Le Finistère, terre d’inspiration et de création

2018 : année de la culture

Le Finistère, terre d’inspiration et de création

Terre de diversité artistique et de créativité, le Finistère est un département dynamique en matière culturelle.

Le Conseil départemental, en soutenant de nombreux acteurs du territoire (scènes nationales, spectacle vivant, festivals de musique et culture bretonne, création cinématographique…), fait de la culture un vecteur d'épanouissement et de cohésion sociale.

Le soutien du Conseil départemental à la culture (au budget 2018) Préserver et soutenir le développement culturel des musées et sites du réseau 12 224 676 € Conserver et valoriser sur les territoires le patrimoine architectural et archéologique 3 131 627 € Aider les territoires à se doter d’équipements culturels et socioculturels 1 515 120 € Valoriser et conserver les collections muséographiques 453 184 € Valoriser et conserver les archives 348 383 € Développer la médiation des œuvres par le réseau des bibliothèques 756 751 € Soutenir la transmission et la pratique de la langue bretonne 2 259 901 € Soutenir la dynamique des arts vivants et des pratiques aristiques 3 762 467 € Équiper les acteurs culturels en matériel pour améliorer la qualité de la diffusion 22 455 €

Nathalie Sarrabezolles, Présidente du Conseil départemental du Finistère, a souhaité que 2018 soit l’année de la culture. Une initiative qui vise à promouvoir l’ensemble de la dynamique culturelle finistérienne, portée par ses acteurs.trices, professionnel.le.s, bénévoles et élu.e.s. 

Le Département du Finistère se distingue également à travers sa politique publique active d’accès à la culture, auprès de tous les publics. L’EPCC Chemins du patrimoine en Finistère, le Musée départemental breton, le réseau de lecture publique ou encore les Archives départementales, financées et portées par le Département, sont autant de vecteurs d’ouverture à la culture en Finistère.

2 questions à Anne Maréchal, conseillère départementale déléguée à la culture

Quelle est la place de la culture en Finistère  ?

Notre département est connu au-delà de ses frontières pour son dynamisme culturel, ses festivals, ses groupes de musique, son cinéma, son spectacle vivant… C'est une terre de créativité. Le Conseil départemental, à travers l'Année de la culture, a souhaité mettre en avant les différents acteurs. Il est important de faire découvrir toute cette richesse aux Finistériens et Finistériennes, de favoriser l'accès à de nouvelles pratiques culturelles. Permettre de vivre de nouvelles expériences à travers des festivals, par exemple, sur un projet de territoire. C'est l'occasion de partager des rencontres, des émotions, une aventure… La culture est aussi l'un des ciments de la cohésion sociale. Nous voulons dire aux habitants : allez à la rencontre de la culture, allez découvrir ce qui se crée à côté de chez vous et peut vous apporter du bonheur.

Comment le Conseil départemental accompagne-t-il les acteurs culturels  ?

Nous soutenons le spectacle vivant par l'aide à la création, à la diffusion. Nous accompagnons chaque année plus de 400 partenaires. Nous soutenons la création artistique et contemporaine grâce au 1 % culturel, par l'acquisition d'œuvres lors de construction de bâtiments départementaux, tels que des collèges et des centres d'action sociale. Nous soutenons la création cinématographique à travers Le Groupe Ouest, la lecture publique, la muséographie et la conservation du patrimoine, notamment des 22 propriétés départementales… La culture doit être défendue et soutenue parce qu'elle est source de plaisir, d'émancipation et d'ouverture aux autres.

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finistere.fr

Toute la programmation culturelle de l’été en Finistère : 

www.finistere.fr/Agenda-culturel

ensemble matheus

un orchestre au sommet de son art

Depuis sa création en 1991 à Brest, l’ensemble Matheus a parcouru du chemin. Portrait d’un orchestre unique en France, par son fondateur Jean-Christophe Spinosi.

Aux côtés de Jean-Christophe Spinosi, chef d’orchestre invité et fondateur de l’orchestre, l’ensemble Matheus sillonne la planète et ses plus prestigieuses scènes, de Salzbourg à Paris en passant par New York.

