Accompagner l'enfance, la famille et la jeunesse

Action sociale

Accompagner l'enfance, la famille et la jeunesse

Soutenir et conseiller, préserver l’équilibre familial et l’intérêt de l’enfant, intervenir au plus près des besoins des familles sont des priorités pour le Conseil départemental. Ces missions sont assurées par des agents de la collectivité : assistantes sociales, conseillères enfance, éducatrices spécialisées, conseillères en économie sociale et familiale ou en accès aux droits, puéricultrices, infirmières ou encore psychologues.

Les 26 CDAS du Département regroupe l’ensemble des missions sociales et médico-sociales du Conseil départemental. Les agents du CDAS sont notamment présents auprès des parents de jeunes enfants, à travers le service de protection maternelle et infantile (PMI). Ils peuvent accompagner les familles pour gérer des relations conflictuelles parents/enfants, les aider dans l’éducation et l’autonomisation de leurs enfants. Reportage à Brest auprès d’une équipe de 59 agents.

En soutien aux personnes allocataires des minima sociaux, pour informer sur l’accès aux droits, dans des situations d’urgence liées à l’habitat ou à l’alimentation, pour accompagner des personnes vulnérables, précaires ou confrontées à des problématiques d’insertion, une équipe pluridisciplinaire répond aux demandes.

Christine Chauvin, responsable d’équipe au CDAS de Brest rive droite, le rappelle : « Nous avons des allocataires du RSA, de l’APA, mais aussi des adolescents en crise. Et ça, ça peut toucher tout le monde ! On peut tous être confronté à des difficultés à un moment de sa vie. »

Aider à l’autonomie des personnes

Travail d’équipe, sens de l’écoute, capacité d’adaptation, importance de la prise de recul, empathie… Toutes ces compétences reviennent comme un leitmotiv dans la bouche des travailleurs sociaux.

Nadine Salaün est conseillère en accès aux droits. Même si son travail se concentre sur le volet juridique des droits sociaux, elle n’oublie pas pour autant les personnes derrière cette approche technique. « Pour moi, c’est important de recevoir la personne avec humanité, de savoir l’écouter. Quand il y a un climat de confiance, il est plus facile d’échanger sur le motif du rendez-vous et plus largement sur l’ensemble des droits de la personne », précise-t-elle. Elle insiste également sur le rôle fondamental de la secrétaire du CDAS : « Nous recevons les personnes sur rendez-vous. Elles ont donc déjà indiqué à la secrétaire le motif pour lequel elles venaient. Ce premier niveau de contact est très important pour une bonne orientation  ! »

« On voit l’utilité de notre travail sur le long terme »

Véronique Le Moigne, elle, est conseillère en économie sociale et familiale. Sa mission : accompagner les personnes autour de questions budgétaires. Concrètement, Véronique analyse les habitudes de consommation des personnes qu’elle suit, pour les aider à résoudre des problèmes financiers. Sans une approche humaine, son action est incomplète. « Quand on travaille avec une nouvelle famille, on échange beaucoup. » Elle décortique ensuite, avec les familles, les différents postes budgétaires, du loyer à l’énergie en passant par l’alimentation, les assurances et jusqu’aux nouvelles technologies. Et aujourd’hui c’est souvent là que le bât blesse… « Je mets en face les dépenses et le revenu, 600 euros environ lorsqu’il s’agit des minima sociaux, ce qui est le cas de la plupart des gens que j’accompagne. Parfois il reste 70 euros pour vivre  ! ».

Sandrine Bargain, éducatrice de prévention au CDAS, avoue aussi que de temps en temps le découragement guette. « Notre métier est aussi passionnant qu’épuisant, poursuit-elle. Il faut de la patience et de l’optimisme, presque de la foi  ! affirme-elle avec le sourire. J’adore recroiser d’anciens jeunes que j’ai suivis qui ont trouvé du travail, ont déménagé, ou eu des enfants. On voit l’utilité de notre travail sur le long terme. J’aime dire qu’on est des semeurs de graines et souvent ça pousse  ! » conclut-elle.

