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Maintenir le partenariat des Cornouailles

Photo : © M. Bougue

Depuis 1989, un partenariat de coopération existe entre le Département du Finistère et les Cornouailles anglaises. La volonté des deux acteurs est de le maintenir, malgré le Brexit.

Depuis 2007, le Conseil départemental emploie un volontaire international (VIE) basé en Cornouailles anglaises. Il est chargé d’animer ce partenariat de coopération dont les objectifs sont de renforcer les liens entre les territoires et soutenir des projets binationaux.

Des problématiques communes sont identifiées : les énergies marines ou l’entreprenariat au féminin… Des voyages d’études sont aussi organisés, comme lorsque des cidriers cornouaillais sont venus voir les techniques des artisans finistériens.

Malgré la sortie prochaine du Royaume-Uni de l’Union européenne, le Département maintient ses liens avec les îles britanniques. Concernant les Cornouailles, grâce aux financements européens assurés jusqu’en 2020, la coopération va se concentrer sur les thèmes de l’environnement, de la culture, du tourisme…

Avec le Brexit en vue, le Département va renforcer ses liens avec l’Irlande, toujours membre de l’UE. Les débats actuels autour du fret maritime et du développement des ports finistériens en démontrent toute la nécessité.

Témoignage : Frédérique Bonnard Le Floc’h

Frédérique Bonnard Le Floc’h est déléguée à l’enseignement supérieur, à la recherche et aux affaires européennes, membre de la commission insertion et emploi développement attractivité.

Aujourd’hui, le Finistère bénéficie d’environ 45 millions d’euros par an de l’Union européenne pour accompagner les projets des acteurs locaux. C’est assez peu connu des citoyens mais les fonds européens sont présents partout  ! L’Union européenne élabore actuellement son futur budget de 2021 à 2027. Les enjeux sont colossaux car ce budget va traduire les priorités de l’UE et le sens du projet européen. Le Département se mobilise dans cette phase de négociations sur l’avenir de ces budgets destinés à accompagner les territoires. Concrètement, nous défendons deux principes. Il est ainsi indispensable que les acteurs locaux qui connaissent les problématiques, les priorités et les opportunités de développement propres à leurs territoires, soient plus largement associés. L’UE doit s’appuyer sur le local  ! Nous demandons ensuite le maintien d’une politique de cohésion ambitieuse, dotée de fonds à la hauteur des enjeux. Cette politique fait ses preuves sur le terrain (projet de Très Haut Débit en Bretagne, aides aux agriculteurs, actions d’insertion professionnelle, développement des réseaux de transports, le soutien à la recherche…). Cette politique est concrète, efficace et au service du Finistère. Elle doit être maintenue.

Mission d’observation : la gestion des bénévoles sur les sites culturels de Cornouailles britannique

En avril dernier, une délégation finistérienne se rendait en Cornouailles britannique, dans le cadre du partenariat entre cette région et le conseil départemental. Retour d’expérience.

Responsable de structure, médiatrice culturelle, bénévole… les participants finistériens de cette mission d’observation en Cornouailles britannique ont pu échanger pendant quelques jours sur une problématique commune : la gestion des bénévoles dans les sites culturels. Parmi eux, Anne Dupont, responsable développement au sein de l’EPCC Chemins du patrimoine en Finistère et directrice du Musée de l’école rurale, témoigne : « Nous réfléchissons actuellement à notre articulation avec les bénévoles, dans nos différents sites. En Angleterre, nous avons pu voir comment ils s’organisaient autour de problématiques comme celle de mettre plus de mixité générationnelle dans les équipes bénévoles. On a vu des habitants passionnés par leur lieu de patrimoine et ça interpelle. Ça demande de l’organisation aussi, mais il y a de vraies réflexions à mener sur la fédération des équipes et l’ajustement des emplois du temps, entre salariés et bénévoles ». 

Gérard Gwen, bénévole au sein de l’Ecomusée des Monts d’Arrée, géré jusqu’en 2017 par une association avant d’être regroupé au sein d’un groupement d'intérêt public (GIP), a également constaté des différences d’implication. « La gestion des sites culturels britanniques se fait avec des volontaires et un minimum de salariés, car ils ont peu de subventions d’Etat. De fait, les bénévoles sont plus impliqués dans la vie des musées. C’est un phénomène historique chez eux. Moi, je ne serais pas prêt à m’engager à ce niveau là, tant en termes de mission qu’en termes de disponibilité », explique-t-il. La question de la place des bénévoles par rapport aux  salariés, a notamment retenu l’attention de Myriam Lesko, médiatrice culturelle au Musée départemental breton et au Manoir de Squividan. « On a vu des sites de différentes tailles, dont certains avec des pôles gérés par des bénévoles et où il y a même un poste de responsable des bénévoles, ce qui ne serait pas envisageable pour nous. Mais à Squividan, qui est peu ouvert au public aujourd’hui, on pourrait imaginer que la médiation ou l’entretien des jardins soient aux mains des bénévoles, comme dans l’un des sites que nous avons visités », conclut-elle, en précisant que cette mission est bien le début d’une réflexion plus longue…