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Finistère

le service public départemental face à la crise sanitaire

Face à la crise sanitaire liée à la Covid-19, le Département maintient son engagement auprès des plus fragiles. Interview de Nathalie Sarrabezolles, présidente du Conseil départemental.

Comment le Conseil départemental s’est-il adapté à la crise sanitaire liée à la Covid-19  ?

Comme beaucoup de collectivités, le Conseil départemental a su s’adapter très vite à la situation. Nous avions prévu ce confinement éventuel en suivant l’actualité internationale. Nous avons donc pu être réactifs. Nous avons travaillé sur un plan de continuité d’activité autour de notre préoccupation majeure : continuer à assurer notre appui au quotidien des Finistériennes et des Finistériens. Le Conseil départemental a en particulier comme mission l’accompagnement des personnes les plus fragiles. Et nous savons que dans les situations de crise, c’est encore plus difficile pour elles et pour leurs familles. De nouvelles familles se retrouvent également en difficulté. Il y avait cette préoccupation forte de notre part.

Comment avez-vous travaillé avec vos partenaires pour la gestion de cette crise  ?

Nous avons travaillé en interaction avec nos partenaires. Je me suis positionnée depuis le début de crise sur une offre de service partenariale, à l’échelle finistérienne, demandant par exemple la mise en place d’une cellule départementale de coordination. Nous avons ainsi pu travailler étroitement avec la Direction départementale de la cohésion sociale, avec l’ARS et avec d’autres collectivités, comme avec Brest Métropole par exemple pour soutenir les personnes sans domicile fixe ou en grande difficulté sociale.

Quelles ont été les priorités du Département pendant le confinement  ?

Nous avons élaboré un plan de continuité d’activité axé sur le quotidien des habitantes et habitants de ce département : alimentation, logement, éducation, appui particulier aux personnes en situation de handicap, aux personnes âgées. Les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ont été notre priorité : confiés au Département ou suivis dans leur famille, les enfants requièrent une attention particulière. Les centres départementaux d’action sociale (CDAS), la protection maternelle et infantile (PMI) et la Direction de l’insertion 

ont également été priorisés. Notre service des ressources internes a été très mobilisé. Ses agents ont par exemple organisé la distribution et la livraison des masques achetés par le Conseil départemental aux services d’aide à domicile (SAAD) dans tout le Finistère. Par ailleurs, tous les services d’urgence et d’appui ont été maintenus. Une partie des agents a pu continuer à travailler en étant physiquement présents, avec de nouvelles organisations et des équipements de protection. Le télétravail a également bien fonctionné. Le service public a été assuré.

Comment le Département prépare-t-il les conséquences de la crise sanitaire  ?

Face aux nouvelles difficultés, nous avons déjà créé un certain nombre de dispositifs et mis en œuvre des assouplissements, particulièrement pour les demandes d’aide alimentaire et d’aide au quotidien pour les personnes les plus en difficulté. Nous créons aussi des cellules d’appui pour les locataires, avec des solutions pour les aider à faire face à leurs frais. Nos échanges avec les établissements médico-sociaux (EHPAD, foyers…), pour lesquels nous sommes autorité de tutelle, seuls ou avec l’ARS, nous ont permis de connaître les actions qu’ils ont engagées, d’identifier leurs besoins pour mieux les soutenir et les aider. La crise sanitaire a des conséquences fortes. Il va falloir trouver des réponses aux problématiques posées. Avec l’Assemblée des Départements de France, je suis en lien étroit avec le Gouvernement et l’État, pour définir qui fait quoi, et surtout avec quels moyens. Il est illusoire de croire qu’il sera possible de faire plus sans ressources humaines et financières nouvelles. Il y a de vrais sujets de crise à traiter et aussi de vrais sujets d’après-crise. Nous avons vu à quel point la précarité, dans laquelle vivent nombre d’habitantes et d’habitants de ce département, amène de la fragilité dans le quotidien. Je pense qu’il faut engager une réflexion plus globale et non simplement corriger les effets de la crise sanitaire. Pour cela, le Département est prêt. Nous avons travaillé à des propositions pour avancer sur ce chemin. 

La crise sanitaire et le confinement

merci !

La crise sanitaire que nous avons traversée a été très éprouvante, en particulier pour les personnes les plus fragiles. Mais les Finistériennes et les Finistériens ont compris l’ampleur des enjeux du confinement et ont fait preuve d’un comportement exemplaire, en poursuivant leurs activités pour certains, et en innovant dans la solidarité pour d’autres.

Témoignage: Marc Labbey, Vice-président du Conseil départemental du Finistère et président de la commission solidarités, enfance, famille

Notre pays traverse une crise sanitaire sans précédent qui génère de grandes difficultés. Une nouvelle fois, le Finistère a démontré qu’il est une terre solidaire : les actions individuelles ou collectives, associatives ou portées par les pouvoirs publics, ont foisonné pour apporter des réponses aux personnes isolées, pour accompagner les enfants dans leurs apprentissages, pour lutter contre la précarité alimentaire… Nous pouvons collectivement saluer toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés pour soutenir leurs proches, leurs voisins… Nombre de Finistériennes et Finistériens ont contribué à amoindrir les effets de la crise : je tiens à les remercier pour ces actes citoyens.