« Dans l’imaginaire, l’assistante sociale est encore celle qui place les enfants… » déplore Véronique Lagadec, l’une des 16 assistantes sociales du Centre départemental d’action sociale de Brest rive droite. « Et quand on intervient dans le cadre d’une information préoccupante, les familles ont encore plus d’appréhension, elles pensent tout de suite au placement. »

Pourtant le placement d’un enfant en danger, suite à une décision judiciaire, est toujours utilisé en dernier recours, quand aucune autre mesure d’accompagnement n’a fonctionné. « Notre objectif premier, c’est de faire en sorte que la situation s’améliore, complète Sandrine Bargain. Nous n’avons pas de prime au placement  ! Pour nous la judiciarisation est un échec. Même si parfois, dans l’intérêt de l’enfant, le placement malheureusement est la seule solution. »

Si cette image colle encore à la peau des travailleurs sociaux, les agents de ce CDAS constatent que leur action est aussi reconnue. « Le premier contact permet souvent de dépasser cette image », selon Véronique Lagadec. Les publics et les problématiques des usagers de ces centres sociaux de proximité sont multiples. « Le Conseil départemental, qui gère et emploie les agents des CDAS, accompagne les Finistériens tout au long de leur vie », précise bien Christine Chauvin.

2 questions à Marc Labbey

Marc Labbey est vice-Président, Président de la commission Solidarités, Enfance, Famille.

Quelles sont les priorités et la mission du Département envers les familles ?

Collectivité des solidarités, le Conseil départemental accompagne les enfants et leurs parents, de la grossesse à l’âge adulte. Nous accompagnons les Finistériennes et Finistériens dans leur projet de vie, en permettant à chacun de se saisir des nombreuses ressources du territoire pour répondre aux petites et grandes difficultés rencontrées. Les besoins des personnes accompagnées sont donc au cœur de nos interventions, qui s’appuient sur les potentialités des personnes et sur leur motivation. 

L’arrivée d’un enfant est source de nombreux changements dans une famille : nous répondons aux questions que les parents se posent au quotidien, nous écoutons, accompagnons et conseillons les familles. Lorsque l’enfant grandit, tout parent peut également connaître des difficultés éducatives : dans la même logique et dans l’intérêt de l’enfant, nous soutenons les parents en prenant soin d’associer l’enfant aux choix le concernant. Nos actions s’inscrivent d’abord dans une logique de prévention, afin de préserver et soutenir les liens familiaux. Nous devons nous assurer que les besoins fondamentaux des enfants sont satisfaits. 

Comment le Département accompagne-t-il ces publics ?

Au sein des Centres départementaux d’action sociale, de nombreux professionnel.le.s accompagnent les familles au quotidien : sages-femmes, puéricultrices, éducateur.trice.s spécialisé.e.s,, assistantes sociales, médecins, technicien.ne.s de l’intervention sociale et familiale et conseiller.ère.s accès aux droits proposent aux parents et aux enfants une grande variété de réponses. Je sais pouvoir compter sur leur engagement pour accompagner les personnes dans leurs besoins, en respectant les choix de chacun. Notre priorité est donc d’établir des relations de confiance afin de pouvoir prévenir et surmonter les difficultés : il ne faut donc pas hésiter à solliciter les Centres départementaux d’action sociale lorsqu’un problème, une question, survient ! 

Le Conseil départemental mène une politique de prévention et de repérage de problèmes de santé ou de développement pour les enfants scolarisés en école maternelle, qui bénéficient tous d’un bilan de santé. Nous accompagnons également les adolescents et jeunes adultes sur les questions de vie affective et sexuelle, de contraception, prévention des conduites à risque et du mal-être via de nombreux dispositifs, souvent portés par nos partenaires, sur l’ensemble du territoire. 

Plus que jamais, le Conseil départemental porte donc l’ambition de soutenir les parents et les jeunes Finistériennes et Finistériens dans leur construction vers l’épanouissement. 

