douarnenez à Etel, les côtes bretonnes pleurent leurs morts. En une nuit, le petit port morbihannais a perdu presque autant d’hommes que pendant la Grande Guerre ; 72 au total. Dans le Finistère, Concarneau est le port le plus durement frappé avec 48 disparus.

L’émotion dépasse la Bretagne et le président du Conseil souhaite l’organisation d’une journée nationale le 30 novembre en faveur des 127 veuves et 191 orphelins éprouvés par la tragédie.

Fin octobre, le Yacht Club de France a réuni 10 000 francs pour en faire don aux familles touchées. Le 16 novembre, c’est finalement en première page que Le Courrier du Finistère annonce un crédit de huit millions alloués par le Gouvernement aux sinistrés bretons et à la veille de la journée du 30 novembre, le préfet du Finistère, Charles Vatrin, s’exprime par voie de presse : « Je vous remercie personnellement de toute action que vous voudrez bien exercer pour favoriser le succès d’une journée qui, par son caractère national, apportera à nos marins une aide matérielle et un réconfort moral des plus précieux 3. »

Cette tempête, événement tragique tombé dans l'oubli, compte pourtant parmi les plus meurtrières de la première moitié du XXe siècle. La presse ancienne conservée et numérisée par les Archives départementales du Finistère, à l’instar du titre Le Courrier du Finistère, permet de redécouvrir ces fragments d’histoire qui ont marqué notre territoire.

(1) Olivier de Kersauson et Jean Noli, Homme libre… toujours tu chériras la mer !, Paris : Éditions Fixot, 1994.

(2)« Appel aux Yachtmen » dans  Le Courrier du Finistère, 27 septembre 1930, p. 3.

(3) Charles Vatrin, « Une journée nationale pour les sinistrés de la tempête » dans Le Courrier du Finistère, 29 novembre 1930, p. 3.

À terre, même dans les moments les plus sombres, la vie recommence toujours le lendemain. En mer, lors d’une tempête, on éprouve un sentiment de piège pour l’éternité.
Mots clés

+ D’INFOS

Retrouvez la presse ancienne numérisée sur www.archives-finistere.fr

Kiosque

Nature et histoire

Les Glénan, histoire, mémoire et paysages

Edité par la réserve naturelle nationale de Saint-Nicolas des Glénan (29) et l’association Bretagne vivante.

Soixante quinze pages richement illustrées de photos, croquis, aquarelles et images d'époque qui invitent au voyage. Dépaysement total garanti : l’archipel et ses paysages sauvages ne sont pourtant situés qu’à seulement quelques milles nautiques au large du Finistère sud. 

L’archipel est composé de petits îlots formés autour de Saint-Nicolas, la seule île encore habitée.

Un ouvrage qui invite aussi à remonter le temps en revenant sur les traces de ceux qui habitaient autrefois l'archipel, à l’instar des goémoniers, soldats et gardiens de phare. Le temps d’une promenade, d'île en île, on découvre une partie des richesses de la faune et de la flore remarquablement mises en valeur. C’est également la découverte d’une nature préservée, parfois unique comme le narcisse des Glénan, fleur endémique des prairies de Saint-Nicolas, à l’origine de la création de la réserve. 

Mots clés

Vente en ligne sur le site de Bretagne vivante ou points de vente : 

  • Bretagne vivante Brest - 19 rue de Gouesnou 29200 Brest 
  • Maison de la mer de Trégunc - cale de Porz an Halen, 29910 Trégunc 

Bretagne Breizh

Chloé Batissou. Éditions Locus Solus

La Bretagne d’aujourd’hui s’offre au lecteur en près de 300 photographies de ses plus beaux paysages. Racontée et arpentée par Chloé Batissou, elle affiche aussi ses atouts de région de pointe au fil des quelque 190 pages.

La balade de Bob Kerjean

Hervé Bellec. Édition Georama

Dans un récit plein de surprises, Hervé Bellec remet son personnage de Bob Kerjean en selle pour un road trip à travers cette Bretagne historique qu’il chérit. 

300 ans d’hydrographie Française

Gilles Bessero, Hélène Richard. Éditions Locus Solus

Un petit livre passionnant et fort bien documenté qui condense 300 ans d’histoire technique et scientifique sur l’hydrographie - science qui traite du mesurage et de la description des éléments physiques des océans.

La mémoire des chevaux

Lucien Pouëdras, François de Beaulieu. Éditions Skol Vreizh

La place du cheval au sein du monde paysan avant l’industrialisation de l’agriculture. Les belles toiles de Lucien Pouëdras témoignent de la place qu’occupait l’animal dans la société.