Mots clés

Des moyens supplémentaires engagés par le Département

Pour faire face à la crise sanitaire liée à la Covid-19, le Conseil départemental a engagé des moyens supplémentaires. Et notamment :

  • 1,9 M€ pour les services d’aide à domicile (SAAD)
  • 1,8 M€ pour le fonds régional Covid résistance
  • 3 M€ d’augmentation des fonds alloués au revenu de solidarité active (RSA), dont une partie est liée à la crise de la Covid-19.

Le Département a également acquis des masques chirurgicaux, FFP2 ou en tissus, selon les besoins, soit un total de 453 000 masques, pour un montant de 581 463 euros.

Personnels soignants et offre de soins dans le Finistère

Tous mobilisés !

Les personnels soignants ont été fortement mobilisés lors de cette crise sanitaire liée à la Covid-19. Le point à l’issue de la période de confinement, fin mai.

Trois hôpitaux mobilisés dans le Finistère

Dans chaque département, des établissements de 1re ligne et de 2e ligne ont été identifiés. Pour le Finistère, le CHRU de Brest était en 1re ligne, le CHIC de Quimper puis le CHPM de Morlaix en 2e ligne. L’Hôpital d’instruction des armées de Brest a également pris en charge des malades Covid-19.

Dès la mi-février, l’accueil et la prise en charge des personnes présentant des symptômes de la Covid-19 s’est faite à l’hôpital, avec pour principe la séparation des groupes, pour que les patients suspects ne croisent jamais les non-Covid dans l’établissement de santé.

Six centres de consultation dédiés, toujours en veille

Pendant la crise sanitaire, la plupart des cabinets libéraux n'ont pas souhaité prendre en charge les malades Covid-19. Des centres de consultation dédiés ont ainsi été ouverts. « Nous avons eu jusqu’à 12 projets dans le Finistère. Six centres ont fonctionné, à Brest, Saint-Renan, Ploudalmézeau, Quimper, Douarnenez et Plouhinec, jusque la fin du mois d’avril. Ils sont aujourd’hui à l’arrêt faute de demandes, mais restent en veille », explique Jean-Paul Mongeat. 

46 patients d’autres départements accueillis en réanimation

Entre février et mars, la capacité maximum de lits en réanimation atteignait 158 lits dans le Finistère, contre 68 habituellement (chiffres ARS du 27/05/2020). 

« Ces capacités de réanimation ont été calibrées par rapport à un afflux potentiel. Dans notre département, on n’a jamais saturé les capacités supplémentaires mises en place. Comme le virus n’a pas circulé très activement, on a pu accueillir 46 patients de l’est de la France et d’Île-de-France », précise Jean-Paul Mongeat (photo ci-dessus), directeur de la délégation départementale du Finistère pour l’ARS (Agence régionale de la santé). 

Mots clés

Dépistage : une capacité de 900 analyses par jour

« En février, seul l’Institut Pasteur, à Paris, pouvait faire les analyses virologiques et confirmer un cas de Covid-19 », rappelle Jean-Paul Mongeat. Aujourd’hui, dans le département, les laboratoires du CHIC et du CHRU, ainsi que trois laboratoires privés et Labocea peuvent faire des analyses. « Nous avons une capacité de 900 analyses par jour, dans le Finistère, et plus de 30 points pour se faire dépister. » Rappelons que le dépistage se fait par prélèvement nasopharyngique, avant une analyse en laboratoire, et uniquement sur prescription médicale. 

Le site sante.fr permet de trouver le centre de dépistage le plus proche de chez soi.

EHPAD de Crozon

« Le lien social JAMAIS ROMPU »

Comment vit-on un confinement forcé ? Julie Cottenceau, directrice déléguée du Centre hospitalier de la presqu’île de Crozon raconte.

« Avant le 7 mars, j'étais directrice d'un lieu de vie ouvert sur l'extérieur, en plein cœur de Crozon. Du jour au lendemain, j'ai changé de métier. » Julie Cottenceau directrice de l'EHPAD* de Crozon, établissement en direction commune avec le CHRU de Brest n'aurait jamais imaginé une telle situation.

Dès le 7 mars, les visites ont été suspendues et à partir de la mi-mars les cent cinquante résident·e·s et les patient·e·s de médecine et de soins de suite et de réadaptation se sont retrouvé·e·s confiné·e·s en chambre dans des services sectorisés. « Pour éviter la transmission, nous avons fait en sorte que la plupart des soignant·e·s voit le moins de résident·e·s possible. Nous avons aussi dédié un secteur à la Covid pour isoler les résidents qui pouvaient présenter des symptômes. Fort heureusement, nous n'avons eu aucun cas parmi ces derniers. »

Pour la directrice déléguée, le plus important a été de ne jamais rompre le lien social pour éviter le glissement vers la dépression de certain·e·s : « Nous avons continué des activités individuelles, utilisé un logiciel de messagerie vidéo pour que les résident·e·s restent en contact avec l'extérieur, mis en place une gazette des familles, travailler à l'écriture d'une chanson pour mettre des mots sur le confinement. La communication est fondamentale dans une telle situation. »

L'accompagnement du personnel soignant a aussi été pris en compte : « Nous avons recruté, en lien avec l'hôpital de Landerneau, une psychologue du travail ».