Notre métier est presque aussi passionnant qu’épuisant.
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centres départementaux d'action sociale (CDAS)

près de 1300

agents du Conseil départemental au service des solidarités

Témoins ou victimes de maltraitances, parents en difficulté : à qui me confier ?

Le 119 « Allô enfance en danger » ou le SNATED* est un numéro d’appel gratuit, disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 destiné à recevoir , en toute confidentialité, des appels d’enfants, d’adolescents en danger ou en risque de l’être et de toute personne préoccupée par la situation d’un enfant. Au bout du fil, des professionnels, à l’écoute, sont chargés de vous conseiller, de vous aider et d’alerter les services départementaux compétents lorsque les informations transmises sont préoccupantes.

* Service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger

119

le numéro de l’enfance en danger

portrait : Marie-Caroline Pouchard

infirmière-puéricultrice en PMI

Dans le Finistère, les services de protection maternelle et infantile (PMI) sont présents dans les CDAS. L’infirmière puéricultrice est un important maillon de ce service public accessible aux femmes enceintes et à tous les parents d’enfants de 0 à 6 ans. Portrait.

Ce matin, à la PMI de Pont-l’Abbé, quatre mamans et un papa ont pris rendez-vous pour une consultation. Marie-Caroline Pouchard, infirmière puéricultrice, et sa collègue se relayent pour les recevoir avec leurs bébés. « Notre mission est l’accompagnement à la parentalité, où nous valorisons les compétences parentales », explique Marie-Caroline.

Et en effet, pendant la consultation de Maylis, 10 mois et demi, sa maman précise qu’« on a contrôlé son poids, son tour de tête, et fait un point sur la croissance depuis novembre ». Les parents de Chrismaelle, eux, sont venus pour la visite du 4e mois et les vaccins qui vont avec. Les parents apprécient particulièrement le service : « Ce sont des pros, qui ont de bonnes réponses aux questions que l’on pose », explique la maman. « Oui c’est un vrai service public », confirme le papa. « Et puis c’est gratuit », ajoute-t-il.

La puéricultrice leur demande s’ils ont commencé la diversification alimentaire et leur donne des conseils. « Vous pouvez cuire les légumes à la vapeur pour garder les vitamines, sans sel, et ajouter un peu de matière grasse. » Après cette consultation, le bébé est ausculté par un médecin. C’est lui qui s’occupera des vaccins.

Un service public accessible à tous

Ce jour-là, les consultations sont réalisées sur rendez-vous, avec le médecin de PMI. Mais Marie-Caroline, comme ses autres collègues, tient aussi une consultation sans rendez-vous à Plonéour-Lanvern, et va voir les mamans à domicile. « Plus on va voir tôt les bébés, mieux c’est. C’est durant les premières semaines qu’une observation de l’attachement entre la mère et l’enfant se fait. On va notamment voir les bébés nés prématurément ou par césarienne ou encore à la rencontre des familles sans véhicule ou isolées. »

Marie-Caroline précise bien que la PMI est un service public accessible à tous. Des familles de tous les milieux socioprofessionnels fréquentent les consultations. « Mais la mission de la PMI est aussi d’offrir un accompagnement plus important aux familles en difficulté, qu’elles soient sociales, économiques ou psychologiques », précise-t-elle. Depuis qu’elle exerce, elle note en effet que l’augmentation des familles monoparentales et l’éclatement des cellules familiales fragilisent les parents.

Marie-Caroline propose également des actions collectives, comme des ateliers d’éveil par le toucher, en petits groupes.

Offrir un accompagnement plus important aux familles en difficulté.
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Encadrement des assistantes maternelles et protection de l’enfance

La deuxième mission de Marie-Caroline consiste à suivre et à évaluer les assistantes maternelles. Demande de renouvellement ou modification d’agrément, évolution de logements ou déménagement, mais aussi conseils et accompagnements dans la pratique sont dans ses attributions. Chaque puéricultrice a une centaine d’assistantes maternelles à encadrer dans son secteur.

