Action

« Petits pas, Grands pas »

Plus proche des futurs parents

Expérimentée depuis 2018 sur une partie du territoire, la démarche « petits pas grands pas » vise à préparer au mieux les nouveaux parents par des visites à domicile et un accompagnement plus complet. Ce dispositif unique en France se met en place désormais dans tout le Finistère.

Louna est née il y a neuf mois, faisant le bonheur de Nelly sa maman. Élodie et Julien, eux ont attendu cinq ans et plusieurs FIV* avant que Shayana ne pointe le bout de son nez, il y a sept mois.

« Quand on devient parent pour la première fois, on a des appréhensions, on se demande si on fait bien les choses », souligne Nelly. « C'est important de pouvoir être accompagnés dans ces moments-là », précise Élodie. Pour répondre à leurs interrogations et préparer l'arrivée du bébé, les deux familles ont bénéficié de visites à domicile avant et après la naissance dans le cadre du dispositif « petits pas, grands pas », une démarche de prévention précoce initiée par l'ANISS**, qui vise à renforcer les compétences parentales. « Ce dispositif gratuit s'adresse aux parents se sentant seuls ou fragilisés par la grossesse et ressentant le besoin d'être soutenus. Encadré par une sage-femme et une puéricultrice, il permet de parler en toute confiance, d'être informé sur la grossesse, l'alimentation, l'évolution de l'enfant... et prévoit un temps d'activités, d'observations et d'échanges », souligne Anne-Marie Costiou, puéricultrice encadrante.

« Les professionnelles qui sont venues nous voir ont répondu à nos questions, à nos inquiétudes, nous ont donné de nombreux conseils, nous ont appris à jouer avec notre bébé. Ces échanges nous ont vraiment beaucoup aidés », apprécie Élodie. L'échange, c'est ce que Nelly a retenu : « C'est intéressant de discuter de l'évolution de son enfant car on a le regard de professionnelles. En tant que parent, on a plus de mal à prendre du recul. Ce qui est sûr, c'est que ces visites m'ont donné confiance en moi. » Inscrite au projet départemental 2016-2021 dans le schéma Enfance Famille Jeunesse, cette démarche novatrice a été expérimentée en 2018-2019 dans le Pays de Morlaix/COB et Landerneau auprès d'une centaine de familles. Elle se déploie désormais dans tout le département et devrait être appelée, dans les années à venir, à être généralisée au niveau national selon les recommandations du rapport d'une commission d'experts pour les « 1 000 premiers jours »***.

*FIV : fécondation in vitro

**ANISS : Agence des nouvelles interventions sociales et de santé

***Le rapport des « 1 000 premiers jours » dirigé par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik précise que les 1 000 premiers jours de l'enfant constituent une période essentielle pour son bon développement et sa construction.

« petits pas, grands pas », mode d'emploi

Vous attendez un enfant, vous vous sentez seul.e.s, vous avez besoin d'être aidé.e.s et accompagné.e.s, prenez contact avec les sages-femmes et les puéricultrices du CDAS le plus proche de chez vous.

Liste des CDAS sur www.finistere.fr 

Assistant familial

un métier passionnant

Patricia Gomet est assistante familiale à Plouhinec depuis quatre ans, un choix qu'elle ne regrette pas.

Patricia Gomet a choisi il y a quatre ans de devenir assistante familiale, après avoir travaillé de nuit pendant de nombreuses années au sein d'un EHPAD. « J'ai découvert ce métier par une amie de ma mère et cela m'a donné envie. Mais avant de m’y engager je voulais que mes quatre enfants soient suffisamment grands pour être capables d'être confrontés aux difficultés des enfants accueillis. » Pour Patricia, être assistante familiale est un métier qui ne doit pas être choisi à la légère. Plusieurs étapes sont nécessaires avant d'obtenir son agrément (rencontre avec des assistants familiaux, participation aux réunions d'information organisées par le Département, visite de la Protection maternelle et infantile, entretien familial avec un psychologue). « C'est important pour mûrir son projet, pour se projeter car toute la famille est impliquée par ce choix. »

Un travail d'équipe

En quatre ans, une vingtaine d'enfants ont posé leur lourd bagage dans le foyer de Patricia pour des périodes plus ou moins longues, en accueil permanent ou séquentiel. « Chaque enfant arrive avec son histoire. Notre rôle est de les accompagner, de leur créer un cadre sécurisant pour qu'ils puissent s'épanouir, » confie-t-elle.