De cette période anxiogène, Julie Cottenceau retiendra notamment l'élan de solidarité des acteurs du territoire qu'elle remercie : « On a reçu des masques, des visières, des fleurs, des chocolats à Pâques, des pizzas pour les professionnel·le·s. Ces gestes ont contribué à préserver le moral de tous. »

*EHPAD : Établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes

**CHRU : Centre hospitalier régional et universitaire

penn ar bEd

l’édition de mars diffusée en juillet

La crise sanitaire et la période de confinement, mise en place dès la mi-mars, ont empêché la diffusion de l’édition de mars du magazine Penn ar bed. Ce numéro, imprimé juste avant le début de la crise, mettait en valeur plusieurs événements finistériens, désormais annulés, dans les domaines du sport, de la culture et du patrimoine maritime : la Transat AG2R La Mondiale, The Transat CIC, les fêtes maritimes de Brest et de Douarnenez et les grandes expositions culturelles. Cette édition de mars, qui contient des informations utiles, notamment sur l’accompagnement du handicap, sera distribuée en même temps que l’édition de juillet, dans laquelle vous pourrez découvrir de nombreuses idées de sorties (expos, activités nautiques, balades et randos…), adaptées aux nouvelles contraintes sanitaires.

ROUTES

Les agents du Département mobilisés

Durant la période de confinement, les services départementaux ont maintenu la surveillance du réseau routier ainsi que leurs interventions sur les accidents ou incidents routiers, permettant ainsi aux Finistériens et Finistériennes de continuer à se déplacer dans des conditions optimales. Pour assurer la sécurité et la protection de ses agents dans ce contexte de crise sanitaire, le Conseil départemental a adapté l'organisation de ses services et continue aujourd'hui d'appliquer des mesures sanitaires strictes. Un référent Covid-19 a également été désigné pour veiller à l'application de ces mesures par les entreprises intervenant sur les chantiers qui ont redémarré à la fin du confinement. Les agents d'exploitation de la route ont ainsi repris leurs activités d’entretien des chaussées (curage, élagage, tonte…). Les chantiers d'enrobés et les aménagements de modernisation du réseau sont repartis progressivement, en lien avec les entreprises de BTP, en ciblant les interventions les plus urgentes pour la sécurité des usagers de la route. Des réflexions sont en cours pour des aménagements provisoires ou renforcés en faveur de la pratique du vélo, afin de diversifier les modes de déplacement. Pour suivre les chantiers départementaux et connaître les incidences sur le trafic routier, rendez-vous sur Inforoute29, sur twitter, alertes mails et désormais sur Waze.

Aide sociale à l’enfance

Devenez famille de vacances !

Vous êtes célibataire ou en couple, avec ou sans enfant et souhaitez accueillir, pendant quelques jours de vacances, un enfant ou un adolescent confié à l'aide sociale à l'enfance du Finistère ? Alors devenez « famille de vacances  ! » Une façon de faire découvrir à ce jeune un cadre de vie différent (sur votre lieu de vacances ou à votre domicile habituel), de partager avec lui des activités, et de nouer ensemble des relations qui vous enrichiront mutuellement.

Inscription et + D’INFOS

LABOCEA

Un laboratoire public qui s’adapte

LABOCEA, laboratoire porté par les Départements du Finistère, des Côtes d’Armor, d’Ille et Vilaine et Brest Métropole, habituellement spécialisé dans les domaines de la santé animale, végétale ou environnementale, a mis son expertise et ses moyens pour faire face à la Covid-19. « Nous avions les capacités de produire du gel hydroalcoolique, dont la formule a été rendue publique, explique Éric Laporte, directeur général de LABOCEA. Dès la fin mars, nous avons commencé à en produire. » En petites quantités d’abord, puis en partenariat avec un industriel. Plusieurs dizaines de milliers de litres ont été vendus à des prix inférieurs au tarif maximum autorisé, « pour rester le plus accessible possible ». Appuyé par les présidents des conseils départementaux et de Brest Métropole auprès du ministre de la Santé, LABOCEA a également été retenu pour réaliser les analyses par tests virologiques. Par décret du 5 avril et suite à autorisation préfectorale, il a ainsi signé une convention avec 15 laboratoires de Bretagne, dont trois dans le Finistère. LABOCEA a aujourd’hui une capacité de traitement de 2 000 échantillons par jour, la plus grosse capacité en Bretagne après le CHRU de Rennes.

Déplacements

OuestGo, le covoiturage en sécurité

Et si dans vos déplacements du quotidien, vous passiez de la voiture solo au mode duo  ? Pour cela, rendez-vous sur www.ouestgo.fr, le site public de covoiturage du Grand Ouest. De nombreuses offres de covoiturage y sont proposées et des covoitureurs solidaires recherchés, pour offrir des solutions de mobilité à celles et ceux qui en sont éloignés. Suite à la Covid-19, la pratique du covoiturage doit respecter les gestes de protection suivants : « Le conducteur est le seul autorisé à s’installer à l’avant du véhicule, avec un seul passager admis à l’arrière. Le véhicule doit être en permanence aéré. Le propriétaire doit désinfecter quotidiennement sa voiture. Enfin, le port du masque est obligatoire dans les transports en commun et les véhicules de covoiturage pour tout passager de onze ans ou plus. » Sur OuestGo et avec E-Hop, activateur de covoiturage solidaire, on ne se serre pas la main, on se serre les coudes  ! 

