Pays de Morlaix

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Goupil contre la fracture numérique

En reconditionnant et mettant à disposition des ordinateurs pour des personnes en difficulté, l’association Goupil à Morlaix lutte contre la fracture numérique.

Depuis un an, l’association Goupil, créée par Hervé Zalczer, électronicien à la retraite, œuvre dans le pays de Morlaix. Son objectif : réduire la fracture numérique.

« Pour trouver des ordinateurs, je fais des collectes auprès des institutionnels ou des entreprises. Car ce n’est pas viable de récupérer des ordinateurs un à un, il me faut des parcs homogènes. » Le Département lui a notamment octroyé une aide de 3 000 euros pour racheter 150 ordinateurs à bas coût et les reconditionner. Il travaille en partenariat avec l’EPSM Ar Brug, où il forme des jeunes qui apprennent à démanteler des DEEE (déchets d'équipements électriques et électroniques), et à reconditionner une partie des ordinateurs.

Une centaine de bénéficiaires de cours d’inclusion numérique

Hervé Zalczer met à disposition ces ordinateurs à des publics en difficulté. « Nous ne sommes pas une boutique, insiste-t-il. Nous travaillons avec des acteurs du social. Quand l’un d’eux détecte huit personnes qui ont besoin d’un ordinateur, on monte un groupe. Je propose ensuite deux heures de cours d’inclusion numérique, à l’issue desquelles je leur mets à disposition des ordinateurs à bas coût. » Depuis la création de l’association, plus d’une centaine de personnes ont déjà pu profiter de cette mise à disposition. Ces bénéficiaires sont de deux types : certains ont eu accès au numérique mais n’ont plus de matériel, et d'autres sont très éloignés de tout. « Ces derniers ont besoin d’une vraie formation. Car 2 heures ce n’est pas suffisant. Il faut au moins 24 heures pour rendre quelqu'un autonome », estime Hervé. Tous les ordinateurs mis à disposition sont déjà configurés avec le système d’exploitation Linux mint. Des logiciels libres et gratuits et des raccourcis directs aux prestations sociales (Pôle Emploi, la CAF…) sont également installés.

Reconditionner des ordinateurs pour des publics en difficulté

L’atelier D3E de l’EPSM Ar Brug, à Saint-Martin-des-Champs, forme des jeunes au recyclage de déchets d'équipements électriques et électroniques. Grâce au partenariat avec l’association Goupil, ils apprennent également à reconditionner des ordinateurs.

Ils sont six, ce lundi, dans le petit atelier D3E de l’établissement public de santé mentale (EPSM) Ar Brug, à Saint-Martin-des-Champs. Jean-Baptiste s’apprête à  remplacer le disque dur défaillant d’un ordinateur. Hervé Zalczer, électronicien à la retraite et fondateur de l’association Goupil, l’assiste d’un œil attentif. « On commence toujours par débrancher l’appareil, question de sécurité », précise-t-il. Le jeune homme de 20 ans poursuit l’opération. Il essaie d’introduire le nouveau disque dur, sur lequel se trouve une copie du master d’Hervé, équipé du système d’exploitation libre de droit, Linux mint. L’opération est finalement plus dure que prévue : « Je sais comment l’enlever, mais pas comment le remettre », explique Jean-Baptiste, qui est ici en formation une fois par semaine. Hervé l’aide, avant de rebrancher l’ordinateur.

Cela fait deux ans que l’atelier D3E existe au sein de l’EPSM Ar Brug. Sa fonction est de former des jeunes entre 16 et 22 ans, à récupérer des déchets d'équipements électriques et électroniques, auprès d’entreprises partenaires des alentours. Avant de les démanteler, les trier et les recycler. Depuis un an et demi, l’atelier animé par Jean-Michel Heuntehize, éducateur spécialisé et technique, travaille avec l’association Goupil. « Il faut une matinée à un jeune qui débute pour reconditionner deux ordinateurs, explique-t-il. Cinq à six jeunes viennent dans cet atelier à mi-temps et un tiers des ordinateurs que l’on reçoit sont vraiment réutilisables. On arrive à mettre à disposition environ dix ordinateurs par mois, sur dix mois, pour Goupil ». 

Un cercle vertueux 

Grégory, 17 ans, et Alan, 18 ans, viennent régulièrement à l’atelier depuis sa création. Ils apprécient les ordinateurs, qu’ils utilisent et réparent aussi quand ils sont chez eux. «   J’aime bien l’informatique, réparer et comprendre comment ça fonctionne, pourquoi il y a des problèmes », explique Alan. Il a d’ailleurs déjà fait un stage dans une entreprise « classique », alors que les débouchés pour ces jeunes sont plutôt les établissements et service d'aide par le travail (ESAT) et les entreprises adaptées. Le partenariat monté avec l’association Goupil permet en effet aux jeunes de se spécialiser dans le reconditionnement d’ordinateurs, alors que l’activité première des ateliers D3E est le démantèlement. Grégory, lui est également sensible aux destinataires de ces ordinateurs reconditionnés. « On apprend à démonter les ordinateurs, à copier le disque dur, à réparer l’ordinateur, pour aider des gens qui en ont besoin », explique-t-il. Car en effet, l’association Goupil destine ensuite ces ordinateurs à des publics en difficulté, qui n’ont pas les moyens d’acheter du matériel neuf. Un cercle vertueux, qui a valu à l’association Goupil et à l’atelier D3E d’obtenir le label ordi 3. 0, les inscrivant dans la filière nationale de collecte, de reconditionnement et de redistribution d’ordinateurs.

lanhouarneau

Aménagement d’une zone humide

Photo : © mairie de Lanhouarneau

« La commune possédait des parcelles à l’entrée du bourg en zone humide, donc non-constructibles, situées entre la zone artisanale et la partie agglomérée du bourg. Des élus ont alors pensé à les aménager, pour en faire un lieu de rencontres intergénérationnelles », raconte Éric Pennec, maire de Lanhouarneau.

L’idée de départ a mûri jusqu’à devenir une petite boucle de promenade tout public, avec l’aménagement d’un platelage en bois, d’une petite mare et d’un parcours d’interprétation sur le thème de l’« eau, source de connaissances ».

Le tout a été imaginé de manière ludique avec des panneaux explicatifs et des jeux interactifs pour comprendre le milieu des zones humides.

Les travaux ont duré 5 ans et se sont terminés en avril 2017, avant que le parcours d’interprétation soit officiellement inauguré en mai 2018. Pour cet aménagement, inscrit dans le contrat de territoire de la Baie du Kernic, la commune de Lanhouarneau a reçu une subvention départementale de 40 045 euros. Le projet a également bénéficié de l'appui technique de la cellule d'animation sur les milieux aquatiques (CAMA), fruit d'un partenariat entre le Conseil départemental et le Forum des marais atlantiques.