La particularité de cette formation réside tout d’abord dans son implantation revendiquée en Finistère. « Il y a une petite poignée d’orchestres sur notre modèle en France. Mais ils sont tous créés à Paris et viennent en résidence en province. Nous faisons l’inverse  ! On travaille quotidiennement pour ne pas délocaliser », précise le chef d’orchestre émérite. L’autre credo de l’ensemble Matheus est l’ouverture aux différents styles musicaux mais aussi aux différents publics. « En créant cet orchestre, on voulait explorer tous les types de musiques dites "classiques", mais aussi travailler les musiques "populaires" comme le rock, la chanson, le jazz… Nous sommes allés jouer aux Vieilles Charrues de la musique baroque en première partie de soirée, comme au Teater an der Wien, et on a fini par du Van Halen. Pour moi la musique ne devrait être que ça  ! » s’enthousiasme Jean-Christophe Spinosi.

Diffuser la musique auprès de tous les publics

Car en effet, le chef d’orchestre et son équipe tiennent à garder une musique de cœur, qui puisse toucher tout le monde et pas seulement les initiés. L’ensemble joue régulièrement hors les murs, dans des bars, des hôpitaux auprès d’enfants malades ou encore dans des petites communes du département. Les scolaires sont aussi l’un des publics touché largement par l’ensemble Matheus. « À toutes les répétions générales au Quartz, au moins 500 jeunes viennent nous écouter. Nous avons fait récemment deux concerts à l’Arena avec 2 000 jeunes des écoles brestoises à chaque représentation  ! » conclut-il.

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www.ensemble-matheus.fr

Théâtre

Dérézo, fabrique de sens

« Le théâtre, c’est le lieu du sens et de la transmission. C’est grâce aux rencontres avec les habitants des quartiers, les jeunes, les élèves, les citoyens… que nous entendons le bruit de notre époque. Nos spectacles sont le fruit de ces échanges », assure Charlie Windelschmidt, metteur en scène et fondateur de la compagnie brestoise Dérézo.

Dérézo (créée en 2000) est un acteur fort de la création culturelle en Finistère : la vingtaine d’artistes de la troupe joue une soixantaine de dates tous les ans ; leurs créations font le tour du monde ; un de leurs derniers spectacles, « Le petit-déjeuner », déjà présenté une centaine de fois, sera ce mois de juillet 2018 à l’affiche du Festival d’Avignon (à La Manufacture).

Dérézo, c’est aussi une troupe au cœur du quartier de Recouvrance. « Chaque année, nous créons un spectacle avec les habitants, en partenariat avec le centre départemental d’action sociale. Cette fois il fera le tour des îles du Ponant. »

Dérézo enfin est un lieu de fabrique, un laboratoire de recherche théâtrale : La Chapelle, plateau de 300 mètres carrés, accueille des artistes en résidence et s’inscrit dans un réseau national de création. Quartier général culturel de la compagnie, La Chapelle permet aux artistes finistériens de rayonner à l’international.

« Le théâtre est un outil qui permet de regarder au-delà des murs de la cité. Le spectateur est un citoyen qui prend le risque de s’interroger… » affirme Charlie Windelschmidt.

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www.derezo.com

arts visuels

Le Finistère, terre inspirante

Chateaubriand, Hugo, Turner, Gauguin… La liste des écrivains et artistes inspirés par les paysages, les costumes et les lumières du Finistère est longue. Petit aperçu avec Philippe Le Stum, conservateur du Musée départemental breton.

« L’attirance des artistes pour le Finistère ? Elle a commencé très tôt ! » s’exclame Philippe Le Stum, conservateur du Musée départemental breton. « C’est une terre qui n’a jamais été isolée, une terre de création artistique propice aux échanges. »

Le XIXe siècle a notamment constitué un âge d’or des artistes en Finistère. À partir des années 1830, la Bretagne est en vogue dans les milieux artistiques. « Le déclencheur d’une première vague romantique est Chateaubriand, rappelle Philippe Le Stum. Il sera suivi par Hugo et Flaubert, qui décrivent la nature, les tempêtes et les côtes rocheuses. »

La mer, les lumières, les costumes et les scènes de travail

Dans les années 1840, les coutumes préservées, les édifices religieux et les costumes finistériens attirent des artistes. Le train arrive dans les années 1850-60, facilitant les déplacements. Concarneau, Douarnenez ou Quimperlé deviennent des sites privilégiés pour les artistes. « Le port de Concarneau, ses bateaux, sa ville close, sa population au travail inspirent les peintres. Certains, comme Eugène Boudin, sont également sensibles à la lumière et ses effets changeants sur la mer », ajoute Philippe Le Stum. À Pont-Aven, les Américains, puis Paul Gauguin et les peintres de l’école du même nom « sont attirés par le pittoresque du chaos de la rivière et les scènes de la vie rurale ».