Action

Personnes âgées, personnes en situation de handicap

INGÉNIOSITÉ ET SOLIDARITÉ

Confinement en chambre, arrêt des activités collectives, port du masque obligatoire... Ces mesures, souvent difficiles à supporter par les résidents, ont été mises en place au début du mois de mars (elles restent en partie valables) dans les structures qui accueillent personnes âgées et personnes en situation de handicap. Des mesures que les personnels des différents établissements ont eu à cœur de rendre le plus vivable possible en faisant preuve d'une grande capacité d'adaptation et de beaucoup d'ingéniosité.  C’est le constat qu’a fait Jean-Paul Mongeat, directeur de la délégation territoriale de l'Agence régionale de santé. Un constat partagé par Yannick Arzel, directeur des Genêts d’or. L’association, qui emploie 1 800 personnes dans le Finistère, est responsable du bon fonctionnement de 35 sites (accueil de jour, semi-internat, foyer d’hébergement, Esat**, Savs***, Ehpad). Parmi eux, l’Ehpad des 4 moulins à Brest a particulièrement été touché par la Covid-19, cinq patients et un tiers du personnel ayant été infectés.

Yannick Arzel a observé pendant cette période inédite un grand élan de solidarité, dès les premiers jours de la crise, avec notamment de nombreux dons de matériels manquants de la part d’entreprises locales. Autre constat au sein des équipes de l’association : le très faible taux d’absentéisme parmi les personnels. « Ils ont été très mobilisés, même plus qu’en période normale », assure le directeur des Genêts d’or qui affirme avoir été « agréablement surpris par la solidarité en interne, mais aussi entre associations. Les personnels disponibles n’ont pas hésité à prêter main-forte à d’autres structures dans le besoin ».

*Ehpad : Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

**Esat : Établissement et service d'aide par le travail

***Savs : service d'accompagnement à la vie sociale

TÉMOIGNAGE : Solange Creignou, Vice-présidente en charge des politiques personnes âgées et personnes handicapées , Conseil départemental du Finistère

La crise sanitaire a fragilisé les Finistériennes et Finistériens les plus vulnérables, notamment les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, mais aussi leurs aidants. Je veux saluer la mobilisation de celles et ceux qui les accompagnent au quotidien : qu’ils soient aidants familiaux ou professionnels, chacun a pu mesurer leur implication dans ce contexte difficile. Le Conseil départemental a fourni des équipements de protection et déployé des moyens importants pour soutenir le secteur médico-social, notamment les services d’aide à domicile. Cet engagement pour les solidarités en Finistère s’inscrit dans la continuité de notre action, résolument solidaire.

Handicap

Adapter les parcours de vie

Durant le confinement, un certain nombre d’associations et d’établissements médico-sociaux ont du s’adapter pour continuer d'accompagner les personnes en situation de handicap.

Mis en place en 2017 dans le Finistère, le PCPE (Pôle de compétences et de prestations externalisées) est porté par ARAMIS, un groupement de six associations du secteur médico-social*. La mise en œuvre du projet a été confiée à la fondation Ildys. Son rôle est d’éviter les ruptures de parcours des personnes en situation de handicap. Il s’est particulièrement impliqué durant la crise sanitaire. Interview d’Hélène Enez, coordinatrice départementale.

À quelles problématiques avez-vous dû faire face pendant le confinement  ?

Dès le départ, nous avons été sollicités par des personnes sortant d’hospitalisation. Nous avions des retours à domicile, pour lesquels il fallait aider les familles.

En parallèle, s’est mise en place une coordination départementale, constituée de l’Agence régionale de santé (ARS), de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et du PCPE pour répondre aux situations qui auraient besoin d’appui en lien avec chaque association gestionnaire d'établissements et services sociaux et médico-sociaux, des établissements de santé…

Qu'est-ce qui a été proposé dans le Finistère  ?

Un numéro rouge a été mis en place pour les professionnels. Certains services médico-sociaux ou établissements pour les jeunes ont dû fermer. Les familles ont donc gardé à domicile leurs enfants, habituellement hébergés en établissement. Les adultes en internat ont dû être confinés dans leurs foyers.

Entre le 16 mars et le 20 mai, 74 situations liées à la Covid-19 ont été signalées. Nous avons notamment répondu à des familles qui demandaient du répit ou avaient besoin de trouver des solutions à domicile pour leurs proches en situation de handicap.

Pour répondre à ces demandes, cinq établissements ont été autorisés à accueillir ces personnes pendant le confinement. Notre réseau de partenaires a également permis de trouver des solutions rapides. Il fallait être réactifs, trouver une solution dans la journée ou dans la semaine au plus tard.

*Les Papillons blancs 29, Don Bosco, la fondation Ildys, Archipel santé et l’APF France Handicap, l'APAHJ 22 29 35.

Précarité alimentaire

Les associations en première ligne

« Ce qui est important, c’est qu’on ait réussi à continuer notre mission d’aide aux personnes démunies. On s’est relevé les manches et on a réussi », assure Gisèle Perrot, présidente des Restos du cœur du Finistère. L’association, qui distribue chaque année 1,5 million de repas dans le département, a fait face à la crise. Une semaine après le début du confinement, elle organisait sa distribution de paniers repas en extérieur, réduisait les équipes pour respecter les gestes de protection et éloignait les plus fragiles de ses bénévoles (80 % ont plus de 70 ans), remplacés spontanément par des bénévoles plus jeunes. Au Secours Populaire du Finistère, 150 nouveaux volontaires se sont proposés. Une belle preuve de solidarité dont les associations avaient bien besoin.

