Mémoire

Protection des espaces naturels

40 ans d’actions du Département

Le Finistère a été l’un des premiers départements à mettre en place une politique de protection des espaces naturels. Les premières acquisitions, en vue de protéger ses écosystèmes et ses paysages, ont été réalisées dans les années 1970.

En Finistère, la problématique de préservations des espaces littoraux menacés par l’urbanisation émerge dès 1966. Le Conseil général décide de suivre la démarche lancée sur la façade méditerranéenne et adopte en 1968 les conclusions du rapport de Monsieur Le Préfet « fixant les délimitations des périmètres sensibles », « déterminant les zones dites de préemption dans lesquelles le Département pourra faire usage de son droit de préemption ». Lors d’échanges entre le Préfet et les conseillers généraux, Alphonse Arzel, conseiller général, souhaite à propos des dunes de Ploudalmézeau « que le Département un jour en devienne propriétaire, parce que le but à atteindre, au fond, c’est de préserver ces dunes pour tout le monde. »

C’est un arrêté ministériel du 11 avril 1969 qui instaure le périmètre sensible sur les 124 communes littorales du Finistère. Le Finistère est donc le premier département breton et du Grand Ouest à mettre en place de telles mesures.

Les premières acquisitions en 1971

Lors d’une session au Conseil général de janvier 1971, André Colin, le Président, souligne l’importance de la préservation du littoral et rappelle que « 70 % en gros de la clientèle touristique vient dans le Finistère à cause du pittoresque. » Les premières acquisitions sont lancées ce même mois. Elles concernent la réserve ornithologique du Cap Sizun à Goulien (24 ha), l’île Guiantec aux Glénan et la propriété du Hénan à Nevez.

La première zone de préemption du Département est délimitée par arrêté ministériel du 27 avril 1973 sur la commune de Locquirec. D’autres suivront. Lors d’une session de 1973 les premières orientations de la politique d’acquisition sont formulées. Priorité est donnée aux « acquisitions visant à freiner l’urbanisation sur des terrains où tous les autres moyens visant à interdire la construction auront échoué. »

Afin de compléter l’action des Départements, le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres est créé en 1975. Objectif : mettre en place une « politique foncière de sauvegarde de l’espace littoral, de respect des sites naturels et de l’équilibre écologique ». C’est en 1976, que la loi relative à la protection de la nature pose les bases de la protection des espaces naturels et des paysages.

Les lois de décentralisation de 1982

Ce sont les lois de décentralisation de 1982 et 1983 qui renforcent le rôle des Départements dans le domaine de l’environnement : établissement du plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR), redéfinition du cadre financier de la politique des espaces naturels sensibles.

À partir de 1990, les conseillers généraux décident qu’il est temps d’étendre l’action protectrice du Département au Finistère intérieur. Pour des sites qui présentent un intérêt tant du point de vue paysager que de la faune et de la flore. Trois premiers sites sont retenus : la vallée du Roudoudour, la haute vallée de L’Élorn et son affluent le Mougau et des zones de tourbières.

Aujourd’hui, le Conseil départemental appuie sa politique sur un schéma départemental des espaces naturels sensibles et de la biodiversité qui planifie sur la période 2015-2025 ses actions en matière de connaissance, de protection et de gestion des espaces naturels en concertation avec ses partenaires. Il a redéfini par ailleurs les orientations de sa politique foncière en 2018 pour prolonger dans la durée les efforts de protection foncière des espaces les plus sensibles, en concertation avec le Conservatoire du littoral et le Parc naturel régional d’Armorique.

Hommage : Gérard Garnier, ancien chef du service des espaces naturels et des paysages, Conseil départemental du Finistère

Gérard Garnier a été chef du service des espaces naturels et des paysages pendant plus de 20 ans.Avec les élus et les partenaires, il a structuré et développé la politique des espaces naturels sensibles qui permet aux Finistérien.ne.s à et à nos visiteurs de bénéficier de nombreuses pépites naturelles. Pour les protéger et permettre à chacun de nous de pouvoir s’en émerveiller et de s’y balader, Gérard a mis sa passion, ses connaissances, sa méthode au service de la préservation du patrimoine et du bien-être de tous. Il nous a quittés récemment mais le paysage se souviendra longtemps de son investissement, du littoral de Locquirec à celui du Cap Sizun, des plages de Saint-Nicolas-des-Glénan à celles de Tréompan… plus de 130 sites en grande partie ouverts au public. Gérard connaissait ces espaces naturels sur le bout des doigts. Les avoir protégés, c’était sa grande fierté.

Merci Gérard pour ce que tu as fait pour le Finistère, ses paysages et sa nature, merci pour celles et ceux qui s’y baladent et en profitent.

Mots clés

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www.finistere.fr

4 500 ha

d’espaces naturels protégés

133

sites répartis sur tout le territoire

47

  • partenaires opérationnels pour la connaissance
  • (10 EPCI, 1 syndicat, le Parc naturel régional d’Armorique, le Parc marin d’Iroise, l’Office national des forêts, 31 communes, 2 associations pour une gestion partenariale de ces espaces protégés et ouverts au public)