Le sport, vecteur du bien vivre ensemble

uand on décroche, santé et sport sont souvent mis de côté. Grâce aux séances animées par Samir Abdi de la FSGT, des jeunes du CLPS et d’Initiative formation*, à Brest, retrouvent goût à l’effort et à l’esprit d’équipe.

Ils s’appellent Nicole, Kevin, Debbra ou Jonathan. En survêt, jogging, veste souple ou sweat à capuche, chacun arbore son style sportif. Comme chaque vendredi, ils retrouvent Samir à l’espace sportif de Kérinou à Brest. Les filets de badminton sont tirés. « Vous allez faire un match en 15 points, annonce Samir Abdi, coordinateur sportif au sein de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). Allez go, c’est parti. » Les jeunes se placent de chaque côté du filet et commencent à jouer.

« Je ne veux pas perdre moi, » annonce Kevin, motivé par la victoire. « Aujourd’hui, ça va pas… », commente une jeune femme qui vient de rater son lancer. « Allez, vas-y, refais ton service. Et ne vas pas trop près du filet », conseille l’animateur, attentif aux progrès de chacun.

Chaque semaine, Samir encadre une quinzaine de jeunes, de 16 à 25 ans, qui ont intégré la Prestation Préparatoire à l’Emploi (PPI). « Ces jeunes, suivis par Pôle emploi et la Mission locale, doivent être dans une dynamique de changement. On travaille avec eux sur les c ompétences d’employabilité, explique Isabelle Perrot, coordinatrice du dispositif au sein du centre de formation CLPS*. Les deux heures d’activité sportive hebdomadaires ont pour objectif de favoriser la sociabilité, d’apprendre à collaborer, en prenant conscience des valeurs d’un groupe. »

« On est dans la prise de conscience »

Cela fait 10 ans que Samir anime ce module. Il y prône le sport comme un moyen d’inculquer des règles et d’acquérir des réflexes qui servent pour d’autres situations de la vie quotidienne : arriver à l’heure, être frais et sobre, avoir la bonne tenue… « On ne donne pas de leçons, on est dans la prise de conscience. Par exemple, ils savent tous que ce n’est pas bien de fumer. En faisant du sport, ils oublient de fumer… »

Pour beaucoup de ces jeunes, isolés socialement avant d’intégrer le dispositif, le sport était synonyme de contraintes ou d’échec. « Au début, je n’étais pas motivée, explique Debbra, jeune femme volubile. Je pensais que ce serait comme à l’école… ». Kevin rebondit : « Ici, on a des règles comme le respect des autres et du matériel. Mais c’est pas strict et carré, comme au lycée. On est là pour se détendre à la fin de la semaine ! ». Et en effet, pendant la séance sportive, un sentiment de bien-être transparaît. Les sourires se dessinent sur les visages. Les blagues fusent. « Au départ, ils n’en peuvent plus au bout d’un quart d’heure. Après quelques séances, ça devient une pratique sympa. Et au bout de six mois de formation, les résultats sont vraiment intéressants ! » conclut Samir.

FSGT – Tél. 02 98 47 07 07 – Courriel : comite@sportfsgt29.asso.fr