Si les Restos n’ont pas constaté de hausse globale du nombre de bénéficiaires en mars et avril, Gisèle Perrot s’inquiète pour la suite. À la Banque alimentaire du Finistère, la présidente Martine Niedzialek, qui échange avec une trentaine d’associations partenaires, relaye leur désarroi. « Certaines tirent déjà la sonnette d’alarme. » En deux mois de confinement, leur antenne de Brest a enregistré une hausse de 50 % des demandes d’aide alimentaire.

Même son de cloche au Secours Populaire, avec 20 000 personnes aidées en deux mois seulement alors qu'en 2018, sur l'année entière, l'association avait apporté son aide à 24 000 personnes.

TÉMOIGNAGE : Martine Niedzialek, Présidente de la Banque alimentaire du Finistère

Comment avez-vous fait face à la crise sanitaire et au confinement  ?

Dès la première semaine de confinement, nous avons fermé pour nous organiser. Nous avons donc tourné avec six ou sept personnes sur les sites de Quimper et Brest. Nous avons limité nos jours d’ouverture et arrêté la ramasse dans les grandes surfaces.

Nous avons 138 partenaires, associations, épiceries sociales, CDAS. Au début, nous avons eu moins d’associations à venir se fournir chez nous. Puis nous avons constaté une forte augmentation de demandes. À Brest, elles ont augmenté de 50 %. On a dû acheter du frais, des œufs, du beurre, des légumes surgelés, ce qui n’est pas dans nos habitudes.

Nous avons eu un approvisionnement du Fonds Europe donc, pour l'instant, je ne tire pas de sonnette d’alarme sur les stocks. Mais les associations nous informent qu’elles voient de plus en plus de personnes qui ne venaient pas avant, à cause du chômage partiel. On n’est pas près de sortir de cette situation.

Continuité pédagogique

un défi pour le corps enseignant

Pour assurer la continuité pédagogique, les enseignant·e·s ont dû s'adapter et innover. Rencontre avec Stéphanie Poulmarc'h, professeure documentaliste au collège Louis-Hémon de Pleyben.

Jeudi 12 mars, le président de la République annonçait la fermeture des établissements scolaires pour le lundi suivant. Comme partout en France, les 224 élèves, la trentaine de professeur·e·s, la CPE et les quatre assistants d’éducation du collège Louis-Hémon de Pleyben ont dû trouver un nouveau rythme afin de continuer d'apprendre pour les uns, et d'enseigner pour les autres. « Nous sommes un collège numérique, nous sommes donc habitués à travailler avec les outils numériques, ce qui a grandement facilité la mise en place de la continuité pédagogique », souligne Stéphanie Poulmarc'h, professeure documentaliste au sein de l'établissement. Pour elle, les premières semaines ont cependant été très denses. Elle a en effet assuré une hotline technique auprès des enfants, des parents et d'enseignant·e·s afin qu'ils appréhendent au mieux les outils collaboratifs utilisés. Mais pour certains élèves, difficile de continuer à travailler en l'absence d'ordinateurs à la maison. « Avec l'accord du Conseil départemental, nous leur avons prêté les vingt-quatre tablettes numériques que possède le collège, ce qui a permis d’améliorer l’équipement de beaucoup de familles », apprécie-t-elle.

Des appels réguliers pour maintenir le lien

Le défi suivant, maintenir le lien. En dehors des classes virtuelles et des cours transmis par Internet par les professeur·e·s, la CPE*, les assistants d'éducation, les professeur·e·s d'EPS** et la documentaliste ont appelé régulièrement les familles pour savoir comment se passait le confinement et pour motiver les troupes quand c'était nécessaire. « Cela avait l'avantage de permettre aux enseignant·e·s de se consacrer entièrement à leur charge pédagogique », précise Stéphanie Poulmarc'h qui ajoute : « Il a fallu réinventer nos pratiques en très peu de temps, ce qui n'a pas été simple. Pour ma part, je suis chargée en temps normal de développer des projets culturels. Quotidiennement, j'ai donc posté une suggestion d'activité (cuisine, visites virtuelles, défi…) pour aider les familles à garder le moral et les enfants à développer de nouveaux talents. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que certain·e·s se sont révélé·e·s dans ces activités créatrices ! »

Finalement, avec le recul, elle trouve de nombreux points positifs à cette période si particulière, même si elle sait que la rentrée septembre ne sera pas facile : « Cela nous a rapprochés des parents avec qui, en général, nous n'avons pas autant de contacts. Et pour certains élèves, le confinement leur a permis d'être plus autonomes. »

*CPE : Conseiller principal d'éducation

**EPS : Éducation physique et sportive

Action sociale

Le service public au rendez-vous

Pendant le confinement, les professionnels des Centres départementaux d'action sociale ont assuré la continuité de l’accompagnement social de proximité.

« Du jour au lendemain la plupart des agents des CDAS* ont été mis en télétravail, tout en maintenant une présence minimum de professionnels sur chaque site. Il a fallu déployer beaucoup d'énergie pour mettre en place une nouvelle organisation, mais nous avons pu compter, d'une part sur la mobilisation des équipes de la Direction des systèmes d'information du Département pour nous équiper à domicile, et d'autre part sur l'engagement et l'adaptation des agents », apprécie Tiffany Blondel, responsable adjointe du CDAS de Landerneau.

