Actrices & acteurs

Finistèrien.ne.s Nicolas Locufier

Parcours pro, parcours de haut niveau

Originaire de Bannalec, Nicolas Locufier a suivi un parcours scolaire en filière professionnelle qui lui a permis de s’épanouir et d’occuper aujourd’hui un emploi qui le passionne.

« Comment ça marche  ? » pourrait être la phrase fétiche de Nicolas, qui aime « démonter, remonter, rechercher une panne et réparer ». Depuis l'enfance en effet, il développe un goût prononcé pour la mécanique, l’électricité, la technique en général.

Après un bac pro en maintenance des équipements industriels au Lycée professionnel Roz Glas à Quimperlé, il enchaîne avec un brevet de technicien supérieur (BTS) au lycée Yves-Thépôt à Quimper, en maintenance industrielle. « Cela m’a permis d’approfondir mes compétences techniques en automatisme, en électricité. Je retire beaucoup de satisfactions à mettre en service une machine, un robot, et régler au mieux ses manipulations et ses automatismes. » Le jeune Finistérien poursuit ensuite sa formation par une licence en alternance à l’IUT de Lorient, en ingénierie et maintenance des systèmes automatisés. L’entreprise quimpéroise avec laquelle il signe le contrat d’alternance le recrute ensuite sur un poste d’électricien automaticien durant deux années. Depuis décembre 2018, il travaille à la Scarmor, la plate-forme logistique de distribution des magasins E. Leclerc à Riec-sur-Bélon, où il occupe un poste de chef d’équipe maintenance. Avec une telle formation, il a réuni toutes les clés pour réussir professionnellement.

Ifremer à Brest

un atout pour la Bretagne

Le transfert du siège d'Ifremer à Brest est effectif depuis le 1er janvier 2019. Cette arrivée constitue un atout pour la Bretagne et renforce la place de Brest parmi les pôles mondiaux des sciences et technologies de la mer.

« Ifremer est l'institut national de référence dans le domaine des sciences marines », rappelle Patrick Vincent, le directeur général délégué de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.

Pour mener à bien ses missions, Ifremer bénéficie d'un solide réseau avec cinq centres et une vingtaine d'implantations dans le monde, l'établissement principal étant celui de Brest-Plouzané qui accueille plus de la moitié des effectifs. Depuis le début de l'année, il est aussi le siège social de l'institut. L'ensemble des directions, soit 90 postes de travail, a quitté Issy-

les-Moulineaux pour rejoindre le site de la pointe bretonne.

Pour accompagner ce transfert, Brest métropole, le Département du Finistère et la Région Bretagne, dans le cadre d'une convention signée avec l'État en 2015, ont financé un bâtiment HQE* de 3 700 m² comprenant une partie rénovée et une extension de plus de 2 100 m² qui sera livrée à l'été pour un emménagement à l'automne. L'enveloppe budgétaire de 10 millions d'euros** sert aussi à accompagner tant au niveau logistique que financier le personnel qui a rejoint Brest, soit quatorze salarié-e-s.

« Une solution a été trouvée pour toutes les personnes qui étaient au siège », apprécie le directeur. Pour Brest, l'opération aura finalement permis d'embaucher environ 80 personnes.

« Nous devons veiller à ce que la dimension nationale continue à exister fortement. C'est d'autant plus important que nous venons de signer avec l'État un contrat d'objectifs et de performance tourné vers la société, l'outre-mer, l'Europe et l'international. C'est un atout pour tout le monde, c'est un atout pour la Bretagne », conclut Patrick Vincent.

*HQE : Haute qualité environnementale

**Participation du Département : 4 millions d'euros

C'est un atout pour tout le monde, c'est un atout pour la Bretagne.
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www.ifremer.fr

4 M€

de participation du Département

Pêche et Plaisance de Cornouaille

Au service des usagers et professionnels des ports

Nouvel outil de gouvernance au service des ports de pêche-plaisance de Cornouaille, le syndicat mixte Pêche et Plaisance de Cornouaille est opérationnel depuis le 1er janvier 2018.

