Actrices & acteurs

Finistèrien.ne.s Hervé, responsable de l'antenne quimpéroise des Restos du cœur

Donner avec le sourire

Bénévole depuis 2012 aux Restos du cœur, Hervé* est une figure bien connue de milieu caritatif quimpérois. Depuis quatre ans, il est responsable de l’antenne de la ville. Portrait d’un retraité actif et engagé.

Hervé est de ceux qui s’effacent devant la cause qu’ils défendent et ceux qu’il aide. Dans le local des Restos du cœur, le responsable du centre de Quimper nous reçoit avec humilité, en ne parlant pas de lui, mais de l’association à laquelle Coluche, son créateur, reste étroitement associée. «  Le problème pour les gens, c’est de franchir le pas. C’est le couperet d’un constat d’échec et souvent les personnes qui entrent ici pour la première fois pleurent  ».

L’antenne quimpéroise, située à Ty Douar, compte entre 1200 et 1500 inscrits. Et chaque semaine l’équivalent de 4500 repas sont distribués aux bénéficiaires. «  Il y a quelques années, la période de distribution se situait en hiver, entre le 25 novembre et fin mars. Mais maintenant, on ouvre toute l’année  », précise le responsable des Restos de Quimper à temps partiel, «  car l’autre partie de mon temps, je la consacre à la Croix-Rouge, comme chef d’équipe maraude ».

«  J’ai toujours aimé être en contact avec les autres  »

Le public reçu ici, qui doit justifier de bas revenus**, se compose de travailleurs pauvres, «  mais aussi de plus en plus de retraités et de jeunes  », précise Hervé. Cet ancien médecin militaire à la retraite travaille au sein d’une équipe 96 bénévoles, «  ce qui n’est pas énorme quand on sait qu’il faut 32 personnes pour une distribution, qui ont lieu trois fois par semaine  ».

Pour ce bénévole depuis 2012, l’engagement s’est fait naturellement : «  J’ai toujours aimé être en contact avec les autres. A la retraite, je voulais être actif et faire quelque chose qui me tenait à cœur. Car la distribution c’est bien, mais ça ne suffit pas. Ce que je dis toujours, c’est que donner trois pommes de terre, c’est formidable, mais avec le sourire, c’est mieux  ».

«  Je laisse la parole venir  »

A chaque distribution, Hervé est là, pour les bénéficiaires, mais aussi pour les bénévoles. Un espace cafétéria gratuit est toujours ouvert après : «  Je reste pour discuter, écouter, sans poser de questions. C’est pour moi aussi important que la distribution alimentaire » affirme-t-il avec douceur. «  Quand j’en vois un qui n’est pas en forme, je m’assoie avec lui, je lui parle. Mais je ne fais jamais d’inquisition, je laisse la parole venir. C’est souvent moi qui introduis la parole, mais quand une personne ne veut pas parler, je la respecte.  »

Un peu plus loin, des espaces dédiés aux habits, aux livres et aux articles pour enfants sont ouvert lors des distributions. Et sur rendez-vous, il y a un salon de coiffure. «  On propose des coupes gratuites, classiques, pour un entretien par exemple. C’est important que quelqu’un vous touche. Souvent on voit entrer des personnes très nerveuses, qui ressortent détendues après leur coupe de cheveux. Nous recherchons d’ailleurs un coiffeur bénévole, le vendredi  ». L’association accueille en effet des bénévoles toute l’année, qui sont formés et encadrés, pour venir en aide aux plus démunis.

* Pour favoriser le respect de sa vie privée, Hervé préfère ne pas diffuser son nom de famille.

** L’association calcule le reste à vivre d’une personne avant de l’inscrire pendant un an, jusqu’au 25 novembre de l’année d’après.

L’engagement des jeunes à l’international

En service civique à Madagascar

Le Conseil départemental promeut l’engagement des jeunes à l’étranger et accompagne plus particulièrement les jeunes entre 18 et 25 ans, éloignés de la mobilité internationale.

Par le biais d’un service civique et dans le cadre d’un programme de coopération décentralisée avec la Région Diana à Madagascar, trois jeunes Finistérien.ne.s sont parti.e.s en mars dernier effectuer une mission de six mois en terre malgache. Parmi eux, Josselin Stourm, originaire de Brest. Entretien.

En quoi consistait votre mission à Madagascar  ?