La dernière mission de la PMI enfin, concerne la protection de l’enfance. Les puéricultrices interviennent en cas de recueil d’information préoccupante pour un enfant, et évaluent s’il est en danger ou en risque de danger. « Nous allons dans la famille avec une assistante sociale. Puis nous fonctionnons de manière collégiale pour proposer des aides, et qui peut malheureusement parfois aller jusqu’à un signalement judiciaire. C’est un travail d’équipe avec le conseiller enfance du CDAS et le médecin de PMI. On croise les regards, c’est très important », conclut Marie-Caroline.

relais assistantes maternelles

un lieu d’information et d’échange

Les parents de jeunes enfants, mais également les professionnels de la petite enfance, tels que les assistants maternels, disposent d’un lieu privilégié pour s’informer sur les différents modes d’accueil et échanger sur leurs pratiques. Focus sur les relais assistantes maternelles (RAM).

Dans le Finistère, il existe une trentaine de relais assistantes maternelles (Ram). L’accompagnement des familles dans l’obtention d’un mode d’accueil est leur mission principale, ainsi que la qualité, la professionnalisation et la structuration de l’accueil à domicile.

Il s’agit donc de mieux informer les parents sur l’ensemble des modes d’accueil existants, sans opposer l’accueil individuel à l’accueil collectif.

Les Relais assistantes maternels (RAM) ont une mission d’information et d’orientation des familles et des professionnels de la petite enfance, en matière d’accueil du jeune enfant. Ils sont avant tout un dispositif de proximité et d’accompagnement des parents et des assistant.e.s maternel.le.s, dès qu’un accueil pour un jeune enfant démarre.

L’accompagnement cible surtout la partie financière, c’est-à-dire l'élaboration des contrats de travail, le droit en matière salarial, etc. Mais les RAM sont invités à délivrer une information générale en matière de droit du travail et à orienter les parents et les professionnels vers les interlocuteurs privilégiés en cas de questions spécifiques.

Pour les professionnels de la petite enfance, les Ram ont également la mission d’améliorer la qualité de l’accueil des enfants, de renforcer l’attractivité du métier d'assistant.e maternel.le et de participer à la professionnalisation du secteur de la garde d’enfants à domicile. Les RAM sont invités à informer tous les professionnel.le.s de l’accueil individuel des jeunes enfants quant aux conditions d’accès à ces métiers.

Certains RAM peuvent également proposer, sur des temps ponctuels, des temps d’activités pour les assistant.e.s maternel.le.s accompagné.e.s d’enfants. Ils constituent ainsi des partenaires locaux pour les services de protection maternelle et infantile (PMI).

Les RAM offrent enfin un cadre de rencontres et d’échanges des pratiques professionnelles, et ils sont aussi ouverts aux parents, aux professionnel.le.s de la petite enfance et aux enfants.

Informer les parents sur l’ensemble des modes d’accueil existants.

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RAM dans le Finistère

Technicien.ne.s intervention sociale familiale

Passer un cap difficile grâce à une TISF

Béatrice Morin, technicienne intervention sociale familiale

Les technicien.ne.s intervention sociale familiale (TISF) peuvent être mandaté.e.s par le Département pour accompagner les familles à leur domicile. Ils/elles sont généralement issu.e.s du monde associatif, comme Béatrice, salariée d’Archipel Aide et Soins à Domicile. Marie, qui a bénéficié d’un accompagnement à la parentalité avec elle, témoigne.

Marie est aujourd’hui rayonnante. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Pour cette jeune femme indépendante de 29 ans, qui s’était « toujours débrouillée seule, comme une grande fille », passer le cap de demander de l’aide a été salutaire. Jusqu’en décembre dernier, elle a été accompagnée par une technicienne intervention sociale familiale (TISF).