Si Patricia est un véritable repère pour ces enfants, elle sait qu'elle n'est pas seule pour faire face aux difficultés qu'elle peut rencontrer : « C'est un véritable travail d'équipe avec les professionnels qui interviennent auprès d'eux. » À aucun moment, l'assistante familiale ne regrette ce choix, ni pour elle, ni pour sa famille : « J'ai de la chance car mon mari est très impliqué. Quant à mes enfants, cette expérience de vie les fait grandir. »

Et quand on lui demande le secret de ce métier, elle répond : « Il faut beaucoup d'humilité, être capable de garder de la distance pour ne pas se laisser envahir par ses émotions, tout en étant en empathie. Pour cela, il est nécessaire de se préserver des moments à soi. C'est un métier passionnant dans lequel je m'épanouis pleinement. »

Mots clés

Le Conseil départemental recrute

Le Conseil départemental recrute des assistants familiaux dans tout le département. Si ce métier vous intéresse il met à votre disposition un numéro vert, le 0 800 849 272. Des professionnels sont à votre écoute du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30 pour vous renseigner sur les missions et les conditions d'accès au métier. Des réunions d'information sont également organisées régulièrement dans tout le département.

+ D’INFOS SUR

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Prévenir les accidents domestiques

Preven'ty, à la rencontre des jeunes

Depuis le début de l'année, le SDIS29 dispose d'un camion aménagé en maison, appelé Preven'ty. Un outil pédagogique innovant pour prévenir les accidents domestiques. Une première en France !

Une petite hermine habillée d'une marinière est la nouvelle mascotte du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Finistère. Elle a élu domicile dans un camion de 7,5 tonnes aménagé en penty. À l’intérieur, une cuisine ouverte sur un salon, une chambre, une salle de bain et de nombreux accessoires dont une cheminée capable de diffuser de la fumée. Son rôle, inviter les enfants, les adolescents, les adultes dans un environnement familier pour être formés et informés sur les différents dangers, les risques, les conséquences et surtout les bons comportements à adopter en cas de feu ou d'accidents domestiques. Quand on sait qu'on en compte 4,5 millions par an en France, la prévention n'est pas inutile.

À l’origine de l'idée, le capitaine Vanessa Godfroy, responsable du service information préventive du SDIS 29 : « J'ai eu l'opportunité d'aller à la Fire School de Philadelphie aux États-Unis. Là-bas, de nombreux véhicules pédagogiques sillonnent le pays pour faire de la prévention. Mais en France, il n'en existe pas. J'ai proposé l'idée au SDIS du Finistère qui l'a tout de suite approuvée. »

D'un montant de 160 000 euros, l'aménagement du camion a été financé à 75 % par le Département et le SDIS et à 25 % par la Fondation du Crédit Agricole.

Les enfants de six à onze ans comme cœur de cible

Inauguré en décembre 2019, Preven'ty a véritablement commencé sa mission fin septembre. Chaque semaine, le véhicule et trois formateurs, sur les trente-six formés, sillonne les routes du Finistère pour s'arrêter dans des écoles et rencontrer les enfants de six à onze ans, public prioritaire de l'action.

« Un programme quinquennal a été mis en place qui permettra aux 530 écoles du département de recevoir la visite de Préven'ty », précise la capitaine. 

« L'objectif avec les enfants est de leur apprendre à ne pas paniquer et à savoir réagir en cas d'incendie », poursuit-elle.

