Actrices & acteurs

Finistèrien.ne.s Victor Berthelé

Réussir, grâce à l’apprentissage

Victor Berthelé est l’un des dix lauréats du concours « jeunes méritants » organisé par le Forum de l’apprentissage et de la formation en alternance, organisé tous les ans au Quartz à Brest. Il a choisi la voie de l’apprentissage comme formation initiale et prépare un brevet professionnel de menuisier au Bâtiment CFA du Finistère à Quimper. Une formation en alternance qui est basée sur une succession de périodes d’acquisitions de savoir-faire en entreprise et de périodes d'enseignement théorique.

« Très tôt j’ai été attiré par le travail manuel, explique Victor. Je préférais réaliser des choses concrètes dans un atelier plutôt que d’être sur les bancs de l’école. Aujourd’hui je passe une semaine par mois au Bâtiment CFA du Finistère à Quimper pour la théorie et le reste du temps en entreprise. » Roland Le Meur, son employeur, menuisier-ébéniste à Saint-Evarzec, forme son apprenti depuis deux ans et le juge « très méritant ». Victor déclare connaître de grandes satisfactions : « J’aime régler les machines et travailler le bois, la matière naturelle, pour au final obtenir un produit de qualité. Dégauchir, scier, raboter, poncer, vernir… ici on fait des choses précises, on fait attention aux détails, et surtout on est à l’écoute des clients les plus exigeants », dit-il. Par la suite, il souhaite intégrer une formation de scieur-affûteur et à terme devenir indépendant en créant sa propre entreprise. L’apprentissage lui a donné « le goût de l’autonomie ».

restauration collective

Rapprocher producteurs et acheteurs

Agrilocal* est une plateforme numérique de mise en relation d’acheteurs de la restauration collective avec des producteurs ou des artisans. Elle a été créée pour simplifier la parution de marchés publics mais surtout favoriser les produits locaux et de qualités dans la restauration collective. La ferme du Vern et le collège de Saint-Renan témoignent.

Portrait d’un producteur : la ferme du Vern

« Nous sommes une ferme d’élevage laitier en bio depuis 1989 », annonce Anne-Hélène Cotten, qui vient de reprendre l’exploitation paternelle avec son frère. En arrivant à la ferme du Vern, située à Saint-Yvi, on ne peut manquer la vue bucolique sur les champs où paissent brunes des Alpes et prim’Holstein. « Nos 70 vaches mangent de l’herbe fraîche pâturée de février à novembre, et du foin séché en grange l’hiver, le temps que les sols se reposent. » Le lait qu’elles produisent, 1 200 litres par jour en moyenne, est livré à 80 % en laiterie.

Le reste est transformé sur place en fromage blanc et yaourt. 60 % de cette production est destiné à la restauration collective. La plateforme Agrilocal permettra donc à la ferme du Vern d’augmenter cette clientèle et de la fidéliser. Les marchés publics offrent en effet l’avantage de contractualiser sur des volumes à l’année. Anne-Hélène s’est juste fixé un seuil : « Nous avons défini une quantité maximale de lait à transformer. Nous sommes une exploitation familiale et l’objectif est de rester fidèles à nos valeurs. Mais on pourra toujours se regrouper à plusieurs producteurs pour répondre à un appel d’offres », explique l’exploitante. Engagée dans une démarche qualitative, Anne-Hélène voit cette plateforme comme une opportunité de montrer son savoir-faire local.

* Après une phase d’expérimentation dans le nord et le sud Finistère, elle sera déployée à l’automne dans tout le Finistère.

Éducation à l'alimentation et circuits courts

Le collège Kerzouar à Saint-Renan s'inscrit depuis plusieurs années dans une démarche globale écocitoyenne de sensibilisation des collégiens au développement durable. « Nous avons mis en place le tri des déchets à la cantine en 2015. Les élèves apprennent, petit à petit, à ne pas gaspiller. Cette action nous permet d'économiser sur le budget nourriture et de faire un effort sur la qualité des produits », explique la gestionnaire de l'établissement, Hélène Appriou. « Nous avons pu introduire des aliments biologiques dans les repas à hauteur de 17 % des achats », renchérit Stéphane Véron, second de cuisine et membre du comité technique Agrilocal, ainsi que de la commission restauration du Conseil départemental.

