Mémoire

Archéologie

Gouesnac’h : des dépôts métalliques datant du Bronze

Il y a 3 000 ans, des femmes et des hommes de l’âge du Bronze ont enfoui dans le sol des objets métalliques qui sont parvenus jusqu’à nous. C’est ainsi qu’en 2004, à Gouesnac’h, des particuliers ont mis au jour trois dépôts d’objets datés de 900 avant notre ère. Conscients de l’importance de la découverte, ils ont informé les archéologues sans toucher au site. Une fouille a été réalisée par Muriel Fily, de la Mission archéologie du Conseil départemental du Finistère. Ces dépôts sont aujourd’hui intégrés aux collections du Musée départemental breton.

Une découverte exceptionnelle : cinq dépôts dans un même lieu

Bloc d’objets issu du dépôt 2 en cours de fouille, en laboratoire. Photo : © Muriel Fily

Dans le dépôt 1, 171 objets ont été mis au jour, dont des fragments d’épées, poignards, pointes de lance, haches, bracelets, racloirs, tôles, éléments de char, lingots de cuivre, déchets de fonte etc. Le dépôt 2 est l’un des plus grands répertoriés avec 477 objets de même type, ainsi que des ciseaux et des gouges pour le travail du bois, des rasoirs pour tailler les barbes.

Le dépôt 3 est composé d’une quinzaine de lingots de cuivre, matière première indispensable, en plus de l’étain, pour réaliser du bronze. Ils viennent s’ajouter à deux autres dépôts, découverts au XIXe siècle non loin de là.

Il s’agit de dépôts métalliques dits du type de l’épée en langue de carpe, connus sur la façade atlantique. Les objets découverts sont des armes, outils, parures, pièces de harnachement, de char et des éléments du travail du métallurgiste, enfouis en pleine terre. Ils sont déposés entiers ou en fragments. Quelques-uns ont été utilisés, mais pour d’autres la fabrication n’est pas achevée. Beaucoup ont été volontairement cassés, et un seul morceau a été déposé, soulevant la question du reste de l’objet. A-t-il été refondu  ? Plusieurs présentent des traces de mutilations. Sont-elles réalisées afin d’éviter leur réutilisation  ? Ou pour ôter l’âme de l’objet  ? Autant de questions auxquelles les archéologues tentent de répondre. La présence de cinq dépôts dans un même lieu souligne l’importance de cet endroit pour les communautés de cette époque, et fait de ce site une découverte exceptionnelle.

Sacrifier du bronze, pour qui, pourquoi  ?

L’enfouissement d’objets métalliques en terre ou dans des lieux humides est une pratique caractéristique de cette période. Ce phénomène passionne car on ne sait pas pourquoi ces populations ont écarté de leur fonction ces objets. Ces dépôts n’ont pas été trouvés près de tombes, et l’hypothèse d’offrandes funéraires a été écartée. Longtemps, on a pensé qu’il s’agissait de réserves de refonte. Aujourd’hui, l’hypothèse de dépôts rituels est la plus admise, car ils n’étaient pas destinés à être repris. Étaient-ils offerts à des divinités ou aux ancêtres  ? Dans l’espoir d’une bonne récolte, d’un dénouement heureux pour un évènement important  ? Seul le travail minutieux des spécialistes permet d’avancer dans la connaissance de cette pratique. La fouille de ces dépôts par des archéologues est une aubaine pour la connaissance scientifique car beaucoup de découvertes ne sont pas documentées et d’autres sont pillées.

L’archéologie à la rescousse

Dépôt 2 de Gouesnac’h en cours de fouille. Photo : © Pierre Carrié

Quand des vestiges sont découverts, il est important de prévenir les archéologues sans rien déplacer. Tout comme pour une scène de crime, si les indices sont bougés, de précieuses données sont perdues. Les études actuelles permettent de comprendre comment et avec quels matériaux étaient fabriqués ces objets, à quoi ils servaient… L’utilisation illégale de détecteurs de métaux pour la recherche de sites archéologiques entraîne leur destruction, privant ainsi les populations de leur précieuse histoire.

Rappel de la loi du Code du patrimoine

« Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche. » (Art.L.542-1.)

Qui appeler  ?

En cas de découverte, prévenez :

  • le Centre départemental de l’archéologie :
  • 02 98 81 07 20 
  • ou le Service régional de l’archéologie :
  • 02 99 84 59 00.