... le pittoresque du chaos de la rivière et les scènes de la vie rurale.
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musee-breton.finistere.fr

Artistes tchèques en Bretagne Termine dans 1 semaine, 3 jours !

Du 16 juin au 30 septembre, le Musée départemental breton propose une exposition consacrée aux artistes tchèques venus peindre en Bretagne.

« La Bretagne est alors connue dans toute l’Europe pour ses paysages et ses costumes, mais aussi son imaginaire et ses légendes populaires. Tout cela séduit les Tchèques, venus dès 1860… », précise Philippe Le Stum. Des toiles de Jaroslav Čermák, Alfons Mucha ou encore František Kupka, seront ainsi visibles au Musée départemental. Cette exposition, qui bénéficie de prêts exceptionnels de la Galerie nationale de Prague et du label de l’Année du patrimoine culturel attribué par l’Union européenne, sera ensuite présentée dans la capitale tchèque.

pont-aven

la création d’une école révolutionnaire

La nouvelle exposition du Musée de Pont-Aven, « Le Talisman de Paul Sérusier, une prophétie de la couleur », retrace l’histoire d’une des œuvres majeures du synthétisme, inventé par Paul Gauguin et Émile Bernard, au sein de « l’école de Pont-Aven ». Explications.

Pont-Aven possède une place à part dans le paysage artistique finistérien. Petit village pittoresque où l’accueil est chaleureux, il se distingue aux yeux des peintres du XIXe siècle. La beauté de paysages préservés, les collines, les bois, la rivière, les rochers de granit, les édifices religieux et les moulins, caractérisent la cité.

Les Américains investissent le site au milieu du XIXe siècle. Puis Paul Gauguin s’y installe plusieurs mois. Il invente en 1888 avec Émile Bernard un nouveau mouvement : le synthétisme. « À distance des écoles d’art parisiennes, il est plus facile d’être en rupture, d’oser. Les formes brutes des granits, le ton sourd des sabots l’inspirent pour peindre comme il voit et ressent les choses », explique Estelle Guille des Buttes, conservatrice en chef du Musée de Pont-Aven.

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museepontaven.fr

Culture bretonne

un concours de prestige

Cette année encore, Goulven Hénaff et Alexis Meunier se préparent au prestigieux concours de La Plume de paon. Ce couple de sonneurs braz présentera son nouveau répertoire au festival de Cornouaille.

Créé en 1949, le premier concours de La Plume de paon est organisé par la fédération Bodadeg ar Sonerion, assemblée des sonneurs en breton.

« À l’époque, explique Patrig Sicard, organisateur bénévole du concours pour le festival de Cornouaille, il manquait de sonneurs de bon niveau, capables de faire danser les cercles celtiques. » Aujourd’hui encore, le concours s’adresse aux sonneurs confirmés. C’est le cas de Goulven Hénaff et Alexis Meunier, « compères » depuis 2011. « On a d’abord mis un an à se connaître, à écouter et parler musique, se rappelle Goulven, membre du bagad du Moulin vert à Quimper et sonneur de bombarde. La notion de compère est importante. On doit avoir une complicité au-delà de la musique pour bien fonctionner en couple. Et ça a très bien marché  ! On a gagné cinq fois le concours de La Plume de paon et trois fois le titre de champion de Bretagne. »

