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Finistère

le service public départemental face à la crise sanitaire

Face à la crise sanitaire liée à la Covid-19, le Département maintient son engagement auprès des plus fragiles. Interview de Nathalie Sarrabezolles, présidente du Conseil départemental.

Comment le Conseil départemental s’est-il adapté à la crise sanitaire liée à la Covid-19  ?

Comme beaucoup de collectivités, le Conseil départemental a su s’adapter très vite à la situation. Nous avions prévu ce confinement éventuel en suivant l’actualité internationale. Nous avons donc pu être réactifs. Nous avons travaillé sur un plan de continuité d’activité autour de notre préoccupation majeure : continuer à assurer notre appui au quotidien des Finistériennes et des Finistériens. Le Conseil départemental a en particulier comme mission l’accompagnement des personnes les plus fragiles. Et nous savons que dans les situations de crise, c’est encore plus difficile pour elles et pour leurs familles. De nouvelles familles se retrouvent également en difficulté. Il y avait cette préoccupation forte de notre part.

Comment avez-vous travaillé avec vos partenaires pour la gestion de cette crise  ?

Nous avons travaillé en interaction avec nos partenaires. Je me suis positionnée depuis le début de crise sur une offre de service partenariale, à l’échelle finistérienne, demandant par exemple la mise en place d’une cellule départementale de coordination. Nous avons ainsi pu travailler étroitement avec la Direction départementale de la cohésion sociale, avec l’ARS et avec d’autres collectivités, comme avec Brest Métropole par exemple pour soutenir les personnes sans domicile fixe ou en grande difficulté sociale.

Quelles ont été les priorités du Département pendant le confinement  ?

Nous avons élaboré un plan de continuité d’activité axé sur le quotidien des habitantes et habitants de ce département : alimentation, logement, éducation, appui particulier aux personnes en situation de handicap, aux personnes âgées. Les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ont été notre priorité : confiés au Département ou suivis dans leur famille, les enfants requièrent une attention particulière. Les centres départementaux d’action sociale (CDAS), la protection maternelle et infantile (PMI) et la Direction de l’insertion 

ont également été priorisés. Notre service des ressources internes a été très mobilisé. Ses agents ont par exemple organisé la distribution et la livraison des masques achetés par le Conseil départemental aux services d’aide à domicile (SAAD) dans tout le Finistère. Par ailleurs, tous les services d’urgence et d’appui ont été maintenus. Une partie des agents a pu continuer à travailler en étant physiquement présents, avec de nouvelles organisations et des équipements de protection. Le télétravail a également bien fonctionné. Le service public a été assuré.

Comment le Département prépare-t-il les conséquences de la crise sanitaire  ?

Face aux nouvelles difficultés, nous avons déjà créé un certain nombre de dispositifs et mis en œuvre des assouplissements, particulièrement pour les demandes d’aide alimentaire et d’aide au quotidien pour les personnes les plus en difficulté. Nous créons aussi des cellules d’appui pour les locataires, avec des solutions pour les aider à faire face à leurs frais. Nos échanges avec les établissements médico-sociaux (EHPAD, foyers…), pour lesquels nous sommes autorité de tutelle, seuls ou avec l’ARS, nous ont permis de connaître les actions qu’ils ont engagées, d’identifier leurs besoins pour mieux les soutenir et les aider. La crise sanitaire a des conséquences fortes. Il va falloir trouver des réponses aux problématiques posées. Avec l’Assemblée des Départements de France, je suis en lien étroit avec le Gouvernement et l’État, pour définir qui fait quoi, et surtout avec quels moyens. Il est illusoire de croire qu’il sera possible de faire plus sans ressources humaines et financières nouvelles. Il y a de vrais sujets de crise à traiter et aussi de vrais sujets d’après-crise. Nous avons vu à quel point la précarité, dans laquelle vivent nombre d’habitantes et d’habitants de ce département, amène de la fragilité dans le quotidien. Je pense qu’il faut engager une réflexion plus globale et non simplement corriger les effets de la crise sanitaire. Pour cela, le Département est prêt. Nous avons travaillé à des propositions pour avancer sur ce chemin. 

