jeunes

concours T’as la tchatche

Deux films finistériens lauréats

Le concours « T’as la tchatche », organisé par le Centre régional Information Jeunesse Bretagne (CRIJ), propose aux jeunes Bretons de 13 à 30 ans de réaliser une vidéo informative de 4 minutes sur un thème qui les concerne. Pour sa 10e édition, T’as la tchatche a récompensé deux courts-métrages finistériens.

Prix des collégiens : La baleine bleue

Jean-Édern Aubrée et ses élèves. Photo © DR

L’année dernière, Jean-Edern Aubrée, professeur-documentaliste au lycée Saint-Blaise à Douarnenez, animait l’option multimédia. « J’avais déjà participé au concours T’as la tchatche dans un autre établissement. J’ai donc proposé aux élèves de tenter l’expérience cette année. »

Les lycéens ont déjà à disposition du matériel dans le cadre de cette option : caméra, micro, table de mixage, logiciel de montage. Ne manque que la motivation. Gwenegan, Éva et Elouan, élèves de seconde, décident de participer au concours. « Lorsque je leur ai demandé sur quelle thématique ils voulaient travailler, ils m’ont dit que les réseaux sociaux les intéressaient, car cela concerne tous les lycéens. Ils avaient entendu parler d’un challenge appelé La Baleine Bleue (Blue Whale Challenge), qui pousse des jeunes au suicide. » En quelques mois seulement, les trois élèves s’attèlent à la réalisation de ce court-métrage. Ils écrivent le scénario, tournent dans leur lycée et montent le film, guidés par leur professeur. Ils optent pour des choix esthétiques forts, comme celui d’assombrir les images jusqu’au noir et blanc pour la scène finale.

Et leur court-métrage a remporté le Prix des collégiens 2018  ! Avec à la clé un chèque de 250 euros qui leur a permis de racheter du matériel (enregistreur numérique, lampe led et claps de cinéma) pour continuer à réaliser des films l’année prochaine.

Prix de l'info : The rental quest

Antoine Delamare et Charles Élie Roy recevant leur prix. Photo : © CRIJ Bretagne

Antoine Delamare et Charles Élie Roy se sont rencontrés en cours de théâtre d’impro. Le premier est pharmacien et animateur d’une chaîne youtube humoristico-pédagogique sur son métier (WWOP pour Wonderful World Of Pharmacy).

« On a vu l’annonce pour le concours T’as la tchatche début avril et le film était à rendre le 15 mai  ! Mais on avait envie de faire une vidéo ensemble, alors on s’est dit que c‘était l’occasion. » Il faut alors choisir une thématique qui concerne les jeunes de moins de 30 ans. En se rappelant leurs années étudiantes, ils trouvent que leurs expériences de recherche de logement peuvent s’apparenter à un récit épique, comme dans un jeu vidéo. « On a voulu faire un truc décalé, en bossant le côté funky et pêchu pour qu’on ne s’ennuie pas. Après, on a fait un pot-pourri de nos références culturelles geek et cinéma avec Star Wars ou Ready player one, de Steven Spiedberg ». Le défi entre copains, réalisé sur leurs jours de repos, s’est révélé payant. « On ne s’attendait pas du tout à avoir un prix, et surtout pas celui de l’info  ! s’étonne encore Antoine. On s’était concentrés sur la qualité de la vidéo et la cohérence avec la thématique. » Cette récompense a conforté Antoine dans son envie de continuer à faire vivre sa chaîne Youtube. Les deux amis ont reçu une dotation de 350 euros en bons d’achat pour du matériel vidéo. 

Oser l’entreprenariat

Fluide coworking à Quimper

Killian Penvern. Photo : © Killian Penvern

« Je voulais travailler en indépendant. Je trouvais l’aven- ture excitante. » Killian Penvern a 21 ans. En octobre 2017, son bac vente-commerce en poche et quelques expériences dans la vente, il se lance.

Il crée son espace de coworking à Quimper, comme un défi à sa jeunesse et à son parcours scolaire : « J’étais nul en cours, j’ai eu mes examens de justesse », déclare-t-il avec un grand sourire.

Un an après l’ouverture de Fluide coworking, le bilan est positif. Aujourd’hui, Killian assure avoir atteint les objectifs qu’il s’était fixés. « Je fais ce que j’aime. J’ai des coworkers réguliers et des occasionnels. Je crée des événements. Je fais du social aussi  ! Ça, je m’y attendais moins, mais j'ai quelquefois un rôle de "psy" et les coworkers sont aussi parfois le mien, sauf que ça coûte moins cher  ! », plaisante-t-il.

Killian a trois activités : domiciliation commerciale, coworking et location de salles. Cette dernière est la plus rentable. Son objectif pour l’année à venir est d'afficher complet avec davantage de turnover. Il souhaite aussi organiser plus d’événements et de rencontres pour les jeunes, « une cause qui me tient à cœur ». Si Killian reconnaît que la création d’entreprise n’est pas de tout repos, « qu’il faut être un peu fou pour entreprendre », son message est sans équivoque : « Si vous avez une idée, foncez  ! La jeunesse n’est pas un frein, bien au contraire. »

service d’aide à la personne

L’envie d’aider et d’en vivre

Marianne Durand. Photo : © Marianne Durand

Marianne Durand a 23 ans et en juin dernier, elle a créé sa microentreprise d'aide à domicile : DZ'Aide.