Il regroupe le Conseil départemental, la Région Bretagne, Concarneau Cornouaille agglomération, les Communautés de communes du Pays Bigouden Sud, du Cap Sizun-Pointe du Raz et de Douarnenez. Il permet une coopération renforcée entre les sept ports de pêche-plaisance de Cornouaille ainsi qu’une mutualisation des moyens financiers. Il travaille en complémentarité avec le GIP pêche Bretagne, créé récemment pour assurer la promotion des produits de la pêche bretonne.

Depuis janvier 2018, plusieurs projets ont été menés par le syndicat. À Douarnenez, le rejointoiement des quais du Rosmeur, le renforcement de la cale et la sécurisation de la jetée : 2,465 millions d’euros de travaux. À Audierne, l’aménagement de l’interface ville-port et la consolidation du môle du Raoulic : 1,28 million d’euros de travaux. Au Guilvinec et à Concarneau, des études pour la restructuration et la modernisation des deux criées ont été lancées. D’autres projets sont programmés en 2019, l’installation de défenses sur la jetée à Douarnenez, de nouveaux pontons à Concarneau (quai est), Audierne (pêche-plaisance) et Lesconil…

emploi en finistère

une filière maritime d'excellence

Le Finistère accueille deux établissements de formation aux métiers maritimes. Le lycée du Guilvinec forme lycéens et jeunes adultes aux métiers de la pêche, tandis que le Centre européen de formation continue maritime, à Concarneau, s’adresse exclusivement aux adultes, en perfectionnement ou en reconversion.

Mikaël Monfort a 17 ans. En terminale CGEM (conduite et gestion des entreprises maritimes) au Lycée maritime du Guilvinec, il a remporté la médaille d’or du concours Meilleurs apprentis de France 2018, catégorie marin pêcheur. 220 heures de travail ont été nécessaires au jeune homme pour réaliser un chalut pélagique à 4 faces. Ils étaient trois dans son lycée à participer. « Ça fait progresser et ça apprend à être plus rigoureux », explique le jeune homme, conscient également que sur le CV, la distinction sera un plus. Issu d'une famille de marins pêcheurs, il apprécie la mer, le travail du poisson, mais aussi les opportunités d’emploi et les bons salaires qui vont avec. Il s'interroge encore sur ce qu'il fera une fois le bac en poche : peut-être suivra-t-il une formation en électromécanique. « En tout cas, j’ai hâte de partir en mer. Les métiers de la ligne me plaisent beaucoup. C’est une pêche douce et durable. On pêche de beaux poissons qui se vendent à un bon prix. » Pêcher moins mais mieux, en somme. Un jeune homme bien en phase avec son temps.

2 questions à Alain Pomes, directeur du CEFCM, à Concarneau

Vous dirigez le CEFCM depuis onze ans, quelles formations proposez-vous  ?

Nous formons à tout ce qui est maritime. Cela va des formations initiales de matelot ou mécanicien, les deux métiers d’entrée, à la réparation navale, le mareyage, en passant par les biotechnologies marines. Chaque année nous accueillons 4 000 stagiaires. Le Centre européen de formation continue maritime propose 150 formations, d’une demi-journée à un an. Et nous gérons également la formation continue des quatre lycées maritimes bretons et de deux CFA. Nous avons aujourd’hui trois objectifs : répondre aux besoins de formation continue maritime, dispenser les brevets complémentaires et les habilitations aux professionnels, et proposer des formations sur mesure.

Quelles sont les dynamiques actuelles dans les formations maritimes  ?

Aujourd’hui le métier de marin est en tension. On peut y avoir une carrière rapide et très rémunératrice. Mais quelle que soit sa spécialité (hôtellerie, plate-forme pétrolière, marine marchande, pêche), on est avant tout marin. Les débouchés sont pour moitié en France et le reste est à l’étranger. En Bretagne, la formation maritime est un enjeu majeur pour le développement de l’économie bleue.