« Mon fils, Maxime, est porteur d’un handicap », raconte Marie avec pudeur. Elle est en relation avec une assistance sociale. Elle s’occupe alors seule et à plein temps de son fils, et ne peut pas travailler. Ses ressources s’amenuisent, elle est épuisée et le diagnostic de l’autisme n’est pas encore posé. « Ma référente sociale a compris que j’étais fatiguée et m’a parlé de l’association Archipel Aide et Soins à Domicile. J’ai mis du temps à franchir le pas, j’ai réfléchi six mois avant d’accepter. J’avais des préjugés au début. J’avais peur du regard des gens, d’entrer dans un parcours d’aide sociale. »

Avec le recul, Marie ne regrette pas sa décision et a choisi de témoigner de son expérience. L’association est alors mandatée par le Conseil départemental, via le CDAS pour une mission de soutien à la parentalité. Cette mission est définie dans ses modalités par le référent social, en lien avec la famille afin de s’adapter aux besoins. Le premier contrat se fait sur trois mois, avant d’être réévalué.

Ni jugée ni dirigée

« Béatrice est venue à la maison pour une première phase d’observation, qui s’est faite très doucement, se remémore Marie. Le contact s’est bien passé. Elle a su comprendre que j’avais surtout besoin de repos. J’étais 24h sur 24 avec mon fils qui ne faisait pas de sieste. Béatrice m’a permis de reprendre du temps pour moi. Elle se promenait avec Maxime pour me laisser me reposer deux fois deux heures par semaine. »

L’expérience est délicate pour la jeune femme au départ, car il faut accepter qu’une personne vienne chez elle, lui donne des conseils. Mais elle ne se sent ni jugée ni dirigée. Béatrice arrive à la période où le diagnostic du handicap est en train d’être posé, un diagnostic qui durera deux ans. Elle l’accompagne aussi dans ses démarches médicales. Puis petit à petit, Marie commence à souffler. « On a commencé à faire des sorties ensemble avec mon fils. Béatrice m’a aidée à reprendre de la force, à aller vers l’extérieur, à faire des choses avec lui et à retrouver une vie de famille. »

Cet accompagnement dure cinq ans, avec des évolutions du contrat tripartite entre le référent social, la famille et la TISF. L’accompagnement s’espace à une intervention tous les 15 jours à la fin, et Marie monte aussi un projet de sortie à la journée avec Béatrice et son fils.

Aujourd’hui, Maxime est scolarisé avec l’aide d’une assistante de vie scolaire (AVS). Marie ne peut pas travailler car son fils peut difficilement participer aux temps périscolaires. « Ces quatre heures de repos par semaine m’ont permis de rebondir  ! Et à ce moment-là, c’était bien de se faire aider. Mais je savais qu’un jour, je voudrais reprendre mon indépendance. Et j’ai alors décidé d’arrêter. Béatrice m’a accompagnée le temps que je prenne mon envol, pour passer un cap difficile. J’arrive maintenant à gérer mon quotidien avec mon fils toute seule. Ça s’est fait progressivement, à trois », conclut la jeune femme avec reconnaissance.

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Parentel, une association d’aide à la parentalité

Parentel est une association d’aide à la parentalité et au soutien du lien familial, composée de psychologues, de psychanalystes et de travailleurs sociaux. Elle propose cinq services, dont Parentel, un service d’écoute pour les parents en difficulté. Une consultation téléphonique au 02 98 43 21 21 et des entretiens physiques sont possibles dans leurs locaux à Morlaix, Brest et Quimper. Des réunions de parents sont aussi organisées pour échanger avec l’aide d’un professionnel de l’association.

Fanny Fur

médecin d’un centre de planification et d’éducation familiale

Fanny Fur, médecin généraliste formée spécifiquement à la gynécologie médicale, dirige le Centre de planification et d’éducation familiale (CPEF) du Conseil départemental du Finistère. Elle exerce au CPEF du CDAS de Quimper et encadre l’activité de planification de 5 des 15 centres ou antennes répartis sur l’ensemble du département. L’offre de service a été, en effet, récemment étoffée par la participation des sages-femmes de PMI à la planification, permettant ainsi d’être au plus près des jeunes du département.