Pendant trois mois, les équipes des CDAS ont assuré sans relâche un accueil téléphonique pour garantir la continuité des services d'action sociale auprès des publics en difficulté : « On s'est adaptés à la situation de chacun et on a mis en place des solutions quand cela était possible. On a, par exemple, eu recours assez souvent à la carte de paiement Cohesia qui a permis aux familles de compenser une baisse de ressources. Ce qu'il fallait surtout c'était maintenir le lien », précise-t-elle.

Maintenir le lien, c'était aussi la priorité de la CRIP** et des trois services évaluation des informations préoccupantes (SEIP) « enfance en danger » nouvellement créés. Cette mission était d'autant plus vitale que l'on pouvait craindre une augmentation des violences intrafamiliales liées au confinement.

« Pour les cas complexes, nous avons assuré une veille sociale et grâce à une technique d'entretiens téléphoniques que nous avons développée, nous avons pu évaluer les situations et intervenir lorsque c'était nécessaire », explique Nicole Cadiou, responsable du SEIP de la DTAS*** du Pays de Cornouaille.

« Cette période, où nous avons dû adapter nos méthodes de travail en utilisant notamment de nouveaux moyens de communication, nous a montré que l'on pouvait concilier télétravail et travail sur le terrain. Je pense que certaines pratiques perdureront », conclut-elle.

*CDAS : Centre départemental d'action sociale.

**CRIP : Cellule départementale de recueil de traitement et d'évaluation, dispositif dépendant de la Direction enfance famille du Département.qui centralise les informations préoccupantes.

***DTAS : Direction des territoires d’action sociale du Département

Solidarité pendant la crise

Le Département mobilisé

Pendant le confinement, les agents du Conseil départemental se sont mobilisés pour continuer leurs missions. Témoignages.

Marie-Annick Rannou, seconde de cuisine au collège du Porzou à Concarneau

Au centre, Marie-Annick Rannou, accompagnée de Christophe Lochet, le chef de cuisine, ainsi que de deux enfants de personnels de santé.

Pendant le confinement, Marie-Annick Rannou, seconde de cuisine au collège du Porzou à Concarneau, a préparé les repas pour deux enfants de soignants au self de son collège.

« Nous étions présents, un jour sur deux, en nous relayant avec le chef de cuisine, pour préparer et servir le repas. Les enfants étaient installés chacun à un bout de table. Au self, nous posions les plats et ils se servaient seuls. Côté menus, il nous restait encore des provisions mais plus beaucoup de frais. Heureusement nous avions congelé des aliments. En un mois, les enfants ont eu trois fois des frites. Ils étaient très contents et en cette période autant leur faire plaisir  ! En fin de journée, trois agentes d’entretien des locaux venaient à tour de rôle faire le ménage et désinfecter les locaux. »

La plate-forme «  Soyons solidaires  »

La plate-forme d’entraide « Soyons solidaires », mise en place par le Département pendant le confinement, a permis aux agent.e.s et aux citoyen.ne.s de proposer une aide ponctuelle (accompagnement scolaire, courses de premières nécessité) aux publics accompagnés par le Conseil départemental et aux assistant.e.s familial.e.s, éducateurs.trices de prévention ou référent.e.s des enfants confiés. 148 propositions d'aides ont été dénombrées et 14 demandes activées.

Emmanuelle Le Bris, assistante familiale, s’occupe d’un enfant confié de 9 ans. Pendant le confinement, elle a rencontré des difficultés pour assurer l’école à la maison. Elle a donc sollicité la plateforme « Soyons solidaires » le 9 avril. « Dès le lendemain nous avions un contact téléphonique. Avec l’accord de la référente, les devoirs se sont faits via Skype. David, l'intervenant, a bien cerné son élève. Pour ma part, gérer le quotidien de l’enfant, la vie de la famille et l’aide aux devoirs devenait trop compliqué. Ça a permis de cloisonner, et de faire entrer un autre acteur dans la vie de l’enfant. Que du positif. »

Actrices & acteurs

Faire face

soutenir l’économie locale

Trois questions à : Michaël Quernez, Premier vice-président du Conseil départemental, Président de la commission insertion, emploi, développement et attractivité

Quelle est la situation des filières économiques du Finistère  ?

Il est difficile, à ce stade, de mesurer les réelles conséquences économiques et sociales de cette crise.L’Europe, l’État et les collectivités territoriales se sont mobilisées pour soutenir les entreprises et les emplois du département. Les secteurs agricoles et agroalimentaires ont pu globalement poursuivre leurs activités. Ils étaient au premier rang pour nous permettre de nous alimenter. La pêche a été clouée à quais. La pêche côtière a repris la mer mais les navires hauturiers patientent en espérant une hausse des prix du marché. Progressivement la vie reprend ses droits, les cafetiers, restaurateurs, bases nautiques, ports de plaisance retrouvent des couleurs… en attendant la réouverture des équipements culturels. Le Finistère est une des premières destinations touristiques du pays. Espérons que les efforts que nous avons tous consentis nous permettront de goûter aux plaisirs des vacances et de soutenir ainsi nos entreprises et nos emplois locaux.

Quelles sont vos priorités  ?

Le Département du Finistère et l’agence Finistère 360° sont mobilisés pour faire en sorte que notre saison ne soit pas une saison blanche. Il y a trop d’enjeux économiques et de cohésion sociale et territoriale. Il ne faudrait pas que se surajoute une crise sociale extrêmement forte, avec des emplois non renouvelés, parce qu’un certain nombre de structures n’auraient pas pu bien fonctionner. Notre agence d’attractivité travaille avec l’ensemble des représentants des filières et avec le Comité régional du tourisme pour accompagner cette relance de l’activité par des plans de communication, des soutiens techniques, de l’ingénierie… Idem pour le secteur de la pêche. Les collectivités de Bretagne font « pack » avec les professionnels pour se donner les moyens du rebond de la filière.