Actuellement, le collège se fournit en pain auprès de deux boulangers de Saint-Renan et de Lannilis, en yaourts bio et fromage blanc bio auprès d'une exploitation agricole à Tréouergat, et en pommes bio auprès d'un producteur de la Roche-Maurice. À terme, grâce à la plateforme Agrilocal, la cuisine pourra s'approvisionner en légumes directement auprès de maraîchers du territoire. « Nous servons 62 500 repas par an à 460 élèves, pour un budget d'achat de nourriture de 125 000 euros. L'impact économique pour l'agriculture locale ne sera pas négligeable. Éducation à l'alimentation des élèves, produits de qualité issus de circuits courts participent d'un cercle vertueux qu'il faut développer », conclut Hélène Appriou.

L'objectif est de rester fidèles à nos valeurs.

+ D’INFOS SUR

www.agrilocal.fr

Le grand portrait Le Rocher de l’Impératrice

(Pré)Histoire de l’art

Les fouilles archéologiques menées depuis 2013 au Rocher de l’Impératrice à Plougastel-Daoulas sont à l’origine d’une découverte majeure : plusieurs dizaines de fragments de plaquettes de schiste gravées, dont certaines ornées de chevaux et d’aurochs. Un témoignage vieux de 14 000 ans. Nicolas Naudinot, enseignant-chercheur préhistorien à l’Université Nice Sophia-Antipolis/CNRS CEPAM, en charge de ce programme de recherche, raconte.

Comment ce site a-t-il été occupé il y a 14 500 ans  ?

Les résultats actuels nous poussent à envisager plusieurs incursions rapides dans cet abri par de petits groupes durant une période du Paléolithique supérieur que l’on appelle « Azilien ancien ». Les préhistoriques y ont fabriqué et réparé des flèches. Ils ont aussi découpé de la viande ou de la peau. Il pourrait ainsi s’agir d’un petit camp de chasse dominant l’actuelle rade de Brest, à l’époque totalement exondée puisque la mer est à l’époque plus basse de près de 80 mètres.

Les plaquettes gravées associées à ces outils et déchets de taille sont-ils les plus vieux témoignages artistiques de Bretagne  ?

À côté de ces activités de chasse, les préhistoriques ont effectivement gravé des plaquettes de schiste : les plus anciens témoignages artistiques de Bretagne. Il s’agit à plus grande échelle d’un des rares témoignages graphiques en Europe pour cette période méconnue. Le Rocher de l’Impératrice est donc aujourd’hui un site clef pour l’Azilien.

Des traces de pigments ont été identifiées sur certaines des plaquettes  ?

C’est effectivement le cas dans le fond de tracés de plusieurs fragments. Leur analyse par spectrométrie nous a permis de reconnaître du charbon de bois. Les préhistoriques ont ainsi appliqué des pigments sur les plaquettes gravées, au moins du noir dans le fond des gravures, et cela n’exclut pas l’usage d’autres couleurs qui pourraient ne pas avoir été conservées.

Qu’apporte cet ensemble à la compréhension des changements stylistiques entre le Magdalénien tel que connu dans les grands sites du Sud-Ouest par exemple et ceux de l’Azilien  ?

On savait jusqu’alors qu’un peu plus tard dans l’Azilien les groupes préhistoriques abandonnaient les représentations d’animaux au profit de signes géométriques gravés ou peints sur des galets. Les plaquettes gravées du Rocher de l’Impératrice permettent de voir que dans les premiers temps de l’Azilien, les préhistoriques maintiennent des conventions typiques de ce qui est connu dans le Magdalénien avec la représentation d’animaux très naturalistes. Cela permet de mettre en évidence un décalage entre changements graphiques (ancrés dans le Magdalénien) et techniques (méthodes de production de l’outillage déjà très aziliennes). Ce type de résultat est très difficile à mettre en évidence en préhistoire et fait de l’abri du Rocher de l’Impératrice un site exceptionnel.

Il s'agit (...) d'un des rares témoignages graphiques en Europe pour cette période méconnue.

Soutien à l'archéologie

Grâce au soutien financier concerté du Conseil départemental du Finistère (propriétaire du site) et de la DRAC-SRA Bretagne*, il a aujourd’hui été possible de protéger ce site afin de poursuivre les recherches dans de bonnes conditions et valoriser auprès du public les traces laissées par nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, il y a 145 siècles.

*Direction régionale des affaires culturelles – Service régional de l’archéologie Bretagne