Quand on ouvre la porte du Centre de planification et d’éducation familiale (CPEF) du Centre départemental d’action sociale (CDAS) de Stang ar C’hoat à Quimper, la salle d’accueil est bien fournie en dépliants d’information. Sexualité, infections sexuellement transmissibles (IST), contraception, IVG… Toutes les thématiques qui peuvent toucher les jeunes de 15 à 25 sont abordées, sans oublier les préservatifs en libre-service.

« On remarque toujours un manque de connaissance des jeunes sur ces thématiques, déplore Fanny Fur, médecin généraliste et directrice du centre. Souvent, ils entrent dans la sexualité sans protection, ni contraception, ni préservatif. Ils sont également très mal informés sur le mode de transmission des infections sexuellement transmissibles, en particulier le VIH ; certains jeunes pensent en effet encore que le virus peut se contracter par la salive ou par la sueur, ou que la pilule est un moyen de protection contre cette infection… »

« Entrer dans une sexualité sécurisée et confortable »

Pour lutter contre ce manque d’information et ces idées reçues, le CPEF a également comme mission de faire de l’information collective auprès des jeunes, scolarisés ou non, et en particulier des collégiens. « Pour que les adolescents entrent dans une sexualité sécurisée, confortable et la moins angoissante possible », précise Fanny Fur. Deux collègues travaillent avec elle au sein du centre de planification, une secrétaire et une infirmière-conseillère conjugale et familiale, Marie-Claude Korfer. « Si les jeunes ont des comportements à risque et se mettent en danger, nous ne sommes jamais dans le jugement, insiste bien cette dernière, mais toujours dans l'accompagnement et une écoute bienveillante pour que tout se passe au mieux. Les notions de respect sont toujours également abordées, avec une vigilance particulière sur la prévention des violences, en particulier à caractère sexuel. » Marie-Claude reçoit notamment les jeunes filles qui souhaitent réaliser une intervention volontaire de grossesse (IVG), mais aussi des couples en difficulté, de tout âge, pour des entretiens en conseil familial ou conjugal gratuits.

Les personnes reçues au CPEF, viennent seules ou en couple, souvent accompagnées d’une amie, parfois orientées par l’infirmière scolaire, une pharmacie ou via le CDAS. Fanny Fur, propose des consultations médicales en lien avec la contraception (prescription, délivrance et pose de tous les moyens de contraception y compris implants et dispositifs intra-utérin). Ces consultations sont « anonymes, confidentielles et gratuites, précise-t-elle, y compris pour les jeunes mineures sans accord parental ». Elle s’occupe aussi des suivis gynécologiques, du dépistage des IST et propose la vaccination de prévention du cancer du col de l’utérus ou de l’infection à hépatite B. « Nous réalisons également des tests de grossesse et délivrons la contraception d’urgence en cas de besoin. »

Ces services proposant des consultations médicales en lien avec le couple, la contraception et la sexualité, sont financés par le Département à hauteur d’1 million d’euros par an.

Nous ne sommes jamais dans le jugement, mais toujours dans l'accompagnement et une écoute bienveillante.
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1 M€

de financement par le Département

+ D’INFOS SUR

www.finistere.fr

témoignage

Laetitia Seznec

Laetitia Seznec est volontaire en service civique à France Bénévolat à Brest

Lætitia Seznec est une jeune femme de vingt-cinq ans, rayonnante. Pourtant son parcours de vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Son enfance, elle l’a passée en familles d’accueil. Elle en a connu trois en six ans. Avec la quatrième famille, elle a enfin pu poser son sac.

« Avec eux, j’ai créé un vrai lien qui nous unit toujours, même si nous ne vivons plus ensemble. C’est important pour se construire », souligne-t-elle, reconnaissante.