L’engagement des jeunes à l’international

En service civique à Madagascar

Le Conseil départemental promeut l’engagement des jeunes à l’étranger et accompagne plus particulièrement les jeunes entre 18 et 25 ans, éloignés de la mobilité internationale.

Par le biais d’un service civique et dans le cadre d’un programme de coopération décentralisée avec la Région Diana à Madagascar, 3 jeunes Finistérien.ne.s sont parti.e.s en mars dernier effectuer une mission de 6 mois en terre malgache. Parmi eux, Enora Mebrouk, originaire de Quimper. Entretien.

En quoi consiste votre mission dans cette région de Diana à Madagascar  ?

Ma mission de service civique répond à un objectif d’animation du partenariat entre le Conseil départemental du Finistère et la Région Diana, en collaboration avec le Conservatoire botanique national de Brest, qui intervient depuis 2012 dans la nouvelle aire protégée Montagne des Français, située au nord de Madagascar. Objectif : la préservation de la flore malgache. En tant que volontaire service civique, je viens donc fournir un appui bilatéral au Conservatoire botanique national de Brest et au SAGE - Service d’appui à la gestion de l’environnement - de la nouvelle aire protégée, dans leurs actions de conservation. Ma mission s’articule autour de deux axes d’intervention. Le premier porte sur l’étude d’une espèce exotique envahissante, le Lantana Camara, qui représente la deuxième plus grande menace après la destruction de l’habitat naturel. Notre but : cartographier la répartition de cette plante envahissante, afin d’identifier les zones d’actions prioritaires pour son élimination. Le second est le suivi écologique des lémuriens. L’enjeu est d’identifier les espèces de lémuriens présentes, d’étudier leurs comportements et leur habitat, afin de déterminer les diverses menaces qui pèsent sur la population. Grâce à cette étude, nous serons capables de mettre en place des mesures de conservation pour la protection et la multiplication des lémuriens, dont 95 % sont désormais en danger d’extinction.

En termes de biodiversité, qu’est-ce qui vous marque particulièrement dans cette région du monde  ?

Madagascar est un sanctuaire biologique insoupçonné  ! En raison de sa position géographique, le territoire a développé un fort taux d’endémisme : 80 à 90 % des espèces présentes à Madagascar n’existent nulle part ailleurs. Ici, les animaux et les plantes sont de véritables témoins de l’histoire géologique exceptionnelle de Madagascar. Ce qui me fascine c’est que ces espèces ont pour la plupart disparu des terres continentales, mais qu’elles ont continué à évoluer en vase clos à Madagascar. La biodiversité malgache revêt donc une très grande valeur qu’il est fondamental, selon moi, de protéger.

L’origine de votre motivation pour cet engagement citoyen  ?

Mes préoccupations face à l’érosion de la biodiversité ont clairement motivé mon choix de m’engager dans cette mission de volontariat. Ce n’est pas seulement l’avenir des espèces animales et végétales qui est aujourd’hui remis en question, c’est aussi le nôtre. Cette offre de mission de service civique a donc tout de suite éveillé mon intérêt, d’autant plus que la biodiversité malgache est sévèrement menacée de disparition en raison des nombreuses pressions anthropiques auxquelles elle doit faire face. Si on n’intervient pas pour sauver ce patrimoine naturel, ce sont des espèces uniques au monde qui disparaîtront à jamais…

Ce n’est pas seulement l’avenir des espèces animales et végétales qui est aujourd’hui remis en question, c’est aussi le nôtre.

