Le Département, chef de file de l’insertion

politiques d’insertion

Le Département, chef de file de l’insertion

Le Conseil départemental a la responsabilité de la mise en œuvre des politiques d’insertion et d’accompagnement des allocataires du RSA. Il met notamment à disposition une palette d’outils activable par les professionnels de l’insertion et les personnes en démarche d’insertion ou de recherche d’emploi. Pour organiser cette politique, le Conseil départemental déploie un programme départemental d’insertion, qui décrit les démarches d’ouvertures des droits (au RSA à aux différentes aides financières du Département), mais aussi prévoit le déploiement d’une offre de service dynamique dans le Finistère (chantiers, ateliers, actions de remobilisation sociale, accompagnement au projet professionnel…).

Trois questions à Michaël Quernez,Premier vice-président, président de la commission insertion, emploi, développement et attractivité

Quelle est la mission du Département en matière d’insertion  ?

Le Département est chargé de garantir l’ouverture des droits au RSA (délégué à la CAF par convention depuis 2009) et de proposer ensuite un accompagnement aux personnes allocataires du RSA pour favoriser leur insertion et leur accès à un emploi. Nos défis sont donc de leur faciliter l’accès aux droits et de les accompagner au mieux, selon leur situation. Pour y parvenir, le Département déploie une offre de service portée par des associations et s’appuie bien entendu sur un partenariat étroit avec Pôle Emploi. Le Département et la Région travaillent également sur le déploiement d’une offre de formation adaptée, sur les compétences de base, le numérique, les métiers en tension.

Quels outils sont mis en place pour répondre à cette mission  ?

Les personnes les plus éloignées de l’emploi rencontrent souvent des problématiques liées à la mobilité, au logement ou aux questions de santé, qui peuvent faire frein à l’emploi et à la remobilisation sociale et professionnelle. Un certain nombre de solutions sont mises en œuvre par le Département comme des ateliers ou des chantiers d’insertion, des équipes emploi, un accompagnement global, en lien avec Pôle Emploi ou des aides financières pour accompagner les projets d’insertion. Nous mettons également en place des clauses dans les marchés publics, pour faire en sorte qu’un certain nombre d’allocataires du RSA accèdent à l’emploi, grâce à ces clauses, ou en conditionnant les aides du Département. Nous travaillons également à une dynamique sur les métiers en tension avec les entreprises ayant des difficultés de recrutement.

Comment le département se mobilise avec ses partenaires pour renforcer ses actions ?

Le Plan national de lutte contre la pauvreté a été lancé en septembre 2018, avec une volonté de l’État de remobiliser les acteurs de l’insertion sociale et professionnelle. Nous avions pris les devants et conduit une mission d’étude pour évaluer nos politiques publiques en en tirant les enseignements. En juin 2019, nous avons adopté le nouveau référentiel RSA. Nous avons réorganisé nos services en interne, notre direction centrale, notre action au cœur des territoires. C’est un mouvement de fond qui s’est engagé dans notre collectivité avec un fort engagement des équipes. Aujourd’hui, notre défi est de mieux accompagner chacun des 18 000 allocataires du RSA et notamment les nouveaux entrants dans le dispositif. Le Finistère fait partie des Départements reconnus au niveau national pour son engagement dans les politiques d’insertion et pour la qualité de ses actions et de sa stratégie.

Le parcours de l'allocataire du rsa

Le Revenu de Solidarité Active (RSA) est une allocation qui assure un revenu minimum aux personnes sans ressources ou un complément de revenu pour les personnes exerçant une activité et dont les revenus sont limités. L’objectif du RSA est de favoriser le retour à l’emploi et d’accompagner chaque allocataire du RSA selon ses besoins. Cette allocation est financée par le Département et représente un montant de 100 millions d’euros par an dans le Finistère.

Le Conseil départemental a la volonté de rendre plus dynamiques les parcours des allocataires pour leur permettre de retrouver plus rapidement le chemin de l’insertion et de l’emploi. Le nouveau référentiel départemental d’accompagnement définit les différentes étapes pour l’allocataire, les délais entre les différentes étapes et les modalités de suivi des personnes concernées. L’inscription dans ces différentes étapes constitue une obligation pour les allocataires du RSA qui peuvent être pénalisés si leur mobilisation n’est pas effective ; s’ils ne se présentent pas aux rendez-vous ou ne respectent pas les engagements pris auprès de l’organisme qui les accompagne.

Le Conseil départemental s’attache à proposer une solution adaptée à la situation de chaque personne allocataire du RSA via ses équipes internes ou des partenaires conventionnés.