En tant que chargé de communication au sein de l'antenne du Conseil départemental à Madagascar, mon rôle était d’assurer la promotion de la coopération décentralisée entre le Département et la région Diana, et de mettre en valeur les projets réalisés dans le cadre de ce partenariat. À la demande de la commune de Diego-Suarez, j'ai aussi été chargé d'y installer un Point Information Jeunesse (PIJ), en collaboration avec un animateur jeunesse de la commune.

Avez-vous pu tisser des liens avec des jeunes de cette région de Diana ?

Oui bien sûr, mais pas dans le cadre qui m'avait été initialement fixé car une fois sur place, des complications politiques m'ont empêché de concrétiser le projet d'un PIJ. Il a fallu rebondir et trouver un nouveau champ d'action en rapport avec la jeunesse à Diego-Suarez. Comme je pratique le « breakdance », j'ai pu créer des liens forts avec des danseurs malgaches. Mon tuteur m’a alors suggéré de les accompagner dans ce domaine. Je me suis donc investi dans une nouvelle mission baptisée « appui au développement de la culture hip-hop à Diego-Suarez ». J'ai ainsi organisé des ateliers de danse, j’ai aussi participé à des jurys lors d'événements culturels. Créateur de liens, j’ai mis en place des initiations au hip-hop animées par un danseur malgache, notamment au sein d'une prison pour mineurs, avec l'association « Grandir dignement », dans un objectif de partenariat durable. J'ai eu aussi la responsabilité d'accueillir la Hip-Hop New School à l’occasion de sa venue dans l’île.

D'où vient votre motivation pour cet engagement citoyen  ?

Avant d'être un engagement citoyen, c'est d'abord un engagement personnel. À l’époque où j'ai vu l'offre de mission, j'étais dans une période de réflexion et je ressentais le besoin de sortir de ma zone de confort et de tester des choses nouvelles. Juste suivre mon cursus scolaire, tête baissée, sans avoir connaissance de ce qu'il se fait ailleurs me faisait peur et j'avais le sentiment de passer à côté de quelque chose. Je souhaitais m'impliquer dans une mission qui avait du sens à mes yeux, et cette dernière m'a semblé idéale.

Avant d'être un engagement citoyen, c'est d'abord un engagement personnel.
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Le grand portrait Emmanuelle Legault

Patronne engagée !

Emmanuelle Legault, P.-D.G. de la société Cadiou, à Locronan, est depuis un an présidente du Club régional d'entreprises partenaires de l'insertion (Crepi). Une mission, dans la continuité de son action au sein de sa société.

Pouvez-nous présenter votre société  ?

La société Cadiou fabrique des portails, des clôtures et des garde-corps en aluminium sur mesure. Nous sommes en moyenne 450 personnes sur le site à l’année. En 2007, quand nous avons repris la société, dont je suis cogérante, nous étions 150 salariés. Depuis, on a à peu près 10 % de croissance par an, et donc 10 % de collaborateurs en plus par an.

Quelles stratégies avez-vous mises en place pour recruter  ?

Pour moi les clés de notre succès, c’est l’ouverture d’esprit. Avoir un esprit opportuniste, tenter des nouvelles méthodes, sans avoir d’a priori et accepter le droit à l’erreur. Pour fabriquer ces produits à la main, il a fallu recruter beaucoup de gens et au lieu de rechercher des personnes qualifiées, nous avons recruté les plus motivées, que nous avons formées dans un atelier-école.

On demande à Pôle Emploi de nous proposer 20 à 30 candidats, sans CV. Ils passent des tests, on en prend 10, on les intègre avec deux tuteurs dans un atelier à l’étage, avec les mêmes conditions de travail que les salariés. Comme ça, on recrute beaucoup plus largement et on forme les personnels. On signe une trentaine de CDD par an. Les meilleurs restent en CDI. On fait aussi du temps partagé, avec Cornouailla, dont je suis vice-présidente.

Vous êtes depuis cette année présidente du Crepi, pourquoi avoir accepté cet engagement  ?

La présidence du Crepi, c’était un peu une continuité  ! Michel Gueguen d’Armor Lux m’a appelée un jour pour me proposer d’en prendre la présidence. Quand j’ai vu les valeurs du Crepi, l’action, l’engagement des entreprises pour faire bouger les lignes, je me suis tout de suite retrouvée dans ces valeurs-là. J’en avais marre que les gens se plaignent. Des chefs d’entreprise qui disent qu’ils ne trouvent personne et des gens au chômage, qui ne trouvent pas de boulot. Moi je suis pour l’action, donc je me suis dit que j’allais y aller. Pour montrer que c’est possible de remettre les gens en confiance, de leur redonner un job, mais aussi pour montrer aux entreprises qu’elles peuvent recruter, mais pas exactement comme elles l’avaient décidé. Avec des profils atypiques. Le Crepi, c’est exactement ça. On n’est pas là pour accompagner des demandeurs d’emploi ou pour faire office de cabinet de recrutement pour les entreprises. On est là pour créer des actions, des événements hyper décalés et remettre du lien entre les acteurs de l’emploi et de l’insertion, les demandeurs d’emploi et les entreprises.