Dans ce cadre sécurisant, elle grandit et montre son appétence pour les études. « Au vu de mon parcours personnel, j’ai eu envie de me diriger vers le social », explique-t-elle. À dix-sept ans, elle passe son BEP, à vingt et un ans, elle obtient un bac Sciences et technologies de la santé et du social et à vingt-trois, un BTS en Économie sociale et familiale. « De 18 à 21 ans, j’ai bénéficié, via le Conseil départemental, d’un contrat jeune majeur. Ensuite pour poursuivre mes études en BTS, j’ai obtenu une bourse d’étude complétée par une aide aux études de l’ADEPAPE (Association départementale d’entraide des personnes accueillies en protection de l’enfance) qui m’a aussi attribué une marraine bénévole pour me suivre », précise-t-elle. « C’est une aide importante, car même si on n’a pas bien commencé dans la vie, on sait que l’on peut poursuivre des études, si on le veut vraiment », se réjouit la jeune fille.

Depuis septembre, Lætitia est volontaire en service civique au sein de l’association France Bénévolat à Brest. Grâce à cette première expérience, elle espère ensuite trouver un emploi dans son domaine.

Réseau Écoutes Jeunes en Finistère

Le réseau Écoutes Jeunes en Finistère a pour vocation d’aider les jeunes, quels que soient les sujets qui les préoccupent ou les difficultés qu’ils rencontrent.

École, famille, problèmes relationnels, sexualité, harcèlement, alcool, suicide… Toutes les thématiques pourront être abordées avec des professionnels, selon des modalités d’accueil et d’écoute adaptées. De manière confidentielle et gratuite, les jeunes et leur entourage peuvent être accueillis, aidés et orientés au sein des Points accueil Écoute Jeunes (PAEJ), des maisons des adolescents (MDA) et à travers le service PASAJ (service écoute jeunes de l’association Parentel). Le Conseil départemental du Finistère, la Direction départementale de la cohésion sociale et l’Agence régionale de santé coordonnent et soutiennent ce réseau de partenaires afin de garantir la complémentarité et la qualité des réponses apportées aux personnes concernées.

Point d’Accueil Écoute Jeunes

Les Points d’accueil Écoute Jeunes (PAEJ) proposent un accompagnement personnalisé et de proximité pour les 12-25 ans, leur famille ou leur entourage.

Le PAEJ accueille jeunes et parents, pour échanger sur des difficultés personnelles, familiales ou sociales, dans des lieux neutres, confidentiels et gratuits. En fonction des besoins, les PAEJ peuvent accompagner et orienter vers des lieux d’accueil et d’écoute plus appropriés selon les problématiques. Les PAEJ organisent également des actions collectives et favorisent les échanges sous forme de temps d’information, de discussions ou de réflexions.

CONTACT

  • PAEJ de Cornouaille : 06 71 34 90 61 ou paejsud@pep29.org
  • (Possibilités d’accueil et d’écoute sur Audierne, Douarnenez, Concarneau, Châteaulin et Quimperlé.)
  • PAEJ du Pays de Brest : 06 72 83 35 7 ou paejnord@pep29.org 
  • (Possibilités d’accueil et d’écoute sur Lesneven, Saint-Renanet Landerneau.)
  • PAEJ du Pays de Morlaix : 02 98 69 70 76 ou paej.paysdemorlaix@sesam-bretagne.fr
  • (Possibilités d’accueil et d’écoute sur Morlaix, Landivisiau, Plouescat et Saint-Pol-de-Léon.)
  • PAEJ du Pays COB : 06 33 50 94 08 ou paej.oxyjeunes@sesam-bretagne.fr
  • (Possibilités d’accueil et d’écoute sur Carhaix, Gourin, Pleyben et Rostrenen.

Service écoute jeunes

PASAJ est le service écoute jeunes de l’association Parentel. C’est un service d’aide psychologique, d’information et d’orientation pour les 12 - 25 ans. Il s’adresse aux jeunes qui souhaitent échanger sur des difficultés personnelles, familiales ou sociales. Son originalité : il a des modalités d’accès multiples et adaptées aux jeunes. On peut échanger avec des psychologues sur Internet, par mail, texto, téléphone ou skype. Et ses heures de permanences sont tardives : tous les soirs de 20H00 à 23H00, et le mercredi après-midi.

