jeunes

EXPOSITION

broderie et photo en résonance

Charlaine Crogennec, photographe, et Mathias Ouvrard, brodeur, ont décidé de monter une exposition, qui met leurs pratiques artistiques en résonance. Un projet présenté au Fonds départemental d’aide aux initiatives des jeunes (FDAIJ).

Charlaine Crogennec et Mathias Ouvrard se connaissent depuis quelques années déjà, « par le milieu breton ». Du haut de ses 28 ans, Mathias a déjà un beau parcours dans la broderie. Lycéen, il commence à broder pour son plaisir. Puis suit à Paris un cursus d’arts appliqués à l’école Dupérré, avec une option borderie. Dans le milieu des cercles de danse bretonne, il s’entraîne à réaliser des costumes. Puis se lance dans la création d’une première collection avec 26 silhouettes pour le festival de Cornouaille en 2016, avec Thomas Jan, un ami couturier. L’année suivante, il réalise dix looks pour l’édition 2017. « Cette dernière collection, on a décidé de la prendre en photo ».

Une première exposition en commun

Et c’est là que les chemins artistiques de Charlaine et Mathias se croisent. La jeune femme de 22 ans n’a pas perdu de temps. Après un bac arts appliqués, elle se rend à Paris pour passer un BTS photo. Elle sait déjà ce qui lui plaît : la photo de mode. Et avant même de finir son diplôme, elle se lance à son compte, commence à travailler, puis revient dans le Finistère.

Quand ils se rencontrent autour de la dernière collection de Mathias, l’idée de la photographier dans les monts d’Arrée, leur apparaît comme une évidence. « Son travail est inspiré par la mode du terroir. Ces paysages des monts d’Arrée, concentrés de la Bretagne, collaient bien avec la collection », détaille la jeune photographe.

Ces photographies ont depuis été exposées à la galerie Artem, à Quimper, fin 2018. L’exposition se présentait comme un dialogue entre ces photos, des costumes brodés présentés en pied, une série de papillons brodés encadrés et d’autres photographiés sur des modèles. Ce projet artistique a été présenté au Fonds départemental d’aide aux initiatives des jeunes (FDAIJ), qui aide financièrement des jeunes à réaliser un premier projet individuel ou collectif.

sciences

la tête dans les étoiles

L’association Cap des étoiles propose des actions visant à rendre les sciences et techniques accessibles aux jeunes.

Cassiopée, la grande nébuleuse d’Orion… ce jour-là, dans le gymnase du Lycée des métiers de Pont-de-Buis, les élèves ont la tête dans les étoiles. Bien installé.es dans « Le chaudron des sciences », un planétarium gonflable itinérant de l’association Cap des étoiles de Crozon, acquis en 2018*, ils et elles observent le ciel en écoutant les explications de Pascal Perdriau, ancien électromécanicien en aéronautique. Depuis un an, ce dernier travaille en binôme avec Geneviève Terrière, chercheuse au CNRS** et déléguée régionale du ministère de la Recherche, aujourd’hui à la retraite. Ensemble, ils proposent aux écoles, collèges, lycées, structures jeunesse et bibliothèques du Finistère des actions de vulgarisation scientifique, notamment l’atelier spatial inspiré du Spatiobus, outil du CNES***. Les plus jeunes apprennent à fabriquer des fusées, les plus âgés découvrent l’astronomie. Cap des étoiles met aussi à disposition des expositions scientifiques et des films produits par les organismes de recherche sur des thèmes aussi variés que l’espace, la biodiversité, le conspirationnisme, les femmes inventrices…

« La culture scientifique n’est pas suffisamment développée dans notre pays, notamment dans les territoires "isolés", regrette Geneviève Terrière. Elle est pourtant essentielle car elle peut permettre de lutter contre le chômage des jeunes et actuellement contre les rumeurs. Notre objectif est de promouvoir l’orientation des jeunes vers les formations techniques et scientifiques de base, nécessaires à tous les métiers. »

Pour la conseillère principale d’éducation du Lycée des métiers, l’intérêt est évident : « Ce genre d’activité est très valorisant pour nos élèves et élargit leur horizon. »

À l’avenir, Geneviève Terrière souhaite aborder d’autres sujets : « Nous projetons de réaliser des vidéos à 360° sur d’autres thèmes pour ouvrir le champ des possibles aux élèves. La première vidéo prévue est axée sur l’océan. Mais pour cela nous sommes à la recherche de sponsors », conclut-elle.

*Le dôme a été acquis grâce au Conseil départemental du Finistère, la Communauté de communes de Crozon-Aulne maritime, Le Crédit Agricole, la Banque populaire de Bretagne et Groupama

** Centre national de la recherche scientifique

*** Centre national d’études spatiales

Jumelage culturel

le théâtre pour ouvrir l’horizon

Depuis l’an passé, le théâtre est au cœur du projet pédagogique du collège Tanguy-Prigent à Saint-Martin-des-Champs dans le cadre d’un jumelage culturel mais aussi dans la filière bilingue.

Il est midi. Le repas à peine terminé un groupe d’élèves du collège Tanguy-Prigent à Saint-Martin-des-Champs s’empresse de rejoindre l’atelier théâtre animé par l’une de leur professeure. Ils et elles répètent Le garçon à la valise, un texte qui raconte le voyage de deux enfants migrants. Cette pièce n’a pas été choisie au hasard. Elle fait écho à un projet artistique de plus grande envergure qui rassemble tous les collégien.ne.s de la 5e à la 3e pendant trois ans.