Quel message voulez-vous faire passer aux Finistériens  ?

Un message d’enthousiasme, résolument positif. Collectivement nous devons être aux côtés de tous ces chefs d’entreprise et salariés qui font la force de notre économie locale. Nous devons les soutenir par des actes de consommation responsable et locale.

Restauration

« Nous nous sommes adaptés »

Deux questions à : Hubert Jan, Président départemental de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) et patron du restaurant Chez Hubert à Beg Meil (Fouesnant)

Comment la profession a-t-elle vécu le début de la crise sanitaire  ?

La fermeture de nos établissements a été très violente. Elle s’est faite en quatre heures ! Ça a été dramatique. Nous avons été sauvés par le chômage partiel, mais économiquement nous ne sommes pas sereins. Nos entreprises sont en survie.

Avec la réouverture des établissements depuis le 2 juin, comment envisagez-vous la saison estivale  ?

On a du mal à se projeter. Il y a peu de recrutements, vu la fragilité et la précarité dans laquelle on est. Aujourd’hui, on table sur moins de 50 % de notre volume d’affaires habituel pour l’été.

Certains ont mis en place de la vente à emporter, et même si ce ne ce sont que des marchés additionnels, de l’ordre de 10 % du chiffre d'affaires, c'est bien à mettre en place, c’est entré dans la tête des clients. Certains ne voudront plus revenir dans les salles, alors nous nous sommes aussi adaptés, surtout dans les grandes villes, en augmentant le nombre et la taille des terrasses.

Alimentation

Les labels agroalimentaires en Finistère

AOP, IGP, STG, AB, Label rouge, autant de sigles associés à l'agroalimentaire. En Finistère, plusieurs produits bénéficient de ces labels.

Quel point commun entre l'oignon de Roscoff et lecCidre de Cornouaille  ? Dès le XIXe siècle ces deux produits jouissaient déjà d'une belle renommée, le premier grâce aux Johnnies, ces paysans léonards qui allaient vendre leurs productions en Grande-Bretagne. Pour le second, de nombreux écrits de cette époque attestent sa notoriété. Aujourd'hui, oignon de Roscoff et cidre de Cornouaille sont les seules AOP (Appellation d'origine controlée) exclusivement finistériennes, c’est-à-dire qu'ils répondent à un cahier des charges strict qui comprend l'origine du produit mais aussi son mode de production. Deux AOP bretonnes sont aussi présentes dans le département, le pommeau de Bretagne et l'eau-de-vie de cidre de Bretagne.

D'autres, produits dans le Finistère (farine de blé noir de Bretagne, volailles fermières de Bretagne, pâté de campagne breton, cidre de Bretagne) bénéficient eux de l'IGP (Indication géographique protégée). L'IGP fait aussi référence à un terroir, un lieu de production, mais elle accepte cependant que toutes les phases d'élaboration ne soient pas issues de la zone géographique indiquée. Les producteurs de fraises de Plougastel aimeraient bien pouvoir décrocher cette reconnaissance.

D'autres labels comme le Label rouge ou le STG (Spécialité traditionnelle garantie) misent quant à eux exclusivement sur la qualité. Le premier garantit la qualité des produits comme la viande, les œufs ou même parfois des produits non alimentaires comme les sapins de Noël. Le symbole STG s'applique à des produits traditionnels, fabriqués ou produits de manière traditionnelle. En Finistère, il concerne les moules de bouchot.

Le tour d'horizon ne serait pas complet sans le label Agriculture biologique. Le département compte 900 fermes bio.

Consommons localement

Le Castel Ac'h mise sur les produits locaux

L'hôtel-restaurant le Castel Ac'h à Plouguerneau a fait le choix des produits locaux et de saison. Le confinement a permis de tisser des liens avec les producteurs.

« Notre objectif est de proposer une carte 100 % locale, bio si possible et de saison. Avant le mois de mars, un certain nombre de nos produits répondaient à ces critères mais pas tous. Le confinement nous a laissé le temps d'aller à la rencontre de producteurs locaux et d'instaurer avec eux un dialogue. » En juin, à l'heure de la réouverture, David Royer, le chef de l'hôtel-restaurant situé sur le front de mer avait le sourire, malgré le contexte.

Désormais sa carte va évoluer au rythme des saisons. Il y proposera de la mozzarella de bufflonne de Concarneau, de l'angus de Pont-de-Buis, des légumes de Guissény, du poisson et des fruits de mer de Plouguerneau… mais aussi des fleurs et plantes aromatiques et du miel produits sur place…

« Les producteurs avec qui nous travaillons sont quasiment tous dans un rayon de cinquante kilomètres. La plupart, nous les avons rencontrés, nous avons vu comment ils travaillaient. C'est important car lorsque nous confectionnons un plat, nous avons une histoire à raconter aux clients. »

David Royer est donc confiant : « Je pense qu'il y aura beaucoup de monde cet été. »

Pour accueillir les clients, lui et son équipe ont mis en place un protocole sanitaire soft qui permettra à tous de profiter pleinement du restaurant, des terrasses et surtout de la vue magnifique en toute sécurité.

