Mémoire

seconde guerre mondiale

Le siège de Brest en 1944

L’été 1944, Brest et ses alentours sont le théâtre d’âpres combats pour la prise de la ville occupée par les Allemands. Le port militaire qui abrite une des bases de U-boot est une forteresse impressionnante. Dans les plans de « l’après Débarquement », Brest représente un objectif important.

L'ancien pont de Recouvrance

Après le Débarquement en Normandie le 6 juin 1944 et la « bataille des haies », les troupes alliées, aidées par les actions de la Résistance, se dirigent rapidement vers la Bretagne. Le 7 août, les blindés américains sont aux portes de Brest. C’est le major-général Troy H. Middleton, commandant en chef du VIIIe corps de la troisième armée des États-Unis qui est chargé de libérer la ville. Il dispose de trois divisions d’infanterie, de bataillons de rangers et de quelques unités d’artillerie et de soutien. Sans oublier les milliers de résistants FTP et FFI engagés à leurs côtés. Mais la mission s’avère des plus délicates : les Allemands ont transformé la ville en une véritable forteresse.

Brest, une ville forteresse

Comme le précise l’ouvrage Le Siège de Brest, opérations du VIIIe corps de la troisième armée des États-Unis(1) : « Au cours de leur longue occupation, les Allemands avaient construit de nouvelles fortifications autour de la ville et sur les emplacements couvrant les approches de la ville (…). Casemates, abris bétonnés, fossés antichars, routes barricadées et vastes champs de mines étaient établis suivant un plan parfaitement étudié. De plus, les forts, ports et casemates de la vieille cité étaient équipés de pièces d’artillerie moderne à trajectoire rasante et de vastes champs de tir étaient aménagés pour ces engins. » La base navale et en particulier la base sous-marine étant d’une importance capitale pour les Allemands, un grand nombre de batteries ont été installées notamment sur les presqu’îles de Crozon et de Plougastel-Daoulas, afin de protéger l’entrée du port et renforcer les tirs.

Une résistance acharnée des Allemands

Au cœur du dispositif de défense, les troupes allemandes s’organisent, récemment renforcées par l’arrivée des parachutistes d’élite de la 2e division du général Hermann Bernhard Ramcke, qui prend la tête de la garnison de Brest : près de 50 000 hommes. L’attaque principale de la ville est lancée le 25 août. Mais les troupes alliées se heurtent à une forte résistance allemande. Les parachutistes de Ramcke sont fidèles à leur réputation et défendent âprement leurs positions, infligeant même de lourdes pertes aux troupes américaines dont la situation est aggravée par l’insuffisance de l’approvisionnement en munitions. Durant de longues semaines, les bombardements et les pilonnages se succèdent. Ils finiront par affaiblir la défense allemande, mais ces raids aériens et tirs de mortiers ont réduit la ville en cendres. Le bilan humain est aussi très lourd : des milliers de morts des deux côtés. Le siège de Brest dure plus d’un mois. Ramcke se rend aux Américains le 19 septembre. La ville qui comptait 16 000 bâtiments en 1939 en compte à peine 200 à la fin des combats.

(1) Troy H. Middleton, Le Siège de Brest, opérations du VIIIe corps de la troisième armée des États-Unis, Brest : service mécanographique de la Ville de Brest, 1969, / A.D.F. (côte : Q 8BB492)

Mots clés

L’abri Sadi-Carnot : la tragique explosion

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, l’abri Sadi-Carnot, principal abri souterrain de Brest en partie réquisitionné par les Allemands, s’embrase à la suite d’un incendie qui atteint un dépôt de munitions : l’explosion fait plusieurs centaines de morts parmi la population. Une cicatrice et un lieu de mémoire pour la ville de Brest.

Le Musée mémoires 39-45 à Plougonvelin

Le Musée mémoires est installé dans un ancien blockhaus de commandement allemand. Sur cinq étages, une muséographie centrée sur les témoignages et anecdotes largement illustrés par des milliers d’objets, documents et photographies. Une plongée saisissante dans l’atmosphère de la guerre en Bretagne.

À deux pas de la pointe Saint-Mathieu, découvrez le Musée mémoires 39 -45. Au lieu-dit Le Prédic, route de la pointe Saint-Mathieu, 29217 Plougonvelin. Site : Muséemémoires39-45.fr