Une plume de paon au chapeau

Cette année encore, Goulven et Alexis se préparent pour remporter le concours. « La plume de paon, accrochée au chapeau, était un signe distinctif des meilleurs sonneurs dans les temps anciens. Le symbole a été gardé, et aujourd’hui les concurrents remportent une plume en argent », précise Patrig Sicard. Si Goulven est resté au Moulin vert, Alexis sonneur de grande cornemuse au bagad Cap Caval, a déménagé dans le Morbihan. Le couple se retrouve régulièrement pour travailler leur répertoire dans la catégorie braz*. Le concours comporte trois épreuves, qui se déroulent dans la cour du Musée départemental breton le 28 juillet lors du festival de Cornouaille. Le matin, le couple sonne une marche et une mélodie, et l’après-midi, deux suites de danses. « Notre bonheur, c’est quand on s’arrête de jouer et que l’on mesure l’applaudimètre  ! »

Particularité du concours : les sonneurs travaillent obligatoirement un répertoire de danses du Sud-Cornouaille et une danse libre. Et là, le couple se donne un challenge, celui de toujours proposer un nouveau répertoire. « On va voir des anciens sonneurs. On écoute de vieux enregistrements collectés par l’association Dastum Bro Gerne. La musique bretonne, c’est une tradition orale. On mémorise les airs, on les adapte et on les écrit pour pouvoir les jouer. Pour nous, c’est important de mentionner l’origine des airs, pour les diffuser et continuer à les faire vivre », explique Goulven.

* La deuxième catégorie koz rassemble une bombarde et un biniou koz.

langue bretonne

« La création, essentielle à la vie de la langue bretonne »

Pour Yann Fulub Dupuy, auteur-metteur en scène bilingue, le choix de faire du théâtre en langue bretonne n’a rien de militant.

« Les deux langues me sont chères, mais mon travail d’écriture vient en langue bretonne. J’ai ensuite trouvé des gens pour jouer mes textes et d’autres qui veulent les regarder  ! » explique en toute simplicité le créateur de la compagnie amateur Tro-didro, zig zag en breton. Galnys, la dernière pièce qu’il a écrite, est la troisième jouée par la compagnie. Et depuis plus de 10 ans, le public est au rendez-vous, avec entre 50 et 200 personnes par représentation.

Pour la première fois la pièce a été surtitrée en français, pour un public non-bretonnant. « C’est un cas de conscience, explique l’auteur. Le surtitrage élargi le public, mais ce serait triste de ne faire que cela. C’est important, pour nous, bretonnants, de continuer à vivre dans notre langue. Et pour cela, la création en langue bretonne est essentielle. On nourrit aussi ainsi l’imaginaire des jeunes générations. »

Glanys, mot issu d’une langue disparue du XIIIe siècle entre Pays de Galles et Écosse, signifie le prix du sang (ou du mort). L’histoire, en costumes, commence par le meurtre de l’héritier d’un clan, par une femme du clan adverse. Le prix du sang devra être payé, pour réparer ce crime. « Trois ans de travail ont été nécessaires pour monter cette pièce, explique Yann Fulub, qui travaille à Kelenn, centre de formation des écoles Diwan. Nous sommes 25 comédiens et chanteurs sur scène, tous amateurs. Ce qui me plaît dans ce projet, c’est aussi de réunir des bénévoles de 15 à 80 ans  ! » conclut-il. 

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www.cietrodidro.fr

Expositions et nature

Chemins du patrimoine en Finistère : cinq sites, une vision

Créé en 2006, l’Établissement public de coopération culturelle (EPCC) Chemins du patrimoine en Finistère propose un projet culturel réunissant cinq sites patrimoniaux majeurs du département. Tour d’horizon.

Les cinq sites de Chemins du patrimoine en Finistère partagent une vision commune de la valorisation patrimoniale et le même souci d’accueil des visiteurs. Bien ancrés dans leur territoire rural, l’abbaye de Daoulas, l’abbaye du Relec, le manoir de Kernault, le château de Kerjean et le domaine de Trévarez suscitent ainsi auprès des habitants un sentiment fort d’appropriation, qui se confirme au fil du temps (246 000 visiteurs en 2017).

À travers des expositions, le choix a été fait, face à l’uniformisation du monde, de mettre en valeur la diversité culturelle. L’autre particularité de l’établissement est de s’adresser en priorité aux familles. « Nous concevons nos lieux comme des espaces intergénérationnels, où les parents peuvent devenir médiateurs de leurs enfants », évoque Philippe Ifri.