100 M€

par an financés par le Département

18 000

allocataires du RSA en Finistère

+ D’INFOS SUR

campagne d'information

« Moi, je veux travailler »

Cette année, la Direction de l’insertion du Conseil départemental, en lien avec la Direction territoriale du Pays de Cornouaille, a mis en place un groupe de travail avec les allocataires du RSA, autour des préjugés. Deux participants ont accepté de témoigner. Leur parcours et leur vision tordent le cou aux idées reçues.

Une fois par mois, pendant six mois, un groupe d’une dizaine d’allocataires du RSA s’est réuni pour évoquer les préjugés dont ils pouvaient être victimes et élaborer un document préconisant des actions pour lutter contre ces préjugés. En parallèle de cette initiative, les élus ont souhaité réaliser une campagne de communication sur l’insertion, en retenant le thème des préjugés pour l’illustrer. Une des actions concrètes du groupe de travail a été de participer à cette campagne.

Sandrine, qui a participé au groupe de travail, s’insurge contre les préjugés qui peuvent être véhiculés sur les allocataires du RSA. « Dans mon ancien boulot, j’entendais souvent des gens dire que les personnes au RSA sont payées à rien faire, fainéantes, illettrées, “cassos“, qu’ils ne savent rien faire, qu’ils n’ont jamais travaillé, ou encore que c’est une tradition familiale, c’est hallucinant  ! » Mère de famille, Sandrine n’a jamais cessé de travailler. Jusqu’à son accident. Elle évoque alors l’enchaînement qui l’a menée au RSA. « J’ai d’abord eu un accident du travail, puis un arrêt maladie, puis je suis arrivée en fin de droits avant de me retrouver pour la première fois de ma vie au RSA. Pour moi, c’était la limite à ne pas franchir. J’ai eu honte sur le coup de me dire que c’était les autres qui payaient pour moi. C’était un cauchemar. J’étais mal, je me suis renfermée sur moi-même. »

Jima, lui est proche de la retraite : « Quand je postulais, on me disait que j’étais trop vieux. » Cet homme à la parole facile suit des cours de théâtre et fait de la musique. Il évoque avec pudeur comment il est arrivé au RSA, après une opération du cœur puis un divorce. Le théâtre et le saxophone lui ont permis de tenir. Aujourd’hui, philosophe, il se tourne vers les autres et a plein d’idées : « J’ai envie de lancer des opérations civiques et mobiliser des personnes au RSA : il faut bouger  ! »

Quant à Sandrine, elle accepte aujourd’hui sa situation, « car il faut bien payer les factures et nourrir ma fille. Mais j’aimerais aussi que les gens comprennent que moi je veux travailler, mais que je dois encore attendre un avis favorable du médecin, car mon dos est fragile. Le RSA, ça peut aussi servir à rebondir  ! »

J'ai envie de lancer des opérations civiques : il faut bouger !
Associations intermédiaires (AI)

Promouvoir l'insertion par l'activité économique

Les Associations Intermédiaires sont un outil d'insertion par l'activité économique. Elles proposent aux demandeurs d’emploi en difficulté d’accéder à des missions de travail occasionnelles pour le compte de donneurs d'ordre et en étant accompagnés. Rencontre avec Christophe Letuppe, président du Collectif des associations intermédiaires du Finistère.

Quelle est la situation des Associations Intermédiaires en Finistère ?

Le Finistère compte huit associations intermédiaires, réparties sur le territoire. En 2018, elles ont accompagné 1248 personnes en leur proposant des missions de travail (ménage, espaces verts, bricolage...) pour le compte de donneurs d'ordre. Cela correspond à 137 ETP*. L’état et le Département nous soutiennent, mais le modèle est basé sur une grande partie d’autofinancement.

En Finistère, les associations sont fédérées en collectif. Quel est l'intérêt ?

C'est une force. Cela nous permet de créer une démarche commune, de mutualiser nos projets collectifs, de partager nos méthodes et d'innover ensemble. Nous avons par exemple limité les parcours des demandeurs à 24 mois en les jalonnant d'étapes pour établir avec eux des objectifs d'insertion afin de lever leur frein et construire leur projet professionnel.

Quels sont vos objectifs pour l'avenir ?

Nous recrutons en permanence, sans exigence à l’entrée. Il faut le faire savoir !  

Ensuite,  travailler avec de gros donneurs d’ordre, créer plus de passerelles avec les entreprises et faire en sorte que les particuliers se reconnaissent comme des acteurs solidaires tout en recevant des réponses de qualité.

*ETP : équivalent temps plein

Mots clés

Le Département, employeur de publics en démarche d’insertion professionnelle

Dans le cadre de son projet politique, le Conseil départemental souhaite s’affirmer comme un employeur exemplaire en matière d’insertion.

