Pays de Centre Ouest Bretagne

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Nerzh : un réseau à investir

Partir des besoins, des souhaits, des projets des 15-30 ans dans le pays du Centre ouest Bretagne (Cob), tel est l’objectif du réseau Nerzh. Décryptage.

« Nous avons souhaité changer les pratiques d’actions descendantes vers les jeunes, pour plutôt partir d’eux, de ce qu’ils pensent. Pour paraphraser la chercheuse Valérie Jousseaume, je pense aussi que le monde rural a un avenir, si les jeunes sont impliqués », explique Daniel Caillerec, délégué général du conseil de développement du pays Cob.

Le projet Nerzh est né de ce constat. Émilie Daab a été recrutée il y a un an pour le mettre en œuvre. La population des 15-30 ans, public prioritaire du projet, est évaluée à 10 000 personnes, en Cob. « Globalement, nous avons deux types de population, les moins de 18 ans, qui se projettent majoritairement hors du territoire, car il y a peu de possibilités d’y faire des études supérieures. Et les 25-30 ans, qui sont déjà ancrés dans le territoire. » Un site Internet et des réseaux sociaux ont été créés, avec pour fil rouge l’ancrage dans le territoire justement. L’objectif du projet est de mobiliser des jeunes pour qu’ils s’emparent du réseau et partagent événements, offres d’emploi, missions bénévoles, etc.

Une enquête pour mieux connaître les 15-30 ans

La première phase du projet repose sur une enquête destinée à mieux connaître cette population. Le site est alimenté par une quarantaine de reportages sur des jeunes et la vision qu’ils ont de leur territoire. Une première restitution de l’enquête, sur la base des 500 premiers questionnaires, a eu lieu le 15 décembre. Quelques éléments ressortent, avec 60 % de filles parmi les répondant.e.s. « La santé est un des points noirs, commente Émilie, avec peu d’accès aux professionnels et 25 % de répondant.e.s qui évoquent des idées noires. Des chiffres contrebalancés par 90 % des jeunes ayant répondu, qui se disent heureux. L’attachement au territoire est une donnée importante, avec 75 % des répondant.e.s qui souhaitent rester dans le Cob, même avec un salaire modeste. 90 % de ceux et celles qui travaillent disent avoir un job qui leur plaît. Dernier point à souligner : 50 % des répondant.e.s vivent avec 1 000 € par mois, ce qui représente un frein pour se projeter, notamment dans un achat immobilier. »

Flocon, le snack vegan made in Cob

Installée depuis septembre 2017 à Châteauneuf-du-Faou, l’entreprise Flocon a été créée par deux jeunes femmes originaires de Paris. Présentation.

Elles ont 29 ans et depuis un an, elles commercialisent des gâteaux apéros produits à Chateauneuf-du-Faou. Géraldine Esnous et Juliette Iserin, originaires de Paris, sont arrivées dans le Cob, par un concours de circonstances. « Nous avons rencontré un Breton originaire de Coray Christian Le Naour, qui avait 30 ans d’expérience dans la biscuiterie. Il a partagé avec nous son savoir-faire », mais les a également introduites dans le Finistère. De fil en aiguilles, les jeunes femmes qui ont conçu une gamme de « snacks, bons nutritionnellement, sans produits chimiques et gourmands », prennent contact avec la communauté de communes de Haute Cornouaille. La collectivité les aide en leur permettant de s’installer dans un bail précaire commercial, avec option d’achat dans l'atelier-relais de Kroas-Lesneven, à Châteauneuf-du-Faou. « Ici on a bénéficié d’un accueil, d’un accompagnement, et d’un écosystème industriel que l’on n’aurait jamais eu à Paris. Par exemple, un jour il nous manquait des pièces. Nous avons a appelé l’entreprise agroalimentaire voisine, et ils ont pu nous dépanner sur des petites pièces », explique Juliette. Géraldine rebondit sur l’accueil reçu : « Nous avons vraiment bénéficié d’un soutien incroyable. Le lien humain est quelque chose de très fort ici. Les gens nous expliquent les choses, nous portent ».

De nouvelles gammes en préparation

Du fait de leur statut particulier, car elles travaillent dans le Cob une semaine sur deux et vivent à Paris le reste du temps, elles ont été sollicitées par Emilie Daab, chargée de projet du réseau Nerzh. L’entreprise Flocon et leur expérience professionnelle dans le Cob ont été l’objet d’un des reportages diffusés sur le site de www.nerzh.org. « Cela donne aussi l’image d’un pays Cob où l’on peut entreprendre, se félicite Emilie. Cela montre que tout est possible et on l’espère que ça donnera envie à d’autres de suivre le même parcours. Un territoire se renouvelle par ses apports extérieurs », rappelle-t-elle. 

Les jeunes femmes commercialisent déjà dans le Finistère et la Bretagne, et à travers le réseau de magasin bios Naturalia leurs produits. Leur capacité est de 50 tonnes par an. Aujourd’hui, trois saveurs existent : sel de Guérande, poivre noir et fenouil, mais Géraldine et Juliette penchent sur des nouvelles gammes. « On s’est rendues compte que l’apéritif était laissé-pour-compte sur l’innovation. Mais il y a un marché, car l’apéro se développe, remplace souvent l’entrée et prend une place plus importante. En parallèle, les produits saints sont recherchés par le consommateur ». Un marché « made in Cob » prometteur, donc. 

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