Pays de Cornouaille

Attractivité

Le pôle audiovisuel au Rosmeur

Cela fait déjà plusieurs années que le projet était en construction. Rassembler les professionnels cornouaillais de l’audiovisuel est aujourd’hui chose faite.

Depuis le début de l’été, un tiers des 75 membres du collectif créé en août 2016 ont intégré les bureaux du Pôle audiovisuel à Douarnenez, situé sur le terre-plein du port. Par les fenêtres des bureaux, on aperçoit presque la mer et les cris des goélands ponctuent les échanges.

Le projet est né des rencontres de professionnels du pays de Douarnenez et de l'Ouest Cornouaille. Fred Prémel, gérant de Tita B Productions, Julien Cadilhac, monteur indépendant, Pauline Burguin et Anne Gouerou, journalistes-réalisatrices font le constat suivant : « Nous étions nombreux à travailler de chez nous et nous avons vu un intérêt à nous regrouper physiquement, pour se croiser au quotidien et faire mûrir des projets ensemble », explique Anne Gouerou. Si chacun des membres du collectif vient avec ses projets, le pôle permet d’étendre son réseau. Une première commande pour un film de promotion de Douarnenez vient d’ailleurs d’être confiée au pôle et fera travailler dix membres du collectif.

Le pôle audiovisuel a mis un an et demi avant de trouver des locaux adaptés. Aujourd’hui, les huit bureaux sont occupés par des sociétés, des indépendants, des cowokers. « Mais au-delà des locaux, nous souhaitons créer un pôle de développement pour attirer des productions et favoriser l'essor économique de notre secteur », explique Fred Prémel. Pour faire mûrir ce projet, le collectif bénéficie d’une aide de la Région, de l’Europe et de Quimper Cornouaille développement, dans le cadre du programme Leader. 

Portraits : Pauline Burguin et Anne Gouerou, journalistes-réalisatrices

Anne Gouerou, 54 ans, et Pauline Burguin, 34 ans, ont une génération d’écart. Pourtant, ces deux journalistes-réalisatrices intermittentes partagent les mêmes problématiques de travail. « Ici chacun vient pour développer ses projets, en s’aidant des autres. On vient tous avec nos sujets et on reste indépendant », précise Anne, qui travaille notamment pour France 3, réalise des documentaires en breton ou encore des webdocs multimédias. « J’ai eu envie de créer et de rejoindre ce pôle, pour être dans une émulation, un réseau, poursuit-elle. L’idée n’est pas forcément de travailler en commun, mais d’échanger, d’avoir des infos, d’être dans du “work in progress”. Cela donne une dynamique de travail. »

Une dynamique qu’apprécie Pauline, qui partage dorénavant un bureau avec Anne et d’autres réalisateurs au pôle. Travaillant pour des télévisions locales et des plates-formes web, elle apprécie l’échange entre collègues indépendants. « Le pôle peut ouvrir d’autres pistes de travail », explique-t-elle. Elle vient notamment de constituer, avec d’autres membres du pôle, une équipe qui réalisera un film promotionnel de la ville de Douarnenez. Pauline a également mis en place des rendez-vous mensuels appelés « court-bouillon », dont l’objectif est « de présenter un projet (film documentaire, création sonore…) pour tester son idée auprès d’un groupe de professionnels. Ce genre d’initiatives va servir et nourrir notre collectif ».  

Pleins d’autres développements sont dans les tuyaux, comme celui de créer un service de portage salarial au sein du pôle, pour pouvoir travailler  « avec des associations ou des collectivités, qui ne produisent pas de fiches de paie ». Une situation partagée par beaucoup d’autres réalisateurs, qui composent la moitié des membres du collectif.

Portrait : Fred Prémel, producteur

Tita B productions sort quatre films documentaires et deux fictions longues, par an. Une vitalité qui pourrait étonner « à la pointe du monde ». C’est en effet ainsi que Fred Prémel, gérant de cette société créée en 2015 à Douarnenez, défini ce territoire. Un territoire, doté d’une « dynamique et d’une forte attractivité », où il a choisi de vivre et de travailler il y a sept ans. Ce quarantenaire originaire des Côtes d’Armor estime qu’« il y a un potentiel créatif en Bretagne et un imaginaire très porteur ». 

Pour lui, la création du pôle audiovisuel dans le sud-Finistère est apparue comme une évidence. « Il y a une grande diversité de métiers liés à l’audiovisuel ici. On est devant un modèle unique en Bretagne, voire en France. On peut faire un film entièrement avec des professionnels de Douarnenez et de Cornouaille ». 

Si les professionnels de l’audiovisuel sont bien présents et que Fred travaille avec de nombreux talents locaux, « 99 % de la profession reste concentrée en Île-de-France. Mais les affinités, les connaissances, le réseau sont aussi très importants dans ce métier. La création de ce pôle pour nous, membre fondateur, c’est affirmer nos compétences et nos talents locaux, mais aussi d’avoir une conscience collective de cela. Cela permet de continuer à montrer que c’est possible de travailler ici, qu’il y fait bon vivre et créer des entreprises ».

handicap

deux expérimentations pour des sports nature accessibles

Dans le cadre du projet Sana (Sporto adaptito naturo nautika), porté par le Département, le comité handi-sports finistérien, la collectivité portugaise du Cim Alto Minho et l’association galicienne Agan +, deux expérimentations ont eu lieu cet été. Du matériel pour la pratique de sports nature accessibles a été mis à disposition sur deux sites finistériens.

Le projet Sana, financé par le dispositif européen Erasmus + sport, a trois objectifs : la mise en place d’une prélabellisation de sites de sports nature accessibles, la création d’une mallette pédagogique et l’organisation d’un raid européen handi-valide.

Une première expérimentation grandeur nature du projet a donc eu lieu du 2 au 6 juillet sur une voie verte, d’Audierne à Pont-Croix. « Sur ce site entre terre et mer, entièrement à construire, nous avons eu l'opportunité d’expérimenter le cahier des charges de la prélabélisation », explique Stéphane Heussaf, coordinateur du projet au Département.

La deuxième expérimentation, du 16 au 20 juillet, dans le bois de Névet, à Kerlaz, a été réalisée sur un site classé espace naturel sensible, déjà aménagé par le Département pour les personnes à mobilité réduite. 200 personnes sont venues tester les sites et le matériel. Parmi elles, des personnes handicapées, des professionnels mais aussi des valides et des écoliers.