Chemins du patrimoine en Finistère mène également une politique d’ouverture à tous les publics : « Au-delà de tarifs préférentiels, nous tissons des liens étroits avec des organismes relais, pour toucher des personnes handicapées, les bénéficiaires d’allocations de solidarité, mais aussi les personnes en EHPAD ou encore, cette année, des mineurs isolés. »

Fondée au XIIe siècle, l’abbaye de Daoulas possède le rare privilège de concentrer en un lieu bien des centres d’intérêt : le charme des jardins et leur diversité botanique, la grande qualité patrimoniale du site et la découverte des cultures lointaines à la faveur d’expositions autour de la diversité culturelle.

L’abbaye du Relec se niche depuis le XIIe siècle au cœur des Monts d’Arrée. Les vestiges de l’espace claustral témoignent de la présence séculaire des moines cisterciens. L’église romane accueille des concerts de chorales ou de chants traditionnels. Dans le parc, au bord de l’étang, un potager thématique est à découvrir.

Caractéristique de la seconde Renaissance française par son plan et ses décors, le château de Kerjean est entouré d’une enceinte aux dimensions exceptionnelles. Il s’inscrit aujourd’hui dans un domaine de 20 hectares comprenant un colombier, des piliers de justice et une fontaine.

Construit au XVe siècle, avec un grenier à pans de bois remarquable du XVIIe siècle, le manoir de Kernault est au cœur d’un domaine de 30 hectares : bois, prairies, vivier et vergers de pommes à cidre.

Dominant la vallée de l’Aulne, le domaine de Trévarez est reconnu « Patrimoine du XXe siècle » pour son château et labellisé « Jardin remarquable » pour son parc et ses collections botaniques et « Jardin d’excellence » pour sa collection de camélias.

L’art au naturel !

Le Conseil départemental a décidé de mettre à l’honneur, dans le cadre de l’opération « 2018, année de la culture », quelques-unes de ses propriétés labellisées « espaces naturels sensibles », en y organisant des animations artistiques gratuites pendant l’été. Tour des contes en Finistère, ateliers d’initiation artistique, expositions photos en plein air… Un programme d’animations riche à découvrir en famille, sur l’ensemble du territoire finistérien.

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www.cdp29.fr

Lecture et écriture

Un écrivain de polars au sémaphore d’Ouessant

Le sémaphore d’Ouessant est une propriété du Conseil départemental. Chaque année, il accueille des artistes en résidence, par le biais d’associations locales comme Le Goéland masqué. Portrait de Gérard Streiff, écrivain de romans noirs adultes et jeunesse inspiré !

« Je passe 90 % de mon temps derrière un ordi ! », explique Gérard Streiff, en déconstruisant un peu le mythe de l’écrivain face à une classe de 5e attentive du collège Laennec de Pont-L’Abbé. Ce vendredi-là, il partage son expérience avec de jeunes lecteurs. « Mais tout ce que j’entends, toutes les informations que je lis dans la presse, je m’en nourris et les transforme pour mes romans. »

Écrivain de romans noirs adultes et jeunesse, ce journaliste parisien d’origine mosellane s’est vu proposer cette année une résidence d’écriture au sémaphore d’Ouessant, par le Festival du goéland masqué. « La première fois que j’ai été invité par l’équipe du festival à Penmarc’h en décembre, je suis arrivé dans une rue déserte, j’ai failli rebrousser chemin… Mais en ouvrant les portes du bar où j’intervenais, une centaine de personnes m’ont accueilli dans une ambiance chaleureuse et j’ai passé une merveilleuse soirée. Ce contraste, je l’ai retrouvé à Ouessant. Face à la mer, dans le sémaphore, on est confronté au très grand : la mer, les paysages. Et l’intérieur des maisons est d’une sobriété étonnante, de petits espaces, avec de petits jardins et de petits murets. »

« En restant à Paris, je n’aurais jamais pu écrire cette nouvelle »

