Sabella D10 : première hydrolienne raccordée au réseau électrique national

Cet été, une partie de l’électricité de l’île d’Ouessant sera produite par l’hydrolienne Sabella D10 immergée dans le Fromveur. Une première nationale !

L’océan et ses courants marins constituent un formidable potentiel pour créer de l’énergie.  Un certain nombre de projets de fermes hydroliennes actuellement en phase de test et portés par de grands groupes (DCNS, Alstom…) ont émergé ces dernières années. L’entreprise quimpéroise Sabella, petit poucet de l’histoire, va prochainement passer une étape supplémentaire.

Son hydrolienne Sabella D10, immergée dans le Fromveur par 55 mètres de profondeur, s’apprête à être raccordée, grâce à un câble de deux kilomètres, au réseau électrique national. En phase de test pendant un an, ce démonstrateur préindustriel produira de l’électricité pour l’île d’Ouessant toute proche, grâce à la force du courant. Une première nationale !

Il s’agit d’un vrai motif de satisfaction pour Jean-François Daviau, le président de Sabella. Il y a quinze ans il initiait avec Hervé Majastre un premier concept d’hydrolienne. Il leur a fallu à l’époque une sacrée dose de militantisme pour convaincre les pouvoirs publics de l’intérêt de la ressource des courants marins.

« Nous n’avons pas les mêmes moyens de déploiement que les grands groupes et nous avançons par étape. En 2008, nous avons immergé la
première hydrolienne sur les côtes françaises (à l’embouchure de l’Odet) ce qui nous a permis de vérifier nos choix technologiques. Cela nous permettra tout de même aujourd’hui d’être les premiers à être reliés au réseau
 » se félicite le président.

Une hydrolienne de 17 mètres de haut et de 450 tonnes

Montée sur le port de Brest, l’hydrolienne de 17 mètres de haut et 450 tonnes, entièrement construite en France et capable de fournir jusqu’à un mégawatt (l’une des  plus puissantes actuellement développée dans le monde) a la capacité de couvrir  près de 20 %  des besoins électriques de l’île. Durant cette période d’un an, elle continuera à poursuivre des tests et des études d’impact sur l’environnement.

Pour Ouessant, qui ne vit arriver l’électricité qu’en 1953, Sabella vient répondre à un besoin spécifique des territoires insulaires. Aujourd’hui l’île est totalement dépendante du continent et sa centrale électrique est alimentée avec du fioul transporté par bateaux.

« Nous envisageons également la création d’une ferme pilote avec deux ou trois hydroliennes plus puissantes à un horizon de trois ou quatre ans.  Elles couvriront environ 50 à 70 % des besoins de l’île, économisant au passage plus d’un million de litres de fioul par an, » poursuit Jean-François Daviau. En véritable acteur de la transition énergétique, Sabella espère ensuite déployer son projet de manière industrielle en créant notamment un site d’assemblage sur le futur polder du port de Brest. Il pourrait générer entre 1000 et 1500 emplois.

« Si tout se passe comme prévu nous pouvons imaginer, à l’horizon 2025, un parc de 200 à 300 machines dans le Fromveur qui alimentera Ouessant et plus largement le Finistère, » conclut le président.

guillemet

Nous envisageons également la création d’une ferme pilote avec deux ou trois hydroliennes plus
puissantes

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Sabella D10