La crise sanitaire et le confinement

merci !

La crise sanitaire que nous avons traversée a été très éprouvante, en particulier pour les personnes les plus fragiles. Mais les Finistériennes et les Finistériens ont compris l’ampleur des enjeux du confinement et ont fait preuve d’un comportement exemplaire, en poursuivant leurs activités pour certains, et en innovant dans la solidarité pour d’autres.

Témoignage: Marc Labbey, Vice-président du Conseil départemental du Finistère et président de la commission solidarités, enfance, famille

Notre pays traverse une crise sanitaire sans précédent qui génère de grandes difficultés. Une nouvelle fois, le Finistère a démontré qu’il est une terre solidaire : les actions individuelles ou collectives, associatives ou portées par les pouvoirs publics, ont foisonné pour apporter des réponses aux personnes isolées, pour accompagner les enfants dans leurs apprentissages, pour lutter contre la précarité alimentaire… Nous pouvons collectivement saluer toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés pour soutenir leurs proches, leurs voisins… Nombre de Finistériennes et Finistériens ont contribué à amoindrir les effets de la crise : je tiens à les remercier pour ces actes citoyens.

Mots clés

Des moyens supplémentaires engagés par le Département

Pour faire face à la crise sanitaire liée à la Covid-19, le Conseil départemental a engagé des moyens supplémentaires. Et notamment :

  • 1,9 M€ pour les services d’aide à domicile (SAAD)
  • 1,8 M€ pour le fonds régional Covid résistance
  • 3 M€ d’augmentation des fonds alloués au revenu de solidarité active (RSA), dont une partie est liée à la crise de la Covid-19.

Le Département a également acquis des masques chirurgicaux, FFP2 ou en tissus, selon les besoins, soit un total de 453 000 masques, pour un montant de 581 463 euros.

Personnels soignants et offre de soins dans le Finistère

Tous mobilisés !

Les personnels soignants ont été fortement mobilisés lors de cette crise sanitaire liée à la Covid-19. Le point à l’issue de la période de confinement, fin mai.

Trois hôpitaux mobilisés dans le Finistère

Dans chaque département, des établissements de 1re ligne et de 2e ligne ont été identifiés. Pour le Finistère, le CHRU de Brest était en 1re ligne, le CHIC de Quimper puis le CHPM de Morlaix en 2e ligne. L’Hôpital d’instruction des armées de Brest a également pris en charge des malades Covid-19.

Dès la mi-février, l’accueil et la prise en charge des personnes présentant des symptômes de la Covid-19 s’est faite à l’hôpital, avec pour principe la séparation des groupes, pour que les patients suspects ne croisent jamais les non-Covid dans l’établissement de santé.

Six centres de consultation dédiés, toujours en veille

Pendant la crise sanitaire, la plupart des cabinets libéraux n'ont pas souhaité prendre en charge les malades Covid-19. Des centres de consultation dédiés ont ainsi été ouverts. « Nous avons eu jusqu’à 12 projets dans le Finistère. Six centres ont fonctionné, à Brest, Saint-Renan, Ploudalmézeau, Quimper, Douarnenez et Plouhinec, jusque la fin du mois d’avril. Ils sont aujourd’hui à l’arrêt faute de demandes, mais restent en veille », explique Jean-Paul Mongeat. 

46 patients d’autres départements accueillis en réanimation

Entre février et mars, la capacité maximum de lits en réanimation atteignait 158 lits dans le Finistère, contre 68 habituellement (chiffres ARS du 27/05/2020). 

« Ces capacités de réanimation ont été calibrées par rapport à un afflux potentiel. Dans notre département, on n’a jamais saturé les capacités supplémentaires mises en place. Comme le virus n’a pas circulé très activement, on a pu accueillir 46 patients de l’est de la France et d’Île-de-France », précise Jean-Paul Mongeat (photo ci-dessus), directeur de la délégation départementale du Finistère pour l’ARS (Agence régionale de la santé). 