Face à cette immensité, l’auteur de polars a tout de suite été inspiré. En résidence pendant le mois de mai, Le Goéland masqué lui a donné carte blanche pour écrire une nouvelle noire. « Je voulais être surpris, je n’ai donc rien lu sur Ouessant et le sémaphore avant de partir », assure l’écrivain. L’île le « bluffe » totalement. Le sémaphore, qui avait pour fonction de venir en aide aux bateaux en détresse, est comme un « belvédère sur l’Océan. C’est un lieu tellement fort que j’avais envie d’écrire dessus. C’est un cadre évident pour un récit  ! »

Si Ouessant l’a marqué et que les locaux reconnaîtront probablement le cadre de son intrigue, Gérard Streiff tient à ne pas identifier formellement l’île dans son texte. « Je veux que l’histoire reste universelle. » En parallèle de sa nouvelle, l’écrivain a aussi réussi à amorcer un roman qui lui trottait dans la tête depuis longtemps. Une histoire croisée entre la biographie d’un gangster et le parcours d’une jeune femme apprentie détective privé à la fac de Melun. Comment explique-t-il cette double inspiration  ? « L’air marin  ! » déclare-t-il dans un éclat de rire. Plus sérieusement, il affirme : « Je craignais l’isolement en venant à Ouessant. Mais ce moment privilégié de la résidence, dans un cadre de rêve, pour ne faire qu’écrire est magique. Entre le boulot, le téléphone, les enfants, je n’aurais jamais pu faire ça à Paris ! »

Face à la mer, dans le sémaphore, on est confronté au très grand.
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http://www.gerardstreiff.fr/

LE PERE DU BARZAZ BREIZH AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES

Théodore Hersart de La Villemarqué publie en 1839 un ouvrage qui lui vaudra une large renommée, au-delà des frontières bretonnes.

Barzaz Breizh, recueil de chants populaires récoltés dans la Bretagne de XIXe siècle, devient une œuvre emblématique de la culture bretonne. Mais l’importance de La Villemarqué ne s’arrête pas là. Ce noble originaire de Quimperlé constitue au fil des années une bibliothèque de 3 000 volumes et un fonds d’archives de quelque 7 500 documents. Les trois précieux carnets de collecte originaux où l’intellectuel a récolté les chants consignés dans le Barzaz Breizh sont également conservés, ainsi qu’une correspondance familiale. Au vu de l’importance de ce fonds pour la culture et la recherche contemporaine bretonne et celtique, le Conseil départemental, par le biais des Archives départementales, s’en est porté acquéreur pour un montant de 260 000 €.

1% artistique

C’est chez-nous !

Le paysage est ce qui permet de rendre le séjour de l’homme sur terre habitable. C’est à partir des mots d’Edouard Glissant que Sylvie Ungauer, photographe plasticienne, a conçu son projet pour le Collège public de Plounéour-Menez dans le cadre de la commande publique du 1 % artistique du Département. Ce projet a pour particularité d’associer les collégiens et les enseignants à la démarche de l’artiste : après avoir parcouru landes et forêts des Monts d’Arrée, à la recherche de ce qui fonde leur territoire, leur identité et leur façon d’habiter ce paysage, les collégiens ont réalisé un corpus d’images et de textes. Ils ont inspiré Sylvie Ungauer pour créer un ensemble de photographies installées à demeure dans le nouveau collège. Une belle façon d’inaugurer le lieu tout en soulignant le caractère imaginaire de ce territoire !

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Les enclos paroissiaux : uniques au monde !

On ne les trouve que dans le Finistère ! Fruits de l’âge d’or breton des 16e et 17e siècle et patrimoine religieux d’exception, les enclos paroissiaux bénéficient d’un nouveau centre d’interprétation sur la commune de Guimiliau, au cœur du Pays de Landivisiau.  

Un espace d’exposition de 150 m2, doté d’une scénographie moderne et esthétique, propose au visiteur, passionné ou néophyte, jeune ou adulte, de (re) découvrir les enclos, véritables joyaux d’architecture et d’histoire. 

La visite est libre et ouverte à tous. Pour votre immersion dans le monde des enclos c’est la porte d’entrée idéale !

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Autres joyau remarquable du Finistère, le calvaire de Pleyben qui sera mis en lumière les 10, 11 et 12 août. www.7calvaires.fr