La plateforme produits-locaux.bzh

Relier les producteurs aux consommateurs

À l'annonce du confinement, les inquiétudes des acteurs du bien manger, agriculteurs, professionnels de la mer, artisans de bouche se sont fait entendre.

La Région a entendu leur appel et mis en ligne dès le 9 avril la plateforme solidaire « produits-locaux.bzh ». En trois mois, près de 52 000 consommateurs et 1 600 producteurs et artisans de bouche se sont inscrits sur la plateforme, l'idée étant de permettre aux uns de trouver de bons produits locaux près de chez eux, aux autres de faire connaître leurs productions et de proposer la livraison ou le retrait de leurs produits.

En complément de l'offre, des chefs de restaurants bretons proposent régulièrement des recettes en live sur la page Facebook de la plateforme.

Pêche et mareyage

consommer en direct pour soutenir la filière

Le département du Finistère est l’un des mieux lotis en produits de la mer. Qu’il s’agisse de pêche au large, côtière, à pied ou de récolte d’algues, la filière est particulièrement active. Tour d’horizon.

Dans les huit criées finistériennes, réparties entre Roscoff et Concarneau, la pêche fraîche représentait un tonnage de 42 743, soit une valeur de 148 257 000 euros, en 2019. Le Finistère enregistrait 2 474 marins, répartis sur 525 navires actifs. Une filière qui a souffert de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Avec la fermeture de nombreux marchés, les professionnels du secteur ont dû s’adapter. Aménagement des marées, réduction du nombre d’armements et d’effectifs, arrêts temporaires… La vie à bord des navires a également dû évoluer pour respecter les gestes barrières. Après le11 mai, la plupart des bateaux finistériens attendaient encore que les marchés rouvrent, et notamment les marchés espagnol et italien.

Consommez des produits de la mer locaux  !

Cet été, les marchés locaux et les commerces de bouche proposeront un large panel de produits de la mer. Parmi les espèces locales de saison, on trouvera notamment : la langoustine, le tourteau, le tacaud, la sardine et le maquereau. Sans oublier, le homard, la daurade, la sole ou encore le bar de ligne du raz de Sein. Pour favoriser la pêche locale, pourquoi ne pas tenter les paniers de la mer  ? Offres de pêcheurs, de mareyeurs ou applications ont pris de l’ampleur et accéléré les ventes directes avec la crise de la Covid-19.

Cet été, vous pourrez ainsi commander votre poisson en direct, à l’arrivée du bateau de pêche sur l’application : « monpecheur », identifier un poissonnier ou un vivier près de chez vous sur le site : « allolamer » ou encore trouver un pêcheur qui pratique la vente directe, sur le site « associationpleinemer ».

Plusieurs autres acteurs proposent des paniers de la mer localisés, comme « Mon p'tit Poissonnier » (livraison de poissons frais et de crustacés autour de Concarneau), « Terre de pêche » (vente et livraison de poissons et crustacés en points de retrait dans le pays bigouden et la région de Quimper), « Well Wrazh » (livraison de produits de la mer dans le Cap Sizun) ou encore la « Pêcherie portsallaise » (livraison de poissons de Brest à Plouguerneau).

ESAT de Kerneven

Drive printanier à Plomelin

L’Esat (établissement et service d'aide par le travail) de Kerneven, à Plomelin est spécialisé dans la floriculture, les espèces potagères et l’entretien d’espaces verts. Sa spécificité est d’accueillir habituellement 50 travailleurs, victimes de traumatismes crâniens ou cérébraux lésés. Mais la crise sanitaire liée à la Covid-19 a bouleversé le fonctionnement de ce centre géré par la Mutualité française Finistère-Morbihan.

Les 4 000 m2 de serres ont été désertés pendant le confinement. Seuls six résidents hébergés sur site sont restés confinés sur place. Les sept moniteurs d’ateliers ont pris le relais pour maintenir la production et ont dû assurer repiques et rempotages de milliers de plants avec un effectif drastiquement réduit. Dès le 20 avril, grâce à la mise en place d'un service de drive, la vente de plantes potagères, produits de première nécessité, a pu reprendre. « Ça a super bien marché, témoigne le directeur Philippe Corre. Nous étions complets avec des drives toutes les quinze minutes et une visibilité d’une semaine  ! »

Depuis le 11 mai, les serres ont rouvert avec un sens de circulation, une limitation du nombre de clients à 20 et le maintien du drive. Les salariés sont revenus travailler un jour sur deux, excepté les personnes présentant des pathologies à risques.

Maraîchage biologique

Paniers maintenus aux Maraîchers de la Coudraie

Dès le 16 mars, le chantier d’insertion des Maraîchers de la Coudraie, à Quimper, a choisi de privilégier la production maraîchère et la livraison de ses 115 paniers bio, plutôt que son activité d’insertion.

Les 16 employés en contrat d’insertion ont donc cessé le travail pendant deux mois, avant de reprendre le 11 mai avec un protocole sanitaire établi. Les deux encadrants techniques et le coordinateur de la structure ont assuré l’intérim pendant la période de confinement suite à la Covid-19.

« Les salariés étaient impatients de revenir, explique Arturo Guéret, le coordinateur. Ce boulot est souvent pour eux leur seul lien social. » Entre-temps, la vente directe a repris les mardis et vendredis de 11 h à 18 h, sur place, 271, route de Guengat, toujours dans le respect des mesures sanitaires.