CONTACT PASAJ

Maisons des adolescents

Les maisons des adolescents proposent des lieux d’accueil et d’écoute et assurent trois grandes missions. L’équipe pluridisciplinaire des MDA accueille des jeunes de 12 à 25 ans, leurs parents et les professionnels qui interviennent à leurs côtés. Elle a pour rôle l’écoute, l’évaluation des situations, un accompagnement de courte durée et si besoin l’orientation vers un service spécialisé. Les MDA animent également des actions collectives et de prévention avec d’autres professionnels.

CONTACT

  • MDA de Cornouaille 9 rue Le Déan, QUIMPER
  • 02 98 10 20 35
  • www.mda-quimper.fr
  • MDA du Nord Finistère 2 avenue du Maréchal Foch, BREST
  • 02 98 22 38 67

L’accueil collectif, un mode de prise en charge du département

L’accueil collectif constitue une part importante des différentes prises en charge proposées par le Département.

Pour réaliser ces accueils, le Département s’appuie sur le secteur associatif et sur son établissement en régie, le centre départemental de l’enfance et de la famille (CDEF).

-      L’accueil d’urgence : 7 places gérées par l’association Don Bosco sur le nord-Finistère et 15 places gérées par le CDEF sur le sud-Finistère. Ces services permettent l’accueil de jeunes (6/18 ans) à tout moment (24h/24, 365 j/an) suite à une mesure de placement prononcée par le Juge des enfants ou à la demande de leurs parents. Ces accueils sont de courte durée (1 mois).

-      Les structures d’accueil collectif : 175 places sont gérées par le secteur associatif et 85 places par le CDEF. Les petites structures d’accueil (8-10 places) accueillent des jeunes de différents âges (entre 3 et 18 ans), sur une durée moyenne de 2 ans, afin de travailler un projet avec le jeune en lien avec ses parents.

-      Plusieurs associations sont autorisées par le Département pour accueillir ces jeunes : pour le nord-Finistère : associations Don Bosco, ADSEA 29, fondation Ildys, pour le sud-Finistère : associations Aide éducative en cornouaille, ADPEP 29, fondation Massé-Trévidy, pour le centre-Finistère : fondation d’Auteuil.

-      Les centres parentaux : 1 centre parental de 15 places géré par la fondation Massé-Trévidy sur le sud-Finistère, 1 centre parental géré par le Département (30 places) sur le nord-Finistère, permettent d’accueil des mères et des pères avec leurs enfants de moins de 3 ans, afin de mener un travail avec eux sur la parentalité.

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Focus sur le délaissement

Le placement judiciaire en assistance éducative est une mesure temporaire qui permet le plus souvent, à la faveur d’un soutien à la parentalité, le retour des enfants auprès de leur famille.

Pour autant, pour un certain nombre de mineurs confiés à l’aide sociale à l’enfance, ce retour est difficilement envisageable voire impossible. Les relations avec leurs parents sont inexistantes, les liens sont ténus, voire nocifs à leur développement. Ces enfants sont sans contact véritable avec leurs parents, qui ont disparu de leur quotidien.

Fort de ce constat, le département du Finistère a développé une démarche visant à apporter à ces enfants des réponses afin de leur permettre de grandir et de se construire malgré la situation de délaissement parental qu’ils subissent.

Pour ce faire, le Conseil départemental a créé en juin 2015, une instance de veille et de concertation de l’enfance délaissée, instance de réflexion pluri professionnelle qui examine, de manière collégiale, la situation de ces enfants. Elle étudie au surplus, conformément à ce que prévoir la loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant, la situation des enfants de moins de 2 ans, tous les six mois.

L’instance peut considérer qu’il y a lieu de prendre acte de la situation de délaissement et proposer une adaptation du statut de l’enfant afin de le mettre en conformité avec ce qu’il vit réellement au quotidien. Elle veille à ce que l’enfant puisse prendre appui le plus tôt possible sur une ou des personnes significatives présentes pour lui à l’aune de sa vie de jeune adulte.

Depuis sa création, cette instance a examiné la situation de plus de 120 enfants.

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