Un jumelage culturel de trois ans

En effet, depuis un an, grâce à des financements du Conseil départemental*, le collège est au cœur d’un jumelage culturel avec le Pôle culturel du Roudour et l’Ensemble Poursuite, collectif de comédien.ne.s, musicien.ne.s, vidéastes, auteur.e.s... passionné.e.s par la voix et le mélange des arts. Par trois fois au collège de janvier à mai, dont une semaine de résidence au Roudour, les artistes vont faire travailler les élèves sur le thème de la Méditerranée, espace de partage et d’échanges autour de l’œuvre de Romain Didier et Allain Leprest Cantate pour un cœur bleu**.

« C’est un projet important qui permet aux élèves de développer leurs compétences artistiques et sociales mais également leur estime de soi. Ce jumelage a aussi pour but d’amener les professeur.e.s à s’impliquer de plus en plus dans des projets artistiques pour qu’ils.elles puissent en initier d’autres ensuite », explique Gaëlle Parvillers, la principale de l’établissement.

C’hoariva pour la filière bilingue

Visiblement les élèves sont conquis.e.s. « Le théâtre c’est chouette, même si c’est difficile d’aller sur scène », avouent Lou et Tess, deux sœurs. L’an dernier, pour leur entrée en 6e elles ont intégré la toute nouvelle filière bilingue breton/français. Là aussi le théâtre a marqué leur année. Bob Simon, comédien et président de l’association C’hoariva qui regroupe les compagnies en langue bretonne les a accompagné.e.s dans l’élaboration d’un spectacle : « Le but du théâtre en langue bretonne c’est de faire en sorte que les élèves utilisent le breton en dehors des cours, qu’il devienne la langue de la vie. »

*Participation du Département : 15 000 € pour les trois ans

**La restitution du spectacle aura lieu le 25 mai au Roudour

Collège de Briec

Notre cantine, on l’adore !

Collège de Briec : 850 repas quotidiens, 70 % de produits bretons et 19 % de bio.

L’espace de restauration du collège Pierre-Stéphan de Briec a la particularité d’accueillir des collégiens, mais aussi des élèves de l’école primaire et maternelle, et des personnels municipaux. Tous les jours 850 repas sont préparés dans les cuisines avec une équipe de 15 personnes, composée d’agents départementaux et municipaux. « Ici les trois quarts de nos plats sont faits maison, précise le chef Grégory Ringue. 70 % de nos achats sont bretons, plus de 45 % finistériens, avec 19 % de bio. Les fournisseurs sont locaux pour la volaille, les légumes, les produits laitiers et le poisson. » Le respect de la saisonnalité et le travail de produits frais sont des priorités de l’équipe. Et les mangeurs semblent satisfaits  ! « Notre baromètre, c’est la pesée de poubelles. Même si avec des adolescents, il faut parfois trouver des astuces. S’ils voient les légumes, ils mangent moins. La soupe passe donc mieux que la potée de choux. On essaye aussi de leur faire goûter des choses, comme de la purée de céleri dernièrement. »

La restauration au collège de Plouescat: du frais et local au maximum

Au collège Louis et Marie Fichez de Plouescat, Pascal Kerguillec sert 140 par jour, en essayant de travailler en frais et de s’approvisionner localement au maximum. Rencontre.

Six heures du matin, Pascal Kerguillec est le premier à arriver sur son lieu de travail, la cuisine du collège Louis et Marie Fichez à Plouescat, un équipement refait à neuf il y a quatre ans. Chef de cuisine, il a la responsabilité de nourrir une bonne centaine de collégiens, leurs professeurs et le personnel du collège, au total 140 repas par jour. Pour l’aider dans sa tâche, il peut compter sur l’aide de trois personnes à temps plein, une avec lui en cuisine et deux au service général.

«  Le travail dans un petit établissement est intéressant car on est très autonome. Je fais tout de A à Z, des menus à la préparation en passant par les commandes et le service des plats chauds », se réjouit le cuisinier.

«  J’essaie de travailler en frais et bio au maximum en faisant appel à des fournisseurs locaux et nous venons d’adhérer à la la plate-forme Agrilocal 29 mise en place par le Conseil Départemental du Finistère pour rapprocher les producteurs des acheteurs  », explique Pascal Kerguillec.

«  Cependant, j’éprouve parfois quelques difficultés pour être livré car je travaille en flux tendu et les quantités commandées ne sont pas toujours très importantes  », regrette-t-il.

Cet approvisionnement est de temps en temps complété par une autre source plus originale. Le collège possède en effet, une section jardinage gérée par deux parents, des professeurs de SVT* et quelques élèves. «  Ils cultivent des légumes anciens, des poireaux, des salades bio... dans un potager au sein du collège que j’utilise pour faire de la soupe par exemple  » , souligne le chef de cuisine.

Travailler le plus possible avec des légumes de saison, voilà l’un des credo de Pascal Kerguillec, mais ce n’est pas le seul : «  Je tiens beaucoup à la présentation de mes plats car ce qui attire l’œil donne envie de manger  ». Il est vrai que les smoothies aux légumes sont une bonne façon de les faire apprécier des collégiens  !

*SVT : Sciences et Vie de la Terre

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