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Fonds Européens

Un enjeu majeur pour le Finistère

Sur la période 2014-2020, les fonds européens ont représenté 45 millions d’euros d’aides par an en Finistère. Une ressource financière importante, qui bénéficie à de nombreux secteurs

Depuis longtemps, le Département du Finistère s’implique activement dans des projets européens. Les fonds européens ont en effet un impact financier très important sur des secteurs comme l’agriculture, la pêche, l’insertion ou encore l’innovation. Sur la période qui s’achève (2014-2020), ils ont représenté 45 millions d’euros d’aides par an en Finistère.

Selon les secteurs, un ou plusieurs de ces fonds peuvent être sollicités. Les projets ayant trait à l’insertion, comme par exemple le réseau Entreprendre au féminin Bretagne, se tournent généralement vers le FSE. Le Feder est, quant à lui, le fonds sollicité pour l’innovation et viendra soutenir le haut débit ou Ifremer. Pour l’agriculture ou la pêche, les aides européennes passent par le Feader et le Feamp.

Être la voix du Finistère

Le Département a un rôle à jouer dans l’attribution de ces aides. En effet, Aline Chever, chargée de mission Europe explique que « le Conseil départemental siège au comité de sélection et de suivi des projets. Nous connaissons les dossiers et on les pousse selon certaines priorités. Notre rôle, c’est d’être la voix du Finistère ».

Les fonds européens : manne ou mise en difficulté  ?

L’association culturelle Tomahawk, basée à Querrien, a fait à plusieurs reprises à des fonds européens pour monter des projets ambitieux. Un beau coup de pouce, pour lequel la structure aidée doit avoir les reins solides.

L’association Tomahawk s’est installée à Querrien, dans un paysage vallonné du Finistère. « La ferme ! », la salle de concert et d’événements qu’ils ont créée ne porte pas ce nom par hasard. C’est bien dans une grange, entièrement construite par les membres, adhérents et bénévoles de l’association que les bureaux sont installés, à l’étage, avec vue sur la scène, et juste au dessus d’une brasserie artisanale. 

Ca c’est le côté bucolique de Tomahawk. Car l’association est aussi devenue un centre de ressources pour musiciens en 2010 et organise un grand festival de musique dans la commune, qui a attiré pas moins de 13 500 festivaliers, pour sa dernière édition. « On a accueilli plein de groupes qui cherchaient des tourneurs, des dates, des financements », explique JC, l’un des fondateurs de l’association, qui a aussi été un label musical à ses débuts.  Car JC était musicien pendant 13 ans, avant Tomahawk. « On a alors eu l’idée de réaliser un « pack du zicos », c’est à dire un bouquin de conseils pour développer un projet musical. On avait envie de faire ce kit avec un copain du Royaume-Uni, qui comparerait les deux industries musicales ». Ce projet en tête, JC commence à s’intéresser aux fonds européens, et notamment Interreg, qui finance des projets avec des partenaires européens. Le projet est un succès : « On a édité ce bouquin en français et en anglais et il a fait un carton ». 

Les fonds européens : très lourd pour une petite structure

L’idée vient alors à l’équipe de monter un projet un peu plus ambitieux, avec un plus gros budget : un outil de booking collaboratif, dbtribe.com (plateforme de mise en relation entre des groupes de musiques et des lieux). A nouveau, Tomahawk fait appel aux fonds Interreg, avec un budget sur 4 ans. Même si le projet voit le jour, « la plateforme enregistre aujourd’hui 18 000 utilisateurs et recense 10 000 lieux en France, au Benelux, au Royaume Uni et commence en Espagne ! », JC tient à prévenir les autres associations qui souhaitent suivre cette voie-là. « Pour ce projet, le budget était 150 000 euros de subventions Interreg et 20 000 euros en fonds propres. Mais en réalité, il nous a coûté 200 000 euros de plus, autofinancé. Il a fallu avancer les frais, et ensuite se faire rembourser avec des justificatifs… Beaucoup de justificatifs. C’est très lourd administrativement pour une petite structure. Il faut prévoir 1 à 1,5 salarié.e en ETP pour la partie administrative et financière et avoir assez de trésorerie. ». Mais le responsable de l’association reconnaît également que ce projet « n’aurait jamais pu le développer avec des fonds uniquement en France ». Prochaine étape, « faire appel à des Fonds Leader, fléchés sur les projets culturels, pour revoir notre modèle économique, avec un audit juridique et fiscal, et maintenir des postes ». Aujourd’hui, l’association qui a eu jusqu’à 10 salariés n’en a plus que deux, « mais pour bien fonctionner, on devrait être six ». 

JC Klotz, le fondateur de l’association Tomahawk

JC, le fondateur de l’association Tomahawk, a bénéficié d’aides européennes pour développer une plate-forme collaborative de booking (mise en relation de groupes de musique et de salles). Il reconnaît qu’il n’aurait jamais pu développer ce projet sans les fonds européens. Il souligne aussi que « c’est important de prendre conseil, pour bien orienter le projet si on veut le présenter à l’Europe ». En effet, si sa structure a résisté à l’attente du remboursement des frais avancés, ce n’est pas le cas de toutes les associations. « C’est très lourd administrativement pour une petite structure », précise-t-il. Les collectivités sont là pour les aider.

Définitions

Les fonds structurels européens et d’investissement (Fesi) sont de différentes natures. Ils regroupent : le Fonds européen de développement régional (Feder), qui comprend notamment les programmes de coopération territoriale avec d’autres pays européens (dits Interreg), le Fonds social européen (FSE), le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), qui est un des outils de la politique agricole commune (Pac) et enfin le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (Feamp).

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