Actrices & acteurs

Finistèrien.ne.s Joël Bougain

Pêcheur à la mouche et gardien de la rivière

Joël Bougain est président du club Mouche de Cornouaille depuis plus de vingt ans. Une technique de pêche qu’il a découverte grâce à son beau-père… « C’est une longue histoire », commence ce retraité heureux qui partage aujourd’hui sa passion avec les quelque 40 licenciés du club. Qu’on l’interroge sur le montage des mouches, le lancer ou l’entretien des cours d’eau, Joël est intarissable. Et se dégage de son discours une véritable philosophie de vie.

« Quand on pêche, on est responsable de ce qu'il y a autour de nous, explique-t-il avec conviction. Les mouches doivent ressembler le plus possible à ce que mange le poisson aux différents stades de sa vie. Le pêcheur doit donc observer le cycle du poisson pour pouvoir lui présenter le bon leurre. C’est passionnant ! Notre action, c’est aussi d’expliquer que le moindre geste du pêcheur peut être catastrophique pour l’écosystème. » C’est pour cela qu’à la fin septembre, le club emmène tous ses adhérents entretenir les cours d'eau. « On coupe les branches et tout ce qui risque de tomber dans l’eau. Mais dans une rivière, il n’y a pas que les berges ! Il faut aussi entretenir les zones de frayères (nurseries des poissons), ainsi que les fonds où les poissons viennent pondre leurs oeufs et où les insectes qui les nourrissent se reproduisent. Le pêcheur est le premier surveillant, le garde de la rivière », insiste Joël. Un savoir-faire qui s’acquiert au fil du temps et que le club a à coeur de partager avec le plus grand nombre, et notamment avec ses adhérents, de 13 à 86 ans !

Le grand portrait Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde

Agir contre la pauvreté

Claire Hédon est journaliste à RFI. Mais depuis vingt-sept ans, elle s’investit dans l’association ATD Quart Monde dont elle est devenue la présidente il y a quatre ans. Elle était présente lors de la 2e édition de la Conférence des solidarités, organisée par le Département et la ville de Brest, le 22 novembre dernier aux Capucins à Brest. Retour avec elle sur les priorités de la lutte contre la grande pauvreté.

Pour commencer, pouvez-vous définir ce qu’est la grande pauvreté  ?

La pauvreté se définit généralement par un manque de ressources financières mais aussi par un non-accès aux droits essentiels : droit au logement, au travail, à une éducation, à l’accès aux soins, à la culture. En France, 9,1 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2018, celui-ci représentant 60 % du niveau de vie médian, soit 1 041 euros par mois. Si l’on regarde la population dont les revenus sont inférieurs à 40 % du niveau de vie médian, soit 680 euros, cela représente 2,2 millions de personnes en situation de très grande pauvreté.

Comment peuvent agir les pouvoirs publics pour y remédier  ?

On doit prendre en compte l’intégralité des problématiques. Si l’on ne travaille que sur un aspect, l’école, le logement ou encore la santé, cela ne suffit pas. Nous avons notamment une demande : celle d’évaluer les politiques publiques à partir des 10 % les plus pauvres, comme curseur. Il faut aussi travailler avec les personnes concernées. Et en plus de la justice sociale, il faut maintenant aussi prendre en compte la justice climatique.

Quel est le rôle des acteurs publics locaux  ?

La lutte contre la grande pauvreté doit se faire à l’échelon local. Cela se joue dans la proximité, au niveau des départements et des communes. En premier lieu, il y a le RSA (financé par le Conseil départemental, NDLR), dont le plus grand problème est le non-recours. Approximativement 30 % des personnes qui y ont droit ne le demandent pas. C’est là-dessus qu’il faudrait travailler en priorité, plutôt que la lutte contre la fraude qui est contre-productive et éloigne les personnes de ce droit.

L’autre priorité est l’accès au travail à l’échelon local. Nous sommes à l’origine de l’initiative « Territoires zéro chômeur de longue durée ». En 2016, dix territoires ont été sélectionnés par l’État pour expérimenter ce projet. Treize entreprises à but d’emploi ont été créées et quelque 900 personnes ont été recrutées. Preuve que l’on ne manque pas de travail  ! Cela montre aussi comment le travail change la vie des gens, leur permet de s'insérer, et change aussi la vie des territoires. Dans ces entreprises, les gens sont embauchés au SMIC, en CDI et on voit bien qu’ils vivent mieux au SMIC qu’au RSA. Nous demandons une extension de cette expérimentation, pour atteindre 100 territoires.

Le RSA, approximativement 30 \% des personnes qui y ont le droit ne le demandent pas.
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9,1 M€

de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France (2018)