Après avoir entamé des études de psycho, Marianne Durand décide d'entrer dans la vie active. Elle travaille donc à temps partiel comme agent d'entretien dans des entreprises, ainsi que comme aide à domicile et aide ménagère. Elle aime son métier mais se rend compte que ses employeurs prêtent peu d’attention à leurs clients. « Alors que moi, c’est le côté relationnel et humain qui me plaît. » Son projet de création d’entreprise commence alors à mûrir. « Je me suis dit que j’allais me lancer. À mon âge, je n’ai rien à perdre. » D’autant plus que la jeune femme a suivi une formation à la création d’entreprise, via le dispositif Activ’Créa de Pôle Emploi et bénéficie des indemnités chômage suite à une rupture conventionnelle.

En février, elle commence à démarcher les commerçants de son quartier à Douarnenez pour faire connaître son activité. Le cabinet de podologie en bas de chez elle, qui reçoit beaucoup de personnes âgées, la recommande. Assurée d'avoir la clientèle minimum pour démarrer, Marianne franchit le pas et le 18 juin, crée sa microentreprise. Quatre mois plus tard, elle intervient déjà chez une quinzaine de personnes, pour 60 heures par mois, à Douarnenez et Quimper. « Et je gagne aujourd'hui plus que lorsque j’étais salariée à temps partiel… » Elle fait le ménage, de l’aide aux courses, de l’assistance administrative selon les besoins. « Mais mon métier a aussi un côté social, je discute avec les personnes, qui sont souvent seules. Quand j’étais salariée, toutes les interventions étaient chronométrées. Là, je peux passer un peu plus de temps avec une personne si elle ne va pas bien. Il faut pouvoir s’adapter. »

médias

Les classes@ctus : INFO OU INTOX ?

Les classes@ctus au Conseil départemental.

Depuis 17 ans, le Conseil départemental participe à l’opération classes@ctus (ex-classes presse). Cette action repose sur un partenariat entre médias et institutionnels*.

L’année dernière, sept collèges du Finistère ont participé aux classes@ctus, soit 350 élèves.

Le principe est le suivant : chaque classe est abonnée au Télégramme ou à Ouest-France pendant 15 jours (version papier et web). Les élèves sont parrainés par un journaliste. La classe propose une réalisation multimédia, mêlant au moins deux supports (écrit, web, son et vidéo). L’objectif est simple : éduquer les élèves aux médias d’actualité et développer leur culture numérique. Le thème de 2018 était : « Info ou Intox  ? M’informer sans me tromper, c’est possible  ? ». Cette année, le collège Saint-Pol-Roux (Brest) a remporté le 1er prix ; le collège Jean-Moulin (Châteaulin) a remporté le 2e prix, le prix des élèves et le prix coup de cœur - GMF ; le collège Brizeux (Quimper) les 3e et le 4e prix.

*Le Télégramme, Ouest-France, le Club de la presse de Bretagne - Groupe Finistère, le festival Longueur d’ondes et la GMF, la Direction diocésaine de l’enseignement catholique, la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale du Finistère, le Centre de liaison de l’enseignement et des moyens d’information et le Département.

Témoignage : Marie-Noëlle Salaün, principale du collège Jean-Moulin, à Châteaulin

«  Comme nous avons une web radio dans l’établissement, les professeurs ont proposé aux 4e un projet sur la prise de son et la voix. Ils ont ainsi écrit deux fictions radiophoniques.

L’objectif de l’opération est d’apprendre aux jeunes à différencier leur opinion de l’avis général, à faire un travail sur la construction de leur identité. Ce travail a déclenché la parole. La classe de 4e n’est pas une année facile. Les réseaux sont au cœur de leur quotidien. On a pu leur montrer comment avoir plusieurs sources d’informations et se méfier des sources pour se faire sa propre opinion.  »

Prix coup de cœur – GMF : « LA RUMEUR. ELLE COURT. »

Remise des prix au collège Jean-Moulin.

«  Je m’appelle rumeur.

Au départ, j’étais toute petite, née de l’imagination et peut-être d’un peu de haine. Juste une blague, un mensonge, peu importe. Je suis passée rapidement de l’un à l’autre, et puis on m’a mise en scène ; on m’a filmée  ! Postée sur Youtube, on m’a regardée, partagée, commentée  ! J’étais heureuse. Et j’ai fait des rencontres : ah les réseaux sociaux, tant de blagues, d’histoires, de fausses vérités : c’était parfait pour me camoufler. Certains me croyaient, d’autres non ; puis d’autres encore avaient peur de moi. Et puis j’ai grossi, beaucoup. Je me suis nourrie des commentaires, des tweets et re-tweets ; je me suis dupliquée, je me suis transformée. Je suis devenue incontrôlable par ceux qui m’ont fait naître. J’étais émerveillée par l’effet que je faisais aux gens. Les plus jeunes, c’était facile, mais les adultes peu à peu aussi se sont mis à douter : je me sentais puissante  ! Les gens se laissent duper si facilement… J’ai frappé un grand coup en attrapant un journaliste, ce qui m’a propulsée en Une du 20 heures  ! Et c’est là que j’ai éclaté… Ils sont allés interviewer les gens concernés. Ils ont dit que j’étais fausse. On a fait intervenir la police, et mes créateurs ont été mis en garde. On a supprimé mes apparitions. On m’a démentie officiellement. Mais on parle encore de moi, de loin en loin ; on essaie de me supprimer totalement mais des gens croient encore en moi.

Faites attention : je reviendrai.  »

Quiz : FAKE NEWS

Savez-vous discerner le vrai du faux ?

Quiz des élèves du collège Jean-Moulin à Chateaulin