Mots clés

Dépistage : une capacité de 900 analyses par jour

« En février, seul l’Institut Pasteur, à Paris, pouvait faire les analyses virologiques et confirmer un cas de Covid-19 », rappelle Jean-Paul Mongeat. Aujourd’hui, dans le département, les laboratoires du CHIC et du CHRU, ainsi que trois laboratoires privés et Labocea peuvent faire des analyses. « Nous avons une capacité de 900 analyses par jour, dans le Finistère, et plus de 30 points pour se faire dépister. » Rappelons que le dépistage se fait par prélèvement nasopharyngique, avant une analyse en laboratoire, et uniquement sur prescription médicale. 

Le site sante.fr permet de trouver le centre de dépistage le plus proche de chez soi.

EHPAD de Crozon

« Le lien social JAMAIS ROMPU »

Comment vit-on un confinement forcé ? Julie Cottenceau, directrice déléguée du Centre hospitalier de la presqu’île de Crozon raconte.

« Avant le 7 mars, j'étais directrice d'un lieu de vie ouvert sur l'extérieur, en plein cœur de Crozon. Du jour au lendemain, j'ai changé de métier. » Julie Cottenceau directrice de l'EHPAD* de Crozon, établissement en direction commune avec le CHRU de Brest n'aurait jamais imaginé une telle situation.

Dès le 7 mars, les visites ont été suspendues et à partir de la mi-mars les cent cinquante résident·e·s et les patient·e·s de médecine et de soins de suite et de réadaptation se sont retrouvé·e·s confiné·e·s en chambre dans des services sectorisés. « Pour éviter la transmission, nous avons fait en sorte que la plupart des soignant·e·s voit le moins de résident·e·s possible. Nous avons aussi dédié un secteur à la Covid pour isoler les résidents qui pouvaient présenter des symptômes. Fort heureusement, nous n'avons eu aucun cas parmi ces derniers. »

Pour la directrice déléguée, le plus important a été de ne jamais rompre le lien social pour éviter le glissement vers la dépression de certain·e·s : « Nous avons continué des activités individuelles, utilisé un logiciel de messagerie vidéo pour que les résident·e·s restent en contact avec l'extérieur, mis en place une gazette des familles, travailler à l'écriture d'une chanson pour mettre des mots sur le confinement. La communication est fondamentale dans une telle situation. »

L'accompagnement du personnel soignant a aussi été pris en compte : « Nous avons recruté, en lien avec l'hôpital de Landerneau, une psychologue du travail ».

De cette période anxiogène, Julie Cottenceau retiendra notamment l'élan de solidarité des acteurs du territoire qu'elle remercie : « On a reçu des masques, des visières, des fleurs, des chocolats à Pâques, des pizzas pour les professionnel·le·s. Ces gestes ont contribué à préserver le moral de tous. »

*EHPAD : Établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes

**CHRU : Centre hospitalier régional et universitaire

penn ar bEd

l’édition de mars diffusée en juillet

La crise sanitaire et la période de confinement, mise en place dès la mi-mars, ont empêché la diffusion de l’édition de mars du magazine Penn ar bed. Ce numéro, imprimé juste avant le début de la crise, mettait en valeur plusieurs événements finistériens, désormais annulés, dans les domaines du sport, de la culture et du patrimoine maritime : la Transat AG2R La Mondiale, The Transat CIC, les fêtes maritimes de Brest et de Douarnenez et les grandes expositions culturelles. Cette édition de mars, qui contient des informations utiles, notamment sur l’accompagnement du handicap, sera distribuée en même temps que l’édition de juillet, dans laquelle vous pourrez découvrir de nombreuses idées de sorties (expos, activités nautiques, balades et randos…), adaptées aux nouvelles contraintes sanitaires.

