Pays de Cornouaille

insertion

le mareyage pour se remettre dans le bain

Les Paniers de la mer sont des chantiers d’insertion, basés sur une activité de mareyage. Reportage à Saint-Guénolé, dans le Finistère sud.

Comme chaque matin, dans les locaux du Panier de la mer, au port de Saint-Guénolé, l’activité bat son plein. Les salariés du chantier d’insertion s’activent autour de la table de découpe des poissons. Avec des gestes rapides et précis, ils étêtent puis équeutent des merlus, avant de les installer sur une grille qui passera dans la chambre de congélation. 60 % des poissons sont conditionnés en « pack » d’un kilo. Les autres, comme la plie, sont mis en filets. « On en a reçu beaucoup aujourd’hui », précise Sébastien Pétillon, responsable du chantier. Ce poisson frais, issu des stocks d’invendus des criées, est appelé poisson de retrait. Depuis 1997, date de création du premier Panier de la mer, une partie de ces poissons est donc préparée, pour être ensuite expédiée dans des structures d’aide alimentaire. Aujourd’hui, le réseau compte cinq chantiers d’insertion en Bretagne et en Normandie. Ce dispositif, financé par l’État, la Région, le Département et une part d’autofinancement (avec de la vente de soupes), propose des contrats d’insertion (CDDI) de 6 mois renouvelables, à 26 heures par semaine, payés au SMIC, à des personnes éloignées de l’emploi.

Le mareyage : une activité support

« Ce n’est pas une formation, précise bien Sébastien Pétillon, mais un dispositif de réinsertion. Le mareyage est une "activité support", pour les remettre dans un système. À côté, on travaille avec eux sur un projet professionnel et la levée des freins à l’embauche (santé, mobilité, logement…). »

Loïc, 21 ans, a été orienté par la Mission locale. « Ça m’a mis dans une dynamique », exprime le jeune homme.  En effet, arrivé en juin, il a formulé un projet professionnel : celui de s’orienter vers le maraîchage, en intégrant un autre chantier d’insertion. Dans cette activité, il apprécie également le fait « que ça serve à des associations ». Les autres participants, plus âgés, disent que le chantier leur « remet le pied à l’étrier », « permet de reprendre confiance en soi », et « d’avoir un salaire fixe aussi ». « C’est un nouveau tremplin », assure une des femmes en réinsertion.

« Quand on n’a pas travaillé depuis trois ans, c’est important d’être accompagné », précise un autre participant. « Moi, je viens maintenant sans appréhension. Être à mi-temps, c’est plus facile. Ça permet de reprendre un rythme. Il faut au moins un an pour se remettre dans le bain. Six mois, c’était trop court pour moi », conclut-il avant de rejoindre ses collègues.

Quand on n’a pas travaillé depuis trois ans, c’est important d’être accompagné.
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