De nombreux métiers sont exercés au Département et ouvrent donc des possibilités pour l’accès à l’emploi de personnes éloignées du marché du travail. Au cours de l’été 2019, le Conseil départemental a engagé une campagne de recrutement pour travailler au sein des collèges finistériens sur des postes d’aide en cuisine, d’agent d’entretien…Les offres d’emploi ont été adressées par nos services aux allocataires du RSA des communes d’implantation des collèges. 9 personnes ont été recrutées en septembre et 21 en novembre dans le cadre de Parcours Emploi Compétences (PEC). Le Département ouvre également un chantier d’insertion en décembre qui permettra de recruter et d’accompagner des personnes durablement éloignées de l’emploi. 5 intègreront ce chantier en décembre et 10 nouvelles personnes seront recrutées en janvier 2020. Les allocataires du RSA reçoivent directement à leur domicile les offres d’emploi dès lors que le Département recrute sur leur commune ce qui lève  la majeure partie des freins à la mobilité et permet l’ancrage de ces personnes dans un emploi local. 45 allocataires du RSA retrouveront ainsi le chemin de l’emploi d’ici janvier 2020.

+ D’INFOS SUR

www.abi-29.fr

atelier d’insertion

Un atelier d’insertion pour se remobiliser

L’atelier d’insertion animé par l’association Championnet propose un parcours de remobilisation de 8 mois, pour des personnes très éloignées de l’emploi, reconnues RQTH (travailleur handicapées). Reportage à Quimper.

Comme chaque jeudi, le petit groupe se retrouve à 9h pour partager le café du matin. Ce jour-là, Malika Chilah, conseillère en économie sociale et familiale propose aux cinq présents de l’atelier d’insertion coordonné par l’association Championnet, de l’accompagner pour les courses. «  Aujourd’hui, nous avons prévu de préparer une tarte aux poireaux et aux courges.  » Deux ou trois volontaires l’accompagneront. «  Si l’on y a va trop nombreux, les gens vont nous regarder, alors que là, on fera nos courses comme tout le monde  ».

L’un des participants ne s’est pas présenté ce matin. C’est un des aléas de l’atelier d’insertion. Les personnes présentes sont toutes très éloignées de l’emploi et reconnues travailleurs handicapés (RQTH). Elles se retrouvent 12 à 14 h par semaine, deux fois en demi-groupes et une fois en groupe entier, composé de 8 personnes maximum. Des ateliers techniques sont proposés par Alain Le Doaré, encadrant, autour de travaux de menuiserie à partir de palettes recyclées. «  La précision, la concentration, la dextérité mais aussi les règles de sécurité sont abordés pendant ces ateliers  ». Mais Nathalie y a également découvert une passion : «  Le mobilier en palette j’adore ça  ! Je ne savais pas bricoler en arrivant ici et puis j’ai réalisé un meuble pour ma salle de bain et un autre pour les chaussures. Et il est beau le résultat  ! Tous ceux qui viennent chez moi me le disent.  » La reprise de confiance en soi, mais aussi l’apprentissage de techniques pour s’équiper à moindre coût, est une des nombreuses vertus de l’atelier.

Un suivi au rythme des personnes

L’importance d’une remobilisation en groupe se ressent également chez les participants. «  Moi je suis timide, poursuit Nathalie, mais je me suis très bien adaptée au groupe. Je n’ai jamais eu de problème avec les autres. – Et les autres non plus  !  » rebondit Jacques, avec un enthousiasme sincère. Père et grand-père, il ne cache pas le parcours chaotique, qui l’a amené à participer à cet atelier. «  Pendant 10 ans je me suis amusé, fête et boisson avec les copains, et puis j’ai eu une prise de conscience. J’ai eu envie de casser ce rythme, de me reprendre en main… Parce-que quand les copains partent, on se retrouve seul. Ici je suis dans une ambiance saine, un peu trop même, ajoute-t-il avec malice. Ca me remotive, je me dis que les deux-trois ans qui me restent avant la retraite, je vais peut-être trouver quelque chose. Travailler en équipe ça me plait et puis on s’entraide. » Des sorties culturelles et un atelier photo sont aussi proposés, pour s’ouvrir aux activités artistiques.

Hors de l’atelier menuiserie et de celui au sein d’un Esat pour réparer les filets, Malika accompagne les participants deux jours par semaine sur les aspects sociaux, administratifs et peut faire le lien avec des professionnels de santé. Christian est arrivé dans cet atelier, à la suite d’une rencontre avec le CDAS. Il avait plusieurs soucis de santé, et notamment du diabète, «  j’avais du mal à prendre soin de moi  ». Cet ancien menuisier-plaquiste a découvert qu’un autre univers de travail, dans des entreprises adaptées (comme les Esat) existaient, «  des entreprises qui tiennent compte de mes problèmes. Moi j’ai envie de reprendre le travail, je ne veux pas rester inactif. Je suis là depuis plusieurs mois, mais je ne vois pas le temps passer. Ici on prend le temps de discuter, on a du temps pour soi aussi et pour l’acceptation de son handicap.  »

Un partage de repas, pas si anodin

L’heure tourne et il est temps de partir pour les courses. Chaque mois, Malika propose de préparer un repas ensemble. C’est l’occasion aussi de faire un travail autour de l’équilibre alimentaire. Et chaque midi où ils sont présents, les participants déjeunent au restaurant de l’hippodrome, une entreprise adaptée gérée par Championnet. «  Comme ça trois fois par semaine, ils mangent un repas chaud et équilibré  », conclut Alain.