ROUTES

Les agents du Département mobilisés

Durant la période de confinement, les services départementaux ont maintenu la surveillance du réseau routier ainsi que leurs interventions sur les accidents ou incidents routiers, permettant ainsi aux Finistériens et Finistériennes de continuer à se déplacer dans des conditions optimales. Pour assurer la sécurité et la protection de ses agents dans ce contexte de crise sanitaire, le Conseil départemental a adapté l'organisation de ses services et continue aujourd'hui d'appliquer des mesures sanitaires strictes. Un référent Covid-19 a également été désigné pour veiller à l'application de ces mesures par les entreprises intervenant sur les chantiers qui ont redémarré à la fin du confinement. Les agents d'exploitation de la route ont ainsi repris leurs activités d’entretien des chaussées (curage, élagage, tonte…). Les chantiers d'enrobés et les aménagements de modernisation du réseau sont repartis progressivement, en lien avec les entreprises de BTP, en ciblant les interventions les plus urgentes pour la sécurité des usagers de la route. Des réflexions sont en cours pour des aménagements provisoires ou renforcés en faveur de la pratique du vélo, afin de diversifier les modes de déplacement. Pour suivre les chantiers départementaux et connaître les incidences sur le trafic routier, rendez-vous sur Inforoute29, sur twitter, alertes mails et désormais sur Waze.

Aide sociale à l’enfance

Devenez famille de vacances !

Vous êtes célibataire ou en couple, avec ou sans enfant et souhaitez accueillir, pendant quelques jours de vacances, un enfant ou un adolescent confié à l'aide sociale à l'enfance du Finistère ? Alors devenez « famille de vacances  ! » Une façon de faire découvrir à ce jeune un cadre de vie différent (sur votre lieu de vacances ou à votre domicile habituel), de partager avec lui des activités, et de nouer ensemble des relations qui vous enrichiront mutuellement.

Inscription et + D’INFOS

LABOCEA

Un laboratoire public qui s’adapte

LABOCEA, laboratoire porté par les Départements du Finistère, des Côtes d’Armor, d’Ille et Vilaine et Brest Métropole, habituellement spécialisé dans les domaines de la santé animale, végétale ou environnementale, a mis son expertise et ses moyens pour faire face à la Covid-19. « Nous avions les capacités de produire du gel hydroalcoolique, dont la formule a été rendue publique, explique Éric Laporte, directeur général de LABOCEA. Dès la fin mars, nous avons commencé à en produire. » En petites quantités d’abord, puis en partenariat avec un industriel. Plusieurs dizaines de milliers de litres ont été vendus à des prix inférieurs au tarif maximum autorisé, « pour rester le plus accessible possible ». Appuyé par les présidents des conseils départementaux et de Brest Métropole auprès du ministre de la Santé, LABOCEA a également été retenu pour réaliser les analyses par tests virologiques. Par décret du 5 avril et suite à autorisation préfectorale, il a ainsi signé une convention avec 15 laboratoires de Bretagne, dont trois dans le Finistère. LABOCEA a aujourd’hui une capacité de traitement de 2 000 échantillons par jour, la plus grosse capacité en Bretagne après le CHRU de Rennes.

Déplacements

OuestGo, le covoiturage en sécurité

Et si dans vos déplacements du quotidien, vous passiez de la voiture solo au mode duo  ? Pour cela, rendez-vous sur www.ouestgo.fr, le site public de covoiturage du Grand Ouest. De nombreuses offres de covoiturage y sont proposées et des covoitureurs solidaires recherchés, pour offrir des solutions de mobilité à celles et ceux qui en sont éloignés. Suite à la Covid-19, la pratique du covoiturage doit respecter les gestes de protection suivants : « Le conducteur est le seul autorisé à s’installer à l’avant du véhicule, avec un seul passager admis à l’arrière. Le véhicule doit être en permanence aéré. Le propriétaire doit désinfecter quotidiennement sa voiture. Enfin, le port du masque est obligatoire dans les transports en commun et les véhicules de covoiturage pour tout passager de onze ans ou plus. » Sur OuestGo et avec E-Hop, activateur de covoiturage solidaire, on ne se serre pas la main, on se serre les coudes  !