Créer des actions, des événements hyper décalés et remettre du lien entre les acteurs de l’emploi et de l’insertion.

30

CDD par an pouvant déboucher sur des CDI à Cadiou Industrie

CONTACT

  • CREPI FINISTÈRE
  • Chez Armor Lux
  • 21 rue Louison Bobet
  • 29556 Quimper Cedex
  • Tél. 06 83 99 57 68
  • www.crepi.org

 

POINTE DU RAZ

21e Rencontres des Grands Sites de France

Les 21e Rencontres du réseau des Grands Sites de France se sont déroulées les 10 et 11 octobre dernier, dans le Cap-Sizun. Marie-Christine Le Clézio, directrice du syndicat mixte de la pointe du Raz, a organisé ce temps fort cette année autour du thème « Fréquentation touristique et vie locale dans les paysages d'exception : quel équilibre ? » Interview.

Pour commencer, pouvez-vous redéfinir ce qu’est un Grand Site ?

Le label Grand Site de France a été crée en 2002 et la Pointe du Raz a été parmi les trois premiers bénéficiaires de ce label en 2004. C’est un label environnemental avant tout, valable six ans, que nous venons d’obtenir à nouveau pour la période 2018 – 2024. C’est un label pour des sites dont les paysages remarquables peuvent être affectés par une sur-fréquentation touristique. Le label avait donc à l’origine deux grands axes : la préservation des paysages et un accueil de qualité des visiteurs. Un troisième pilier a été ajouté aux deux premiers : celui de faire de cette démarche un véritable outil du développement du territoire, pour que les habitants en bénéficient et s’approprient cette  démarche de la préservation de la beauté des paysages.

Il fait suite à une opération grand site (OGS) et garantit une qualité passée. Il n’est pas là pour créer des contraintes supplémentaires par rapport aux règles d’aménagement. Le label a notamment vérifié les conditions de préservation, de mise en valeur et d’implication des habitants. 

Quelles sont les particularités du Grand Site de la Pointe du Raz ?

Le site se caractérise par des paysages remarquables de falaises, une fréquentation de  800 000 à 900 000 visiteurs à l’année, ainsi qu’une préservation et une mise en valeur avec et pour les habitants. Notre plan d’action pour les six ans à venir se caractérise par la volonté de développer un tourisme durable. L’idée n’est pas forcément d’avoir plus de monde à visiter les sites, mais de démontrer que le périmètre actuel (communes de Beuzec-Cap-Sizun, Goulien, Cléden-Cap-Sizun, Plogoff et Primelin) et tout le patrimoine architectural propre au Cap-Sizun mérite d’être mis en valeur et partagé avec les visiteurs.

Comment avez-vous organisé les 21e Rencontres pour répondre à la question de l’équilibre entre fréquentation touristique et vie locale dans les paysages d'exception, sur le site de la Pointe du Raz ? 

Chaque année, les Grands Sites de France ont des problématiques communes en termes d’engagements, de bonne gestion, de bon accueil et de participation des habitants. Dix-neuf grands sites de France sont aujourd’hui labellisés et une quarantaine de territoire sont en opération grand site (OGS), qui précède la demande de labellisation.

Nous avons proposé quatre ateliers autour de la thématique retenue, qui était la fréquentation touristique et la préservation : « La Pointe du Millier, un site arrivé à saturation », « La Pointe du Van, le juste équilibre entre gestion des espaces naturels et fréquentation », « La Pointe du Raz, 25 ans après l’Opération Grand Site » et « Saint-Tugen, ou comment élargir la vision patrimoniale au territoire ».

Nous avons notamment voulu montrer que ce n’est pas le syndicat mixte qui est acteur, moteur, décideur et faiseur. Mais qu’il a bien pour objet de coordonner et de s’appuyer sur les ressources locales. Et dans le Cap-Sizun, nous avons un vrai trésor de ressources, qu’il faut préserver et mettre en valeur.