Béatrice Neveu, enseignante à l'école de Dinéault qui a reçu la visite de Preven'ty, est enthousiaste : « Le concept est très enrichissant car les choses sont concrètes pour les enfants, avec une mise en situation. Ils sont fiers de pouvoir repartir avec un diplôme qu'ils pourront montrer à leurs parents. »

Pour Vanessa Godfroy, ce lien avec la famille est essentiel : « Les enfants sont les principaux prescripteurs auprès des parents. »

Si 60 % de l'action sont destinés aux scolaires, 40 % visent le tout public. Là, Preven'ty s'installe à la demande, dans des forums, des festivals… et axe son message sur la prévention des accidents domestiques grâce à un jeu des sept erreurs.

Gestion de l’eau potable

Un approvisionnement en eau sécurisé

Eau potable : le rôle clé du Département

Facilement renvoyée vers un débat d’experts, la question de la gestion de l’eau comprend des dimensions politiques et sociales majeures. Longtemps abordée comme une simple ressource, l’eau est un enjeu environnemental mais également d’aménagement et de développement économique. Depuis 2015 et d'ici à 2026, les communautés de communes sont appelées à prendre la compétence "eau potable". En Finistère, 15 d'entre elles (sur 21) ont opéré ce transfert. Les autres acteurs de la production et de la distribution de l'eau sont des syndicats et des communes.

Dans ce paysage, le Conseil départemental joue auprès de l'ensemble de ces acteurs un rôle stratégique. Il accompagne techniquement et financièrement les collectivités. Il anime le schéma départemental d’alimentation en eau potable du Finistère (SDAEP) reconnu comme un véritable guide d’actions par les collectivités.

L'accès à l'eau potable n'est pas un acquis

Il paraît inconcevable pour les habitantes et habitants de ne pas avoir d’eau qui coule du robinet. Et pourtant, à bien considérer la question, l'accès à l'eau potable n'est pas un acquis. En 2014, 25 % de la population finistérienne était encore considérée comme non sécurisée face à un risque de rupture d'alimentation en eau. Avec 150 millions d'euros programmés, le schéma départemental (2014-2030) se fixe, entre autres, l'objectif de sécuriser la totalité des Finistériens d'ici à 2030. En 2020, 70 % des actions inscrites en ce sens ont déjà été engagées ou finalisées. Il s'agit d'intervenir pour améliorer le fonctionnement des usines, de créer des nouvelles ressources, des interconnexions ou des réservoirs.

Problématiques et défis de demain

En Finistère, les ressources en eau proviennent à 70 % de prises d'eau ou de cours d'eau (36), et à 30 % de capteurs de forage (265). Pour arriver au robinet, il est nécessaire de traiter l’eau brute, de la transporter, de la stocker et de la distribuer et ensuite de collecter les eaux usées, de l’épurer avant rejet au milieu naturel. Un des enjeux est d'améliorer le rendement global des 20 500 km de réseaux enterrés qui achemine l'eau. Grâce aux travaux engagés ces dernières années, ce rendement est passé de 79 à 82 % entre 2011 et 2017. Autre enjeu, celui du coût de l'eau. Il n'est pas le même partout en Finistère. Il peut varier selon les communes avec un prix moyen de 2,19 euros TTC/m3. Chaque producteur d'eau fixe son prix selon ses ressources mais aussi son programme d'investissement. 

Les sécheresses de 2003 et 2011 en Finistère ont servi de références pour élaborer le cadre d'action de l'actuel schéma départemental et dimensionner les infrastructures nécessaires. La situation atypique de la sécheresse de l’hiver 2016-2017 et les fortes inquiétudes sur les ressources en eau disponibles ont conduit le Département à s’interroger sur les conséquences du changement climatique, en mesurer les impacts et à s’intéresser aux solutions et leviers de solidarité pour garantir un accès à l’eau pour tous. Une réunion s’est tenue à Pleyben le 26 novembre 2019 pour partager ces enjeux devant 180 personnes et lancer collectivement le projet Finistère Eau Potable 2050 pour répondre aux défis de demain.