80 à 90  %

d'espèces endémiques

CONTACT

Conseil départemental du Finistère

Tél. 02 98 76 24 38

www.facebook.com//Diana

Le grand portrait Yann Tiersen

Eskal musicale à ouessant

Né à Brest, le musicien Yann Tiersen a tissé au fil des années une histoire intime et forte avec Ouessant. Il y vit depuis maintenant quinze ans et vient de créer un nouveau lieu, l’Eskal, qui comprend trois studios d’enregistrement et une salle de concert. Rencontre.

Matériel analogique, magnétos à bande... l'Eskal intègre un studio "à l'ancienne".

Pourquoi avez-vous choisi de créer des studios d’enregistrement, ici, à Ouessant  ?

Je voulais faire un studio ici, parce que j’habite ici. J’ai fait un studio à l’ancienne, comme il ne s’en fait plus. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de grands studios. Nous on en a fait un, et en plus sur une île ! Avant, je n’avais jamais vraiment enregistré dans un studio, sauf pour Eusa (octobre 2016), qui est un album de piano solo que j’ai enregistré en studio, à Beyrouth. Mes albums, depuis 1997, je les ai fait, à la maison, à Ouessant. Mais pour mon dernier album, ALL (sorti en février 2019), c’est la première fois que j’enregistre dans un studio, du début jusqu’à la fin. On a mis un mois à mixer l’album, on a pris le temps de le faire dans un grand studio, derrière la console en haut. On a mixé tout le mois d’août. C’était génial, j’ai appris plein de choses  ! C’était intense, à chaque moment. Inconsciemment, on prend moins de décisions avec le numérique, qu’avec l’analogique. C’est un luxe, car ça prend du temps. C’est un des rêves et un des buts de l’Eskal : de redonner du temps de studio, dans un studio à l’ancienne, avec du matériel analogique, avec une grosse console, avec des magnétos à bande… De refaire des albums avec ce temps de studio, qu’on a plus. Parce que les gens veulent tout retoucher jusqu’à la fin, ou parce qu’on a plus de budget.

L’Eskal est composée de studios et d’une salle de concert, comment les deux projets s’articulent-ils  ?

Comme l’Eskal était en vente, évidemment ça ne pouvait pas être qu’un studio, avec les portes fermées. Parce l’Eskal, c’est l’ancienne discothèque de Ouessant. C’est donc un lieu où tout le monde a fait la fête et s’est rencontré. C’est un lieu qui appartient à Ouessant, aux Ouessantins.

On a donc lancé deux activités : de la location de studios d’enregistrement et une association avec des activités : concerts, résidences, ateliers, etc. Ce lieu comprend trois studios d’enregistrement et la salle de prise, qui est aussi la salle de concert, et dans laquelle on a une belle acoustique. On a réalisé un bardage bois asymétrique et on eu la surprise de voir que ça sonne super bien. J’adore le fait que ce lieu ait une identité. Même en jouant de la musique fort, on subit pas la réverbération, donc c’est idéal.

On aimerait faire des soirées thématiques, par exemple sur le métal  ou l’électro : avec un concert et une conférence sur l’histoire de cette musique, et proposer un enregistrement ou des résidences aux groupes. On est partis avec l’idée que tout est possible, que l’on a tout à inventer, pour partager et faire une programmation avec des groupes qu’on aime. Emilie, ma femme, y donne aussi des cours de breton.

Vous avez appris justement le breton, pourquoi ce choix  ?

J’ai appris le breton, il y a 4 - 5 ans maintenant. On a pris une année avec ma femme, en passant par Stumdi, pour ne se consacrer qu’au breton. En fait, j’ai toujours voulu le faire et puis souvent comme toutes les choses, on vieillit et on ne les a pas faites. C’est ma femme qui a impulsé ça, pour une belle raison : sa grand-mère, qui à la fin était atteinte d’Alzheimer, ne communiquait plus qu’en breton. Maintenant, on élève notre fils, le petit dernier en breton, à la maison. C’est une richesse incroyable. Et je pense que pour être bien dans sa peau, il faut savoir sa langue et connaître sa culture, quelle qu’elle soit  ? C’est quelque chose de très important.