Les entreprises de transport jouent la carte de l’insertion

Le Conseil départemental du Finistère a inscrit une clause d’insertion dans sa délégation de service public transport. Il s’agit de réserver des heures de travail à des publics en insertion dans les entreprises de transport qui assurent ce service. Cette clause a permis à des personnes éloignées de l’emploi de devenir conducteur de car. Depuis le 1er septembre 2017, la Région Bretagne a pris en charge la compétence Transport, dévolue auparavant aux Départements.

Florent Perhirin est chargé d’exploitation au sein du réseau Océlorn à Landivisiau.

Il y a deux ans pourtant, il était loin d’imaginer le parcours qui allait le mener à ce poste. A l’époque, en chômage de longue durée, il est invité à participer à une réunion d’information collective sur les métiers du transport. Après une évaluation en milieu du travail, il est dirigé vers l’ECF* Roudaut pour suivre une formation diplômante : « J’ai commencé par être chauffeur à mi-temps puis on m’a proposé de travailler à l’exploitation pour avoir un temps plein », apprécie-t-il. « C’est un beau parcours qu’il doit à sa volonté », reconnaît Sylvie Le Foll, la directrice des ressources humaines de l’entreprise. Depuis 2011, les entreprises de transport du Finistère ont pris l’habitude de travailler avec des personnes en insertion afin de répondre aux clauses d’insertion que le Département a inscrit dans sa délégation de service public. « L’objectif du Conseil départemental est de permettre à des personnes éloignées de l’emploi d’être formées au métier de conducteur interurbain de voyageur et recrutées par les entreprises de transport qui ont des besoins réguliers de personnels », explique Mickaëlle Jaouen de la Direction de l’Insertion et de la Lutte contre les Exclusions au sein du Département.

Un suivi important des candidats

« C’est un métier qui ne demande pas une qualification importante mais qui implique un certain nombre de règles telle que l’hygiène de vie, la ponctualité… », souligne Alain Roué, Président du réseau Océlorn. « Les informations collectives permettent de bien expliquer le métier et ses contraintes. C’est essentiel pour que les candidats puissent s’engager en toute connaissance de cause dans le parcours de formation », rajoute Yann Bachelot, directeur de Transdev, autre transporteur.

« Ce levier de l’insertion est intéressant pour nos entreprises de transport en termes de recrutement, mais cela nécessite aussi un suivi plus important des personnes pour garantir la réussite de leur parcours », estiment les deux responsables. « Le suivi est effectivement la clef de la réussite. C’est la raison pour laquelle, il existe un comité de suivi  pour finaliser les candidatures retenues. C’est aussi pour cela qu’il y a un taux de réussite élevé », précise Guy Le Pabic, responsable développement au sein de l’ECF Roudaut. Ainsi, en sept ans d’existence, l’action, menée de façon partenariale par la Région Bretagne, qui finance la formation, l’ECF, la FNTV**, les entreprises délégataires et le Conseil départemental du Finistère, a été éprouvée et a permis de créer, rien que pour l’année 2016, dix-huit CDI et dix CDD pour des publics en insertion. « Le taux de retour à l’emploi après six mois est de plus de 85 %. Une belle réussite et surtout de belles histoires humaines », concluent-ils.

*ECF : Ecole de Conduite Française  **FNTV : Fédération Nationale de Transport de Voyageurs