Mots clés

CONTACT

  • association championnet
  • 2 rue Édith Cavell
  • 29000 Quimper
  • Tél. 02 98 98 71 64
  • championnet-asso.fr

Insertion et nautisme

Dans le cadre de sa politique pour le nautisme, le Département soutient la pratique pour tous et la compétition valide et handisport de haut niveau. Il soutient également des projets ou des événements nautiques sur lesquels il s’appuie pour proposer des actions en direction des personnes en insertion, des allocataires du RSA, des familles ou enfants accompagnés par le Département.

Ainsi, au centre nautique des Glénans, un programme de séjours élaboré sur trois ans permet d’accueillir ces publics. Et chaque année, des actions sont mises en place pour faciliter l’accès des grandes manifestations nautiques aux publics en précarité.

clauses d’insertion

785 personnes sous contrat en 2018

Les clauses d’insertion sont un des dispositifs mis en place par le Département pour favoriser l’emploi des publics éloignés du marché du travail.

Intégrées dans la commande publique, les clauses d’insertion sont un levier pour favoriser l’emploi des publics en insertion et répondre aux besoins de main-d’œuvre de secteurs d’activité en tension. Ces personnes peuvent être bénéficiaires des minimas sociaux, inscrites depuis plus d’un an à Pôle Emploi, âgées de moins de 26 ans sans qualification, reconnues travailleur handicapé (RQTH) ou bénéficiant d’un agrément IAE (insertion par l'activité économique).

Prévues au cahier des charges d’un marché public, les clauses d’insertion sont une condition d’exécution de la commande publique. Depuis 2013, les aides départementales, pour des opérations de 500 000 euros ou plus et des subventions de 100 000 euros ou plus, sont conditionnées à la clause d’insertion. En 2008, le Département a élaboré une charte départementale de clause d’insertion, incitant d’autres maîtres d’ouvrage partenaires (communes, communautés de communes, syndicats, bailleurs, sociétés d’économie mixte) à suivre le mouvement. Aujourd’hui, 86 partenaires y adhèrent.

Un nombre d’heures en constante augmentation

Depuis 2006, le nombre d’heures de travail réalisées dans le cadre de ce dispositif est passé de 20 856 heures en 2006 à 342 186 heures en 2018. En 2018, ce sont donc 188 équivalents temps plein qui ont été créés. Parmi les personnes embauchées, 57 % ont entre 26 et 50 ans et 29 % moins de 26 ans. 77 % des personnes ont un niveau inférieur au bac. Et un an après ces contrats, 56 % des personnes sont en contrat ou en formation. 89 % sont des hommes, avec des marchés encore majoritairement dans le secteur du BTP. 28 % des opérations avec clause sont liées à des prestations de services. 388 entreprises ont répondu à des marchés intégrant des clauses d’insertion. Cela permet au BTP, un secteur en tension, de recruter et d’attirer de nouveaux publics vers ses métiers.

atelier d'insertion

''La Boîte à bois'', l'atelier d'insertion Don Bosco de Morlaix

Les ateliers d'insertion de l'association Don Bosco permettent à des personnes bénéficiaires du RSA et des minima sociaux, orientées par des partenaires sociaux de se remettre en mouvement, de retrouver un cadre et surtout l'estime de soi.

A Châteaulin, ''Le Jardin partageur'' a vocation à créer un jardin partagé, un lieu de mixité sociale. A Saint-Thonan, ''L'Ekoconserve'' porte sur la transformation des fruits et légumes abimés pour en faire des confitures, des soupes...

L'atelier d'insertion de Morlaix, lui n'avait pas de nom. Le manque est comblé depuis quelques semaines. Il s'appelle désormais ''La Boîte à bois''.

« Nous proposons aux personnes que nous accompagnons, de revaloriser le bois de palettes » explique Yann Gentil, l'encadrant technique de l'atelier. « Elles fabriquent des salons de jardins, de la déco de Noël, mais travaillent aussi sur des projets personnels, pour aménager leur logement par exemple. Sans l'envie et le désir, on